L’insertion professionnelle, clé de la Politique de la ville façon Macron

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Politique de la ville 18/07/2018

L’insertion professionnelle, clé de la Politique de la ville façon Macron

par Hugo Soutra
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Le gouvernement a dévoilé sa feuille de route concernant la politique de la ville et plus globalement l’équité territoriale, mercredi 18 juillet. Qu’il s’agisse de stages, de tutorat, de formation, d’embauches ou de lutte contre les discriminations, plusieurs engagements mutuels ont été pris par l’Etat et les acteurs économiques dans le cadre d’un « Pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises. »

Quel est le point commun entre Danone, La Poste, Total, la Fédération française du bâtiment (FFB), Mozaïk RH, Simplon et Nos Quartiers ont du Talent ? Ces différents acteurs privés avaient tous été conviés, mardi 17 juillet à l’Elysée, à l’occasion de la réunion « La France une chance : les entreprises s’engagent. » Emmanuel Macron les avait tous conviés, avec une centaine d’autres dirigeants économiques, représentant des entreprises du Cac40 comme des entreprises intermédiaires (ETI), moyennes ou petites (PME) afin de participer à la « mobilisation nationale » pour les quartiers prioritaires. Dissertant volontiers sur le fait que le politique « ne peut pas tout », le président de la République mise en effet sur les entreprises pour renforcer la cohésion nationale, aux côtés de l’Etat, des collectivités et des associations.

Des stages de 3ème à la formation en passant par les emplois francs

Plateforme proposant 15 000 stages de 3ème dans le secteur privé, développement du parrainage et du tutorat pour 100 000 jeunes, doubler le nombre d’apprentis issus des quartiers, multiplication des clauses sociales d’insertion dans les marchés publics, formation des jeunes sans qualification et des chômeurs de longue durée, renforcement du dispositif d’« emplois francs » pour favoriser l’embauche des diplômés issus des quartiers populaires, campagne de testing visant à lutter contre les discriminations dans les grandes entreprises, incitations à développer des politique d’achats responsables, etc : voici quelques-uns des leviers et objectifs mis en avant par l’exécutif pour favoriser l’insertion professionnelle des habitants des quartiers prioritaires les moins privilégiés. Refusant de manier le bâton vis-à-vis de ses nouveaux partenaires de la politique de la ville, Emmanuel Macron a souhaité rapprocher les grandes entreprises, artisans, et structures d’insertion, trois mondes se  parlant peu en temps normal. Objectif : les inciter à collaborer afin de prendre des engagements chiffrés et concrets.

« Une vingtaine de dirigeants ont déjà signé ce Pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises » s’est félicité le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie. « Il ne s’agit pas simplement d’afficher de bonnes intentions, ils ont pris des engagements très précis concernant le nombre de stagiaires ou d’apprentis qu’ils comptent recruter. » Dans la veine de la pensée macroniste, cet ancien conseiller à Bercy durant le quinquennat de François Hollande veut croire à l’incitation et rappelle le rôle social des entreprises, leurs responsabilités territoriales. En guise d’exemple, il cite Adecco qui s’engage à recruter 400 stagiaires venant de Rep+ et 500 alternants originaires des QPV chaque année, ou encore la Fédération régionale des travaux publics d’Ile-de-France qui poussera ses adhérents à recruter 300 apprentis et proposer 1500 stages par an.

Des engagements mutuels « gagnants-gagnants » ?

Peu avant cet évènement, l’entourage  d’Emmanuel Macron était revenu sur la nécessité de proposer davantage de stages de qualité aux 43 000 collégiens de troisième en REP+. « Seuls 31% des élèves scolarisés dans des établissements REP font un stage de troisième en lien avec leur future orientation, contre 56% pour les collégiens d’autres établissements. L’ambition est de ne plus envoyer ces derniers à la cantine du collège ou à la boulangerie du coin – stages qui sont considérés comme « une première discrimination » par de nombreux collégiens – et donc pour cela de pousser les entreprises à ne pas orienter leurs offres uniquement vers les enfants de leurs personnels et de leurs réseaux de proches » avait expliqué les conseillers du président de la République.

« Les acteurs économiques ont tout à gagner à s’engager davantage pour les territoires fragiles, qu’il s’agisse des quartiers de la politique de la ville ou des territoires ruraux en déprise, en proie à la désindustrialisation. Il est prouvé que la diversification du recrutement est un gage d’efficacité. Et elles n’ont pas vraiment intérêt à ce que l’extrême-droite continue à gagner du terrain au vu des bouleversements qu’entraînerait sa politique économique » avaient-ils d’ailleurs prévenu.  Ce « PaQte » (Pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises) entre le ministère de la Cohésion des territoires et les entreprises est censé illustré la nouvelle « méthode » retenue par Emmanuel Macron pour dynamiser la politique de la ville

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