publicité

 

Réagir
Transports publics 11/09/2018

Transports gratuits : comment les villes financent le « sans ticket »

par Bertrand Verfaillie
Un bus de l'agglomération de Châteauroux, où les transports publics sont gratuits depuis 2001 © Châteauroux Métropole

La gratuité des transports affiche autant de motivations différentes de la part des élus locaux qui l’ont mise en place… que de modes de financement pour combler le manque-à-gagner de ce « cadeau » offert à l’usager. De Dunkerque à Châteauroux, décryptage d’un choix financier – et politique – émergeant.

Fiers d’être « gratuits » ! Et même un peu prosélytes… Tels sont apparus les décideurs du « libre accès aux services publics de transport », réunis à Dunkerque début septembre. Tous se réjouissent d’une croissance des voyages dans les bus et trams depuis l’entrée en vigueur de la mesure. Mais à part ce succès somme toute prévisible, la comparaison des démarches en cours dans une trentaine de territoires en France révèle peu de constantes.

Le Versement transport mis à contribution

Les motivations diffèrent, de la réduction de la place de la voiture à l’amélioration de la qualité de l’air, en passant par la visée sociale. Parfois, c’est une situation « d’absurdité économique » qui est le déclencheur : les transports en commun sont sous-utilisés et les collectivités cherchent à minorer cette charge lourde par une augmentation continue des tarifs… Au Brésil, de telles dérives peuvent même aller jusqu’à des émeutes de rue.

Dans l’agglomération de Dunkerque, dernière en date à rejoindre le club des sans ticket, les autobus ne captaient que 5 % des déplacements et le produit de la vente de billets plafonnait à 4,5 M€ par an. Pour compenser la perte de ces recettes, la communauté urbaine a porté le versement transport (VT) de 1,05 à 1,55 %. A Châteauroux en 2001, le passage à la gratuité a été financé par une extension du réseau de la commune à l’agglomération, par une hausse de 0,05 % du VT (à 0,60 %) et par une économie de 100 000 € sur les fonctions commerciales et de contrôle… Dans le Valenciennois, le syndicat des transports a négocié une réduction sur le contrat du concessionnaire RATP Dev, pour accorder l’accès libre aux moins de 18 ans (1,5 M€/an).

Investir dans la durée, condition sin equa non 

Encore faut-il tenir dans la durée. « C’est bien la qualité de l’offre qui fidélisera le public », martèle Patrice Vergriete. Avant de jeter les billets aux orties, l’agglo et l’exploitant Transdev ont réorganisé le réseau et d’impressionnants aménagements, incluant des tronçons en site propre, ont été réalisés dans les 17 communes du territoire. L’opération a coûté 65 M€ d’euros, avec des apports de l’Europe, de l’Etat, de la Région Hauts-de-France et du Département du Nord.

« Il ne faut pas s’endormir », abonde Gil Avérous, président de Châteauroux-Métropole. D’accord pour participer à la couverture du déficit du système gratuit depuis 2001, qui s’élève à 900 000 € par an, mais pas question de laisser s’effriter la fréquentation, comme il y a quatre ans : l’agglo a engagé un nouveau programme d’amélioration du service, passant par l’achat de bus au gaz, moins bruyants.

Financer par… les coûts évités via la gratuité

Pour financer ces investissements, on peut mobiliser les recettes du stationnement public ou installer des péages urbains, imagine Wojciech Keblowski, chercheur à l’université libre de Bruxelles. « Il faut surtout rapporter les dépenses aux coûts évités par la gratuité et à ce qu’elle rapporte en attractivité », estime Gil Avérous. Son collègue Patrice Vergriete conçoit que des métropoles aux réseaux très utilisés hésitent à se lancer dans l’aventure. Mais il insiste sur la dimension de choix politique : pour dégager des marges de manœuvre à affecter aux transports, l’agglomération dunkerquoise a renoncé à construire une « arena » de 10 000 places…

Réagissez à cet article

  1. La population enfin certains catégorie aime quand c’est gratuit et en profite trop……d’autre part il faudrait changer les autocollants d’handicapé puisque on à pas le droit de monter au milieu…
    Certains chauffeurs démarrent alors que je suis pas assis sur le siège réservé pour nous… En plus souvent les jeunes sont tellement captés par leur téléphone qu’ils ne voient pas les handicapés. C’est juste une précision à un un acte d incivilité …sans gravité mais voilà j’ai même eu un chauffeur qui m’a fait descendre alors que j’étais monté monté au milieu là ou l’autocollant avec une canne et un avec fauteuil….Ceci est dit pour améliorer les choses merci

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

publicité

Abonnez-vous