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Associations d'élus 18/01/2019

Grand débat national : les propositions des petites villes pour lutter contre la « fracture territoriale »

par Emilie Denètre
Christophe Bouillon lors de la cérémonie de vœux des Petites villes (APVF) le 15 janvier © apvf

Au lendemain du coup d’envoi du Grand débat National dans à Grand Bourgtheroulde dans l’Eure, l’Association des Petites Villes de France (APVF) a mis sur la table une série de propositions visant à réduire la « fracture territoriale » et réclament un fonds de solidarité territoriale abondé par les métropoles. Pour ces élus des petites villes, tout l’enjeu consiste à peser dans le débat sans pour autant apparaître, aux yeux de nos concitoyens, comme des garants de ses résultats ou de son absence de résultats… surtout à un an des élections municipales.

« Lorsque vous regardez la carte des ronds-points, tenus par les gilets jaunes, vous avez peu ou prou la carte des petites villes de France » analyse le président de l’APVF, Christophe Bouillon, député (PS) de Seine-Maritime et maire honoraire de Canteleu, « car ce sont dans nos territoires, qui rassemblent près de 25 millions de personnes, que vous retrouvez les concitoyens qui prennent tous les jours la voiture pour aller travailler. Aussi, nous nous sommes immédiatement senti saisis par cet enjeu inédit qu’est la crise des Gilets jaunes ».

Maires- facilitateurs et maires force de propositions

Mais quel rôle exactement pour les maires des petites villes et les autres dans ce Grand débat national ? Aujourd’hui, « il n’existe aucun protocole » sur la manière d’opérer, reconnaît Pierre Jarlier, maire de Saint-Flour. Si certains préfets ont déjà envoyé quelques missives pour proposer ici et là une organisation, dans la plupart des cas, l’implication des maires se fera « selon leurs sensibilités mais aussi leurs moyens » détaille le président délégué de l’association. La maison-mère l’Association des Maires de France (AMF), par la voix de l’un don premier vice-président, André Laignel, s’est montrée réticente à prendre part à l’organisation des débats. Mais à l’APVF, on revendique au contraire une implication à deux niveaux : sur le terrain mais aussi sur les idées.

« Pour nous, les maires du réseau peuvent être des ‘facilitateurs’ des débats afin de permettre leur bonne tenue, notamment d’un point de vue matériel et organisationnel. Certains maires ont déjà pris des initiatives dans ce sens, en organisant des rencontres dans leurs communes, d’autres ont ouvert des cahiers de doléances » détaille Pierre Jarlier. Au-delà de ce rôle opérationnel, l’APVF entend aussi peser dans le débat des idées en apportant sa propre contribution. « Le Président Macron a pointé quatre ‘fractures’ lors de son propos liminaire à Grand Bourgthouroulde : une fracture sociale, une fracture démocratique, une fracture économique et une fracture territoriale, détaille Christophe Bouillon. Sur cette dernière, on se sent légitimes car nous vivons cette fracture territoriale et cela fait plusieurs années que nous alertons le gouvernement sur cette question ».

Des mobilités à la désertification médicale

Dans sa feuille de route, l’APVF a donc identifié cinq grands thèmes sur lesquels il lui semble impérieux que le gouvernement bouge les lignes : la question des mobilités, la transition écologique, la lutte contre la désertification médicale, la revitalisation des centres-villes et les finances locales. L’association milite ainsi pour la mise en place d’une « prime mobilité » pour les habitants des territoires ruraux ou peu denses, accordée selon des « critères sociaux et géographiques ». La création d’un « guichet unique d’aide à la rénovation énergétique » fait également partie des propositions de la l’APVF, tout comme une nécessaire « régulation » à l’installation des médecins libéraux pour lutter contre la désertification médicale. Cette régulation pourrait ainsi prendre la forme d’une « obligation d’exercer en début de carrière et pour une durée limitée à temps plein ou partiel dans un territoire prioritaire de santé ».

Dans le cadre de la revitalisation des centres-villes, l’association plaide pour une extension du dispositif gouvernemental « Cœur de Villes » aux petites villes de France avec un passage de 222 villes soutenues à « au moins 500 ». Enfin, l’APVF imagine, en matière de finances locales, la création d’un fonds national de solidarité territoriale « alimenté par les métropoles en fonction de leurs richesse et par l’État […] ciblé à l’échelle de chaque région sur des projets relatifs à la mobilité durable, à la couverture numérique des territoires et à l’attractivité des petites et moyennes villes ». « Pour un euro versé par la métropole, s’ajouterait un euro de l’Etat et une euro de l’Union européenne. il faut aller plus loin que les contrats de réciprocité », avait justifié la veille Christophe Bouillon lors de la cérémonie de vœux de l’association. Soit une nouvelle version de la proposition de 1% métropole porté par l’association en 2017.

Une prime aux « constructifs » ?

Avec cette série de propositions, l’APVF aimerait donc peser dans les débats et obtenir de la part du gouvernement des signaux positifs. « À l’APVF, on est proposant, constructifs. Et ce serait important qu’il y ait une prime à la construction, sinon il y a clairement un risque de basculement vers une position plus dure » prévient Christophe Bouillon, « on ne dit pas que tout doit tourner autour de nos propositions, mais il s’agit pour nous de rappeler nos attentes fortes sur ces sujets et d’alerter le gouvernement sur le calendrier législatif. Ce serait dommageable de passer à côté de certains véhicules législatifs, comme le projet de loi d’orientation des mobilités. »

D’autant plus qu’à une année maintenant des prochaines élections municipales, la position des maires – des petites villes mais pas seulement – apparaît comme très compliquée à tenir. « Nous ne voulons surtout pas priver nos concitoyens de cette possibilité de prendre la parole et de débattre autour de nous, mais à la fois, certains maires craignent qu’en montant en première ligne et en apparaissant localement comme des co-organisateurs des débats, cela puisse se retourner contre eux si rien ne se passe après trois mois de discussion » reconnaît Christophe Bouillon. Avant de conclure : « Le président Macron a déclaré son amour aux territoires et aux maires, mais en amour il faut aussi donner des preuves. Là dessus nous serons très vigilants ».

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  1. Je me permets d’ajouter aux propositions des maires une proposition qui me tieny à coeur depuis des annéees en me basant sur une déclaration présidentielle ! « moins de fonctionnaires de circulaires et plus de fonctionnaires de guichets » a déclaré le président Macron lors du lancement du grand débat .Chiche !

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