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Gouvernement 05/09/2018

Remaniement a minima pour l’écologie et les sports, le perchoir de l’Assemblée à pourvoir

par Aurélien Hélias
François de Rugy, ex-président de l'Assemblée nationale, nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire © Assemblée nationale

Le chef de l’Etat et le Premier ministre ont donc tranché pour un simple remplacement poste pour poste des deux ministres sortants : l’ex-nageuse professionnelle Roxana Maracineanu remplace Laura Flessel aux Sport et le président de l’Assemblée nationale François de Rugy succède à Nicolas Hulot à la transition écologique. Le patron des députés La République en marche à l’Assemblée, Richard Ferrand, devrait le remplacer au « perchoir ».

[actualisé le 6 septembre à 14h40]

Pendant à peine deux heures, entre l’annonce de la démission de la ministre des Sports Laura Flessel et le communiqué de l’Elysée, l’hypothèse d’un remaniement conséquent a refait surface. Finalement, l’exécutif a tranché pour un remaniement limité aux deux ministres démissionnaires.

© Torres1986- CC BY-SA 4.0 Roxana Maracineanu, ministre des Sports

L’ex-nageuse championne du monde du 200 m dos en 1998 et conseillère régionale PS en Ile-de-France de 2010 à 2015 Roxana Maracineanu succède ainsi à l’escrimeuse. Parmi ses dossiers prioritaires : la préparation des Jeux olympiques 2024 à Paris et la gestion de la grogne du monde sportif, passablement échaudé par l’austérité budgétaire touchant le sport.

La nouvelle gouvernance du monde sportif fera également partie de ses priorités.

Dossiers sensibles en vue

Quant au ministère de la transition écologique et solidaire, après les refus (mis en scène ?) de Daniel Cohn-Bendit et Pascal Canfin), c’est finalement le président de l’Assemblée nationale François de Rugy qui « récupère » le maroquin. Ex-membre des Verts puis d’EELV avant de concourir à la primaire socialiste puis de rejoindre Emmanuel Macron durant la campagne au détriment du candidat PS Benoit Hamon, le député de Loire-Atlantique hérite donc d’un ministère au portefeuille aussi vaste qu’aux moyens d’actions limités si l’on s’en tient au rapport de force entre Nicolas Hulot et les ministres de l’agriculture et des finances.

Eau, alimentation, mobilités, avenir du nucléaire, chasse… les dossiers sensibles qui l’attendent sont nombreux comme le décrypte la Gazette des communes. Le ministre d’Etat restera secondé par Sébastien Lecornu.

Un président d’Assemblée très contesté 

© Assemblée nationale François de Rugy, ex-président de l’Assemblée nationale

François de Rugy n’aura donc passé que 16 mois au perchoir, s’attirant les foudres de nombre de groupes d’opposition qui le jugeaient trop proche de l’exécutif. Par ailleurs, sa volonté annoncée lors de sa prise de fonction d’instaurer des conférences parlementaires de territoires pour pallier en partie le non-cumul des mandats et conserver un lien avec les collectivités locales est à ce jour restée lettre morte.

A son bilan apparait toutefois la volonté de moderniser le fonctionnement de la chambre basse via le programme « Pour une nouvelle assemblée nationale » sur différents thèmes : statut des députés, des collaborateurs parlementaires, droits de l’opposition, moyen de contrôle de l’exécutif, développement durable, démocratie numérique et « ouverture et rayonnement de l’Assemblée ». En juin dernier, les différents groupes de travail ont remis leurs propositions au locataire de l’Hôtel de Lassay. A son successeur de s’en saisir.

Trois candidats LREM pour le « perchoir »

Richard Ferrand, ex-ministre de la Cohésion des territoires

© @RichardFerrand Richard Ferrand, ex-ministre de la Cohésion des territoires

Car, conséquence de cette nomination : le « perchoir » est libre un an et demi avant la date prévue, puisque la charte interne à la majorité La République en marche prévoyait que tous les députés LREM ayant des fonctions au sein du Palais Bourbon (questeur, président de commission, etc.) remettent leur mandat en jeu à mi-législature. Ephémère ministre de la Cohésion des territoires dans le premier Gouvernement Philippe avant que l’affaire des Mutuelles de Bretagne ne l’oblige un mois après sa nomination à quitter le Gouvernement, l’actuel président du groupe LREM à l’Assemblée est le mieux placé pour succéder à François de Rugy.

© Flickr-T. Prévost Barbara Pompili, députée LREM de la Somme

Le député du Finistère devra toutefois, dans un vote interne au groupe, sortir vainqueur d’une « primaire » où candidatent également Cendra Motin (Isère) ; Philippe Folliot, député du Tarn, ancien UDI ; et la présidente de la commission du développement durable et ancienne EELV, la députée de la Somme Barbara Pompili. Candidate 48 heures durant, la présidente LREM de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet (Yvelines) a finalement retiré sa candidature, au bénéfice de Richard Ferrand. 

Le vote interne au groupe LREM aura lieu lundi 10 septembre au matin lors du séminaire de rentrée des parlementaires En marche, à Tours. L’élection finale de l’ensemble des 577 députés devrait se tenir au Palais Bourbon à l’ouverture de la session extraordinaire le 12 septembre.

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