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Grand Débat national 25/01/2019

« Le comité des maires a un rôle d’évangélisateur au sein du Grand débat »

par Emilie Denètre
Vincent Chauvet, maire (LREM) d'Autun (Saône-et-Loire) © Ville d'Autun

Les premières déclinaisons du « Grand débat national » s’organisent localement. Avec ou sans les élus locaux. Le ministre chargé des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a réuni cette semaine un comité « informel » de maires, dans le but de l’aider à améliorer cette expérience de démocratie participative inédite. Parmi ces élus volontaires, celui d’Autun en Saône-et-Loire : Vincent Chauvet (LREM-Modem) qui souhaite « évangéliser » les maires sceptiques.

Courrier des Maires : Quel sera le rôle de ce « comité des maires » ? 

Vincent Chauvet : C’est un comité « informel », nous avons été réunis à l’initiative du ministre Lecornu par contact direct. Nous sommes un panel de maires venus de toute la France, représentant des villes et villages de tailles différentes et appartenant à des sensibilités politiques différentes – certains soutenant le gouvernement, d’autres non. En revanche, nous pensons tous que le Grand Débat avec ces prises de paroles directes des Français, peuvent nous aider à sortir par le haut de la crise de Gilets jaunes, oui.

Nous sommes là pour permettre au ministre d’avoir un « accès direct » aux maires – et ce alors que les associations d’élus ont pris des positions parfois divergentes. Objectif : lui permettre d’avoir accès à des « remontées » de terrain, des questions ou remarques pratiques liées à l’organisation : peut-on faire remonter des captations vidéos ? Est-ce à la commune ou l’intercommunalité de s’en saisir ? Comment gérer au mieux les prêts gracieux de salles municipales aux organisateurs ? Il a d’ores et déjà été convenu de se revoir d’ici un mois pour faire le point.

Alors que l’Association des maires de France (AMF) n’est pas très « allante » sur ce sujet, ce comité n’est-il pas un moyen pour le gouvernement de contourner les associations d’élus ?

Je suis moi-même étiqueté MoDem, j’appartiens à la majorité présidentielle puisque je soutiens le gouvernement. Il me paraissait donc logique de répondre favorablement à cette sollicitation de Sébastien Lecornu. Pour ce qui est de l’AMF, je ne suis pas certains que les prises de position de son Président et ses Vice-Président soient représentatives de l’ensemble des maires de France. D’ailleurs, en Saône-et-Loire, l’AMF départementale est très « proactive » sur cette question de Grand Débat et a écrit aux élus locaux pour les inciter à en organiser dans leurs communes !

Je ne crois pas que les maires servent de « caution » au gouvernement. Encore une fois, dans ce comité, certains élus ne soutiennent pas la politique gouvernementale. D’ailleurs, le fait d’organiser sur son territoire un débat ne revient  pas à dire que l’on soutient la politique actuellement menée par l’État : l’on peut facilement imaginer que les contributions ne marqueront pas uniquement des témoignages de satisfaction…

Nous sommes juste des maires « facilitateurs » qui avons envie que les débats se déroulent le mieux possible et que les maires y prennent toute leur part. Car, comme le dit le président de l’APVF, Christophe Bouillon, si nous sommes nous, élus locaux à portée d’engueulades, nous avons aussi les solutions à portée de la main.

Que dire aux maires qui estiment justement, qu’à un an des élections municipales, il n’y a, avec ce grand débat, que des coups à prendre ?

Oui, c’est vrai qu’il y a des maires sur la réserve, qui se disent : « je vais m’en prendre plein la tête sur des sujets locaux. » Je leur répondrai deux choses : la première, c’est que les thèmes de débat sont clairement définis, et que nous ne sommes pas là dans des réunions de quartiers pour parler des trottoirs défoncés de telle ou telle rue. D’autre part, je pense sincèrement que c’est au contraire une grande chance, à un an des municipales 2020, de pouvoir – en tout cas pour un maire qui compte se représenter – rencontrer ainsi ses administrés et les écouter.

Qu’attendent les Français de leur maire ? Qu’il les écoute. Et je pense même que de ne pas s’impliquer dans ce Grand débat pourrait être une source de critiques dans les mois à venir, au cours de la campagne : «  le maire n’a pas pris la peine de vous écouter l’an dernier au moment du Grand Débat… » Bref, selon moi, il y a plus d’opportunités pour les maires à organiser des débats et donc à renforcer le lien avec leurs administrés que de risques à prendre.

C’est comme ça que je conçois le rôle de ce comité. C’est un peu un rôle « d’évangélisateur », comme dans les start-up, que nous allons embrasser pour aller parler aux maires inquiets et sceptiques, en leur montrant qu’ils ont tout à gagner à essayer d’en organiser sur leurs territoires, qu’il existe des kits en ligne et que l’État peut venir en soutien s’il y a un besoin de sécurité. Nous sommes des courroies de transmission d’une démocratie qui marche sur ses deux jambes : État et collectivités. 

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    J’ai fait cette proposition sur la plateforme du grand débat
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