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Politique de la ville 03/10/2018

A l’Assemblée nationale, Jacques Mézard en opération reconquête des élus de banlieue

par Emilie Denètre
Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, le 2 octobre devant la délégation de l'Assemblée nationale aux collectivités territoriales © capture écran VOD assemblée nationale

Auditionné, mardi 2 octobre par la délégation aux collectivités territoriales de l’Assemblée nationale, le ministre de la Cohésion des territoires a fait son bilan de l’année écoulée. Opération « Cœur de Villes » pour les villes moyennes, « New deal » avec les opérateurs de téléphonie pour les territoires ruraux… et confirmation d’une augmentation du budget de 20% pour les quartiers prioritaires. Une manière de rassurer les élus de banlieue, qui depuis le début du quinquennat, avaient l’impression d’être laissés de côté.

Auditionné, mardi 2 octobre par la délégation aux collectivités territoriales de l’Assemblée nationale, Jacques Mézard a fait son bilan de l’année écoulée. Opération « Cœur de Villes » pour les villes moyennes, « New deal » avec les opérateurs de téléphonie pour les territoires ruraux… et confirmation d’une augmentation du budget de 20% pour les quartiers prioritaires. Une manière de rassurer les élus de banlieue, qui depuis le début du quinquennat, avaient l’impression d’être laissés de côté.

« Nous avons la conviction que tous nos territoires ont des potentialités fortes, et le devoir de l’État est de les faciliter dans cadre de coopérations et sûrement pas de créer des oppositions entre ces territoires » lançait en préambule, le ministre de la Cohésion des Territoires, devant les députés de la délégation aux collectivités venus l’écouter au Palais Bourbon. Une adresse qui ressemble à s’y méprendre à un mea-culpa. Jacques Mézard – ancien sénateur et élu local – a maintes fois été accusé, au cours de l’année écoulée, de se préoccuper plus des territoires ruraux ou des villes moyennes que des quartiers prioritaires urbains. Pour réduire la « fracture » territoriale, même s’il n’apprécie guère ce mot, le ministre concède donc une hausse de 81 millions d’euros sur le budget 2019 « sous condition de vote par le Parlement ».

Aider les associations, et créer des postes d’adultes-relais

« Ce que nous allons faire sur ce budget 2019, personne ne la jamais fait depuis 40 ans, depuis que la politique de la Ville existe, s’enorgueillit le ministre. Bien sûr ces 81 millions d’euros supplémentaires ne résoudront pas tous les problèmes, mais c’est un message fort que nous envoyons ». Avant d’asséner : « Et que les choses soient claires, il s’agit d’argent frais, et pas de transfert d’enveloppes ».

Questionné sur le fléchage de ces 81 millions d’euros supplémentaires, le ministre a ainsi précisé :

  • 15 millions d’euros dédiés au partenariat avec « les grandes associations afin qu’elles soient en mesure de dupliquer leurs actions sur le terrain » ;
  • 22 millions d’euros qui seront orientés vers les communes pour aider à la création de postes d’Atsem afin que deux adultes-encadrants soient présents dans les classes de maternelle des QPV ;
  • 12 millions d’euros dédiés « aux cités éducatives » ;
  • 3 millions d’euros en direction des « actions de parrainage vers l’emploi et l’éducation » qui vont être doublées ;
  • 20 millions d’euros destinés à la création de 1000 postes supplémentaires d’adultes-relais « ce qui était très demandé dans les quartiers » ;
  • 7 millions d’euros pour le doublement des postes Fonjep (Fonds Jeunesse et Éducation Populaire) dans les quartiers.

Miser aussi sur le long terme

« La situation dans certains quartiers est vraiment préoccupante » a reconnu Jacques Mézard avant de poursuivre : « et certains de nos concitoyens ont l’impression que la République s’est retirée de ces territoires… mais cela ne date pas d’il y a 15 mois. Mais je dois vous dire que certaines de nos actions, comme le dédoublement des classes de CP dans les quartiers REP et REP+ , tout comme la scolarisation obligatoire dès 3 ans ou encore l’augmentation du nombre de places de crèches, ne produiront leurs effets que dans plusieurs années ».

Une manière ici d’appeler les élus de banlieue – qui demandaient depuis de longs mois cette attention gouvernementale – à faire désormais preuve de patience, et ce à quelques jours à peine du premier anniversaire du fameux « appel de Grigny ». 

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