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Réforme de l'Etat 21/02/2019

Aménagement du territoire : l’Etat se réforme sous pression

par Aurélien Hélias, Hugo Soutra
Service public © Adobe

La réforme de l'Etat et de ses services locaux est l'invitée de dernière minute du grand débat national. De même que la déconcentration, abordée par Emmanuel Macron lors de sa tournée auprès des maires. Alors que les redéploiements de services publics d'Etat se poursuivent, le sujet, très technocratique de prime abord, devient brûlant à la veille d'une nouvelle réorganisation.

C’est l’un des sujets inattendus du grand débat national : la réforme de l’Etat et de ses services locaux de toute sorte. Dès le lancement de sa « tournée des maires » le 15 janvier dans l’Eure, Emmanuel Macron était apostrophé par un édile sur cette matière en apparence bien trop technocratique pour éteindre la crise des gilets jaunes. Et le président de la République d’assurer que la réforme de l’Etat territorial n’était en rien abandonnée, arguant que « cette phase de décentralisation qui consiste à redonner de l’oxygène aux élus locaux du terrain doit s’accompagner d’une phase de déconcentration beaucoup plus forte ». Rebelote dans sa « Lettre aux Français » : « Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté ? »

Elus et usagers sur le qui-vive

Le locataire de l’Elysée le sait pertinemment. Dans sa relation sur le terrain aux collectivités, l’Etat est attendu par les élus locaux sur des missions précises, quitte à ce qu’il en abandonne d’autres. « La déconcentration, c’est l’Etat qui donne plus de pouvoir au plus près du terrain, le préfet au premier chef. Cela fait avancer les projets, car se sont vos interlocuteurs. La plus-value de celui ou celle en administration centrale est assez faible sur ce genre de dossiers », glissait-il. Mais l’Etat est plus attendu encore dans les implantations territoriales de ses différents réseaux, directement en lien avec le public à son service. Fronde fiscale d’une rare intensité, le mouvement des gilets jaunes a aussi (et parfois paradoxalement) exprimé une colère face à la désertion des services publics d’Etat.

Dans certains bouts de France déjà en proie à des fractures territoriales et sociales, le redéploiement des tribunaux, la rationalisation des antennes de Pôle emploi et la réorganisation des gendarmeries favorisent l’exaspération des citoyens transformés pour l’occasion en véritables consommateurs de services, se posant la question de l’utilité de l’Etat uniquement en fonction d’un basique rapport qualité/prix. Même les Maisons de services au public sont loin d’avoir convaincu les usagers du quotidien.« On a fermé des fonctionnaires de guichets et on a préservé trop de fonctionnaires de circulaires », lançait à la cantonade Emmanuel Macron. De quoi faire converger attentes des élus locaux et des usagers du service public ? C’est le défi de l’exécutif qui ne compte pas, par ailleurs, abandonner son objectif de réduire le nombre de fonctionnaires de 120 000 sur le quinquennat La énième réorganisation de l’Etat territorial ne fait que commencer. Sous pression.

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