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Transition agricole 15/01/2019

De la terre à l’assiette, des sillons à creuser pour « relocaliser » l’agriculture

par Hugo Soutra
Agriculture et alimentation

Agriculture, environnement, foncier, alimentation : quatre enjeux, quatre politiques publiques où se croisent les mêmes défis socio-économiques, sanitaires ou climatiques. Des défis auxquels sont confrontés les agriculteurs français et sur lesquels les élus locaux peuvent agir. Enquête.

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Agir pour les agriculteurs, de la terre à l'assiette

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Les élus locaux intimant aux agriculteurs de ne plus utiliser de pesticides ou d’améliorer les conditions d’élevage et d’abattage de leurs bêtes sont probablement remplis de bonnes intentions. Tout comme les citoyens dont ils se font ainsi les relais. Malheureusement, ce ne sont pas ces efforts qui sauveront les agriculteurs ni ne leur permettront de retrouver un niveau de vie décent…

La gestion du foncier est – et restera, dans les années à venir – la principale porte d’entrée des collectivités désireuses de soutenir le monde agricole. Alors que la moitié des agriculteurs installés aujourd’hui atteindront l’âge de la retraite dans les dix ans, l’accès au foncier n’a de cesse de se compliquer pour les plus jeunes éleveurs ou maraîchers installés en « bio ».

Soutenir l’agro-écologie

La réduction du foncier agricole disponible entraîne un renchérissement des prix des terrains. Ce qui se traduit, de plus en plus, par la cession des exploitations existantes ou des parcelles disponibles à des investisseurs financiers ou des coopératives qui n’en ont plus que le nom.

Les pouvoirs des maires ou présidents d’intercommunalité en matière de droit des sols ne leur permettront pas de résister à ce phénomène latent. Les élus locaux n’ont pas davantage leur mot à dire sur le mode de distribution inéquitable de la PAC qui rémunère moins bien les petites exploitations que toutes ces grandes « entreprises de travaux agricoles », selon la dénomination en vogue, pourtant déjà soutenues par des fonds de pension.

Seul un urbanisme plus raisonné permettrait aux élus de limiter la pression foncière qui menace aujourd’hui les agriculteurs les mieux placés pour prendre en compte les enjeux environnementaux et défendre les intérêts de leurs territoires.

De nombreux défis contemporains

Face aux nombreux défis – socio-économiques, sanitaires ou climatiques – auxquels sont confrontés les agriculteurs français, les élus doivent aussi prendre langue avec les ingénieurs et techniciens des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) et des chambres d’agriculture. Même si leurs marges de manoeuvre sont étroites, ils peuvent aider à penser de nouveaux modèles à plus forte valeur ajoutée et faciliter la réalisation de projets innovants.

Sans attendre de savoir qui, de l’Etat central ou des régions, administrera le pilier 2 de la PAC, la création de nouveaux débouchés sous l’impulsion des collectivités pourrait en effet considérablement accélérer la transition vers l’agro-écologie.

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