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Civic tech 19/03/2019

Le budget participatif d’Angers, entre civic tech et agora locale

par Emilie Denètre
Budgets locaux © Flickr-CC-ImagesMoney

À l’occasion de la journée de la civic tech et de l’engagement citoyen, lundi 18 mars, au Conseil Économique, Social et Environnemental (Cese), le directeur général adjoint de la ville d’Angers, Jacques Boudaud, est venu présenter l’expérience de sa ville, qui a travaillé avec une plateforme numérique en open-source pour son budget participatif. Pour le DGA, les civic tech doivent être utilisées comme des outils au service de la politique et non comme de simples outils numériques.

« Il est essentiel, quand on parle de civic tech de parler de politique ». Pour Jacques Boudaud, directeur général adjoint de la ville d’Angers, la raison de ce principe est simple : « les civic tech sont des outils au service de la démocratie, et pas simplement des outils numériques ». À l’heure où une certaine défiance à l’égard de la politique et des politiques apparaît de plus en plus dans notre société, ce type d’outil peut aussi, insiste Jacques Boudaud, permettre de mieux expliquer la décision publique. À Angers, une expérience a donc été menée autour d’un budget participatif de 1 million d’euros (sur 80 millions d’euros d’investissement) en lien avec une plateforme en open-source, Decidim.

Aller vers le participant potentiel…

« Il est évident que la dématérialisation permet de toucher un nombre d’habitants plus importants, cette flexibilité nous a permis de voir arriver sur la plateforme des jeunes qui n’avaient jamais voté » rapporte le DGA, qui insiste sur la notion « d’aller vers » qui doit selon lui primer dans la conception même de la démocratie participative. Pour ce faire, la ville a choisi un système « hybride » entre du présentiel et du numérique. Ainsi, à côté de la plateforme en ligne, 22 bureaux de vote ont été installés dans la ville, ainsi qu’une « agora » qui a permis aux porteurs de projet de faire campagne pendant trois week-end d’affilée.

Selon Jacques Boudaud, il était également essentiel d’être le plus « transparent » possible sur les règles de fonctionnement de la plateforme, ainsi la ville a choisi de ne pas faire de modération a priori, et de laisser l’expression libre sur l’agora numérique.

Les leçons à tirer

« Chaque porteur de projet – il y en a 303 – a par ailleurs reçu une réponse personnalisée et publique avec une justification de la décision » a également précisé le cadre territorial. Une expérience réussie qui devrait être renouvelée cette année : « les élus locaux ont appris à partager avec les citoyens une part de leur pouvoir de décision, et ce n’est pas rien ; il leur a aussi fallu accepter la co-production de la décision publique. Ce sont des notions essentielles, car cette frontière entre le public et le privé tend à s’effacer à de plus en plus » a conclu le DGA. Ce dernier estime qu’un outil numérique couplé à une réelle volonté politique peut ainsi permettre de retisser ce lien de confiance entre citoyens et élus « et ainsi éviter une posture récurrente de consommation de services » souvent difficile à gérer pour le maire et les élus.

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