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Elections 20/12/2018

Les candidats aux élections municipales 2020 devront aussi défendre un projet métropolitain

par Séverine Cattiaux
Grenoble © Adobe/mat

« Une campagne électorale sur un projet métropolitain ? » était le sujet posé en forme de «controverse » organisée par le Conseil de développement (C2D) de Grenoble Alpes Métropole, ce 19 décembre, à l’Institut de sciences politiques. Pour les participants, aucun doute : il faudra monter d’un cran par rapport à 2014 dans l’élaboration d’un projet métropolitain, à Grenoble comme dans les 21 autres métropoles, … et porter le débat lors de la campagne électorale.

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Métropoles : un essor vertigineux

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Après avoir organisé deux temps d’échanges sur le mode du suffrage universel direct pour élire les conseillers métropolitains, le Conseil de développement (C2D) de Grenoble Alpes Métropole a tenu, pour conclure son cycle de controverses, à interroger la place des métropoles et intercommunalités, lors des prochaines élections municipales. Car si le mode du fléchage des conseillers communautaires est finalement maintenu aux prochaines échéances municipales, et ce au grand regret du C2D, les maires ne pourront plus en revanche mener leurs campagnes en faisant fi des intercommunalités, assènent les bénévoles de l’instance participative. « On ne peut plus faire n’importe quelles promesses aux électeurs pour sa commune, alors que les décisions seront prises au niveau de l’intercommunalité » le dit sans tergiverser Marie-Christine Simiand, l’une des animatrices de cette controverse qui s’est déroulée sur le Campus de Saint-Martin-d’Hères.

La plupart des élus du bassin grenoblois ont bien conscience que la Métropole de Grenoble a pris depuis 2015 une place prédominante dans la gestion de la vie des citoyens. La prise de conscience n’est du reste pas soudaine. Maire de Champagnier et vice-présidente déléguée à l’hébergement et aux gens du voyage, Françoise Cloteau tient ainsi à le rappeler au C2D : « Nous avons eu d’importants débats sur la question de la Métropole lors des élections de 2014 ». Pour 2020, les candidats le savent, ils devront aller un cran plus loin.

Vers des campagnes électorales plus… participatives ?

« Il va falloir que les listes communales candidates aux élections portent ensemble un même projet métropolitain » considère Jérôme Dutroncy, conseiller municipal de Fontaine, et vice-président délégué à l’environnement, l’air, le climat et la biodiversité. Les projets métropolitains ou communautaires préparés au sein des seuls partis ? Ce n’est sans doute pas satisfaisant, estime dans un premier temps Paul Bron, militant à Go citoyenneté et aujourd’hui conseiller municipal d’opposition du groupe Rassemblement de gauche et de progrès. Cet ancien adjoint à l’éducation de Grenoble sous Michel Destot se dit partisan d’un projet métropolitain qui tienne compte, le plus en amont possible, des aspirations des citoyens.

Reste à trouver la formule pour « construire tous ensemble, par thématique » selon ses termes. Le Conseil de développement du Pays voironnais a, pour sa part, décidé de prendre le taureau par les cornes. Son intention est de préparer un projet de territoire et de le soumettre aux candidats des municipales de toutes les communes de son territoire. L’objectif étant de susciter le débat… De son côté, le C2D soumet aux aspirants conseillers municipaux et métropolitains un mode d’emploi en trois points, présenté par ailleurs lors des 12ème rencontres nationales de la CNCD d’octobre. Le C2D plaide tout d’abord pour la mise en place pendant les campagnes municipales de « débats décentralisés (…) organisés pour présenter les grands axes des programmes intercommunaux portés par les différents courants politiques ». Deuxième exigence du C2D : sur les professions de foi, le candidat et sa liste seront bien inspirés de faire figurer leurs orientations du programme intercommunal.

Le C2D a fait aussi l’effort d’anticiper le lendemain des élections. Il exhorte les élus – troisième point – à rendre des comptes tout au long de leur mandat sur l’action de l’intercommunalité, sans omettre d’expliquer pendant leur campagne, comment ils conçoivent leur rôle de relais entre l’intercommunalité, les élus communaux et la population…

« La métropole ne fait pas rêver »

Le défi des candidats aux municipales qui s’annonce est pour ainsi dire double. Il consiste non seulement à trouver une bonne articulation entre leur campagne municipale et la promotion d’un projet métropolitain, mais aussi à donner envie aux citoyens d’aller voter… Un défi ? Un tour de force plutôt. Comment passionner les électeurs, quand la plupart d’entre eux ne connaissent encore que trop vaguement à quoi sert l’intercommunalité ? se demande le C2D. Les réponses évasives des gens interviewées lors d’un micro-trottoir sur la métropole concocté pour la controverse… sont éloquentes.

Directeur de recherche CNRS en science politique au sein du laboratoire Pacte à l’Université de Grenoble Alpes, Alain Faure ne cache que l’ampleur de la tâche qui se présente aux candidats aux futures élections municipales, semblant dire que la Métropole demeurera, quoi qu’on fasse, toujours trop lointaine dans l’esprit des personnes… Et l’universitaire de résumer ainsi la difficile équation : « Une homme ou une femme politique, qui ne parle pas d’hyperproximité, disparaît tout de suite. Or comment faire à une échelle de 500 000 habitants ? C’est difficile, car il n’y a pas de magie métropolitaine. Le mot métropole fait problème, c’est un objet froid. On en parle souvent avec les élus : la métropole ne fait pas rêver ».

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