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Congrès de Versailles 2018 10/07/2018

Emmanuel Macron plaide à Versailles pour « une décentralisation de projets par la différenciation »

par Emilie Denètre
Macron Versailles

Devant les parlementaires réunis en Congrès, le Président de la République a dressé le bilan de l’année écoulée tout en donnant sa vision sur les chantiers à venir. D’un point de vue local, il est rapidement revenu sur les objectifs de la future réforme des institutions, en plaidant notamment pour « une décentralisation de projets ».

L’année passée, Emmanuel Macron avait été accusé de « griller » la politesse à son Premier ministre en s’exprimant la veille du discours de politique générale d’Edouard Philippe, « aspirant » du même coup la plupart des thèmes à développer. Aussi, cet été, revenant devant le Congrès, le Président s’est abstenu de trop en dire sur la réforme des institutions, cette dernière devant en effet être présentée le lendemain, mardi 10 juillet, devant les députés.

La liberté des collectivités

Après avoir reconnu que « le chantier institutionnel avait un peu tardé » suite à un « choix délibéré de donner la priorité à la vie quotidienne des Français », Emmanuel Macron a salué le « travail déjà accompli à l’Assemblée » qui a adopté le texte en Commission des lois. « Au cœur de cette réforme, il y a la volonté d’une liberté plus grande ; liberté pour les collectivités territoriales appelées à mieux exploiter leurs atouts, leurs spécificités en permettant une véritable différenciation ; liberté des citoyens, grâce à une justice indépendante ; liberté du Parlement que je veux plus représentatif des Français, doté de droits supplémentaires, animés de débats plus efficaces » a ensuite décrit le Président, faisant ici référence à trois points « forts » de la révision constitutionnelle :

  • la modification de l’article 72 de la Constitution afin de faciliter les expérimentations dans les territoires, 
  • la suppression de la Cour de justice de la République 
  • et enfin la modification de la procédure parlementaire, notamment le droit d’amendement et la « navette ».

Un dernier point qui agace fortement le président du Sénat, Gérard Larcher, qui ne cache plus sa colère et qui estime que ce texte va conduire à « un affaiblissement du pouvoir bicaméral et à une reconcentration du pouvoir par l’exécutif ». Lui répondant indirectement, Emmanuel Macron a ainsi insisté : « je crois au bicamérisme et à une démocratie mieux représentée ».

« Une décentralisation de projets »

Enchaînant ensuite sur sa vision de la politique territoriale, le Président a plaidé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs que par le passé. « La politique territoriale à laquelle je crois, n’est pas celle où il faudrait jouer telle collectivité contre l’État…il nous faut éviter de perdre des mois, comme nous l’avons fait ces dernières décennies à délibérer sur des compétences, qui seraient attribuées à l’un ou à l’autre avant de tout changer au mandat suivant » a-t-il expliqué, « la réforme constitutionnelle qui vous est soumise sera celle d’une décentralisation de projets par la différenciation ; et l’aménagement auquel je crois c’est l’installation de nouveaux projets et un rééquilibrage des territoires par l’installation d’activités économiques accompagnée par l’ensemble des élus locaux et par le gouvernement avec l’accompagnement des services de l’État ».

Lire aussi : Vers un nouveau rapport entre les territoires et les métropoles ?

Enfin, revenant à demi-mot sur les relations plutôt fraîches que le gouvernement entretient avec les élus locaux depuis quelques semaines, le Président a lâché cette petite pique : « nous avons le devoir de proposer mieux à nos concitoyens que le bégaiement des querelles que nous connaissons que trop… ».

 

Macron veut revenir à Versailles dans un an… pour répondre aux questions

Revenant sur les critiques qui lui avaient été adressées quant à un exercice consistant à venir faire le bilan de son action devant la représentation nationale, sans pouvoir ensuite ni écouter les prises de paroles ni répondre aux sollicitations, Emmanuel Macron a tenu à rappeler que c’est bien la Constitution qui instaurait ce protocole vertical.

Une Constitution que le Président aimerait donc voir modifiée. « J’ai demandé au gouvernement de déposer un amendement au projet de loi institutionnelle qui permettra qu’au prochain Congrès je puisse rester pour vous écouter et vous répondre » a annoncé Emmanuel Macron. Une initiative qui a, semble-t-il, su convaincre les parlementaires qui ont applaudi fortement la proposition.

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