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Communes nouvelles 30/10/2018

Le délicat enjeu du patronyme de la commune nouvelle

par Hugo Soutra
nuage-mots_communes-nouvelles1v2 © MF

Problème politique majeur, le choix du nom d’une commune nouvelle mérite d’être démocratisé. Car certains habitants craignent d’y sacrifier leur identité locale...

La création d’une commune nouvelle a des répercussions financières et techniques – positives comme négatives -, mais aussi symboliques, qu’il convient d’anticiper. Demandez leur avis aux élus de La-Chapelle-Basse-Mer et de BarbeChat (Loire-Atlantique)… Créée début 2016, leur commune nouvelle Divatte-sur-Loire sera débaptisée à partir du 20 octobre.

Pointant le non-sens géographique de superposer ainsi le nom de deux cours d’eau, un groupe d’habitants et d’élus de l’opposition a mobilisé largement contre la disparition de toute référence à l’histoire religieuse locale et ce qu’il qualifie de tentative de laïcisation. Sans se prononcer sur le bien-fondé de leur argumentaire renvoyant directement à la déchristianisation des noms de centaines de villes pendant la Révolution française, les juges du tribunal administratif de Nantes ont renvoyé le préfet à la circulaire du 18 avril 2017, relative à la « fixation du nom d’une commune nouvelle ». Celui-ci aurait dû vérifier en effet que le nom se fonde bien sur une « appellation ancienne à laquelle la commune pourrait s’identifier ».

Référendums locaux conseillés

En règle générale, les communes nouvelles reprennent l’appellation de la plus grande des communes membres, à l’unanimité des différents conseils municipaux ou sur proposition du préfet, sans que cela ne provoque de débats enflammés. Mais il arrive donc aussi, à Divatte-sur-Loire comme aux Moulins ou à Bourgvallées, que ce choix fasse l’objet de luttes d’influence, y compris parmi des citoyens a priori désintéressés des enjeux institutionnels.

Preuve s’il en fallait que cette décision éminemment politique n’a rien d’anodin et ne devrait pas rester la seule affaire des élus…

Pour se prémunir de tels risques, les décideurs peuvent se faire épauler par des historiens, géographes ou linguistes spécialistes du département. Dans un rapport d’avril 2016, les sénateurs Christian Manable (voir entretien ci-dessous) et Françoise Gatel conseillaient aussi aux élus d’associer le maximum de citoyens à l’invention de la future dénomination, par exemple par un référendum. Ou, a minima, de concerter les habitants via une votation, voire les écoliers, sur une liste de plusieurs noms. Objectif : dissiper les peurs liées à une perte d’identité et favoriser le sentiment d’appropriation des citoyens, en recréant, en outre, un peu de lien social.

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