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Elections municipales 2020 02/07/2018

A vingt mois des municipales, La République en marche veut mobiliser élus comme citoyens

par Hugo Soutra
pupitre En marche! © A. Hélias

Le parti présidentiel a lancé, vendredi 29 juin, son institut de formation « Tous politiques. » Ouvert aux citoyens comme aux élus locaux, il doit mettre sur orbite la machine de guerre LREM en vue des élections municipales de mars 2020 alors que le mouvement n'est que très faiblement implanté dans les exécutifs communaux.

En Marche rééditera-t-il son coup d’éclat des élections présidentielle et législatives 2017 lors des échéances municipales et intercommunales à venir ? Si l’objectif de créer son propre institut de formation, « Tous politiques », n’est officiellement pas électoral mais bien civique, difficile de s’ôter de la tête que le parti présidentiel pense déjà aux scrutins locaux de 2020, peut-être même davantage qu’au scrutin intermédiaire – et renationalisé – des européennes 2019… 

Pour s’en convaincre, il suffit d’ailleurs d’écouter son délégué général, Christophe Castaner qui ne s’en cache d’ailleurs qu’à moitié : « l’objectif de « Tous politiques » est de former pour transformer. Après l’élection du président de la République et de 372 députés de la majorité, il s’agit désormais d’accompagner l’émergence d’une génération progressiste et humaniste afin de massifier l’action du gouvernement. Mais attention : notre but n’est pas d’endoctriner, tente l’ancien maire (PS) de Forcalquier devenu secrétaire d’Etat des relations avec le Parlement. L’objet de notre institut de formation diffère des autres structures. L’idée consiste à offrir de la liberté de pensée à nos concitoyens pour qu’ils puissent s’émanciper, choisir et agir. »

Accompagner les citoyens… pas obligatoirement vers l’élection

Car, il est vrai, une des originalités de ce nouvel institut de formation affilié à En Marche et récemment agréé par le ministère de l’Intérieur, est effectivement d’être ouvert à tous. « Ce que nous voulons, c’est accompagner les citoyens, adhérents ou non à En Marche, pour les aider à comprendre, s’engager et transformer. Il ne s’agit pas seulement de former des élus. La nature de l’engagement politique a été bouleversé : le mandat électoral n’est plus nécessairement un aboutissement » veut croire son président, le maire (LREM, ex-PS) de Besançon, Jean-Louis Fousseret, élu local depuis trente-cinq ans.

Après la diffusion d’un Mooc sur la consommation responsable comme acte politique, de nouveaux séminaires et ateliers sont prévus à destination du grand public sur l’environnement, les nouvelles dynamiques territoriales, l’accès aux soins ou les finances locales. Objectif : donner des clés d’analyse et de décryptage des sujets d’actualité et des politiques publiques afin de bâtir une société de l’engagement et, idéalement, parvenir à réhabiliter la politique. « Nous voulons que la politique ne soit plus considérée comme un gros mot, même s’il a pu être galvaudé ces dernières années par de mauvais usages » reprend Christophe Castaner. Sur le sujet, le dossier de presse de Tous Politiques est lui aussi on-ne-peut-plus clair : « défendre l’idée que tout individu est capable de transformer le quotidien de son quartier, de sa ville ou de son pays, c’est revenir à ce que doit être la Politique. »

Lever les freins à l’engagement politique

Sur la trentaine de formations déjà disponibles, en ligne mais aussi « en présentiel, en régions » pour 80% d’entre elles insistent leurs promoteurs, plusieurs ont été également pensées pour accompagner les personnes vers la politique : « notre programme 1000 talents a pour but de casser les inhibitions et lever les freins à l’engagement de potentiels candidats », explique Jean-Louis Fousseret. Là aussi, les thématiques abordées seront diverses : politiques culturelles, sauvegarde du patrimoine, nouveaux usages du numérique, rôle de l’école dans la lutte contre les inégalités, redynamisation des villes moyennes, art oratoire, etc. Le maire de Besançon cite également des actions à venir pour favoriser l’engagement des femmes ou un bilan de compétences pour aider les élus en fin de mandat à se reconvertir.

Centrées sur la gestion budgétaire, la comptabilité publique, le management d’équipe, la mise en place de consultations citoyennes, le media-training, ou les dernières évolutions législatives et règlementaires en matière de marchés publics, le reste des formations s’adresse aux conseillers municipaux, maires, parlementaires, conseillers départementaux. Bref à tout élu exerçant déjà ou non des responsabilités politiques, étiquetés LREM ou non, ayant prévu de se représenter ou non. En tout, une dizaine de formations par mois se déroulera « en régions », sur des journées de huit heures. Elles seront facturées entre 300 et 800 euros, avec des tarifs dégressifs pour les élus de petites collectivités. 

Offre de formation évolutive

D’après les responsables de La République en marche et de Tous politiques, l’offre de formation est amenée à évoluer constamment au fil des mois. Si le premier programme a été pensé à partir du retour de 500 élus locaux et responsables territoriaux, « il ne devrait plus être d’actualité dans trois ou six mois. Certains séminaires seront abandonnés, d’autres réinventés : nous co-construirons le programme de formations » promet, toujours plus grandiloquent, Christophe Castaner. « Un comité des publics sera chargé d’actualiser les diagnostics et les besoins de formations pour faire évoluer notre offre », détaille concrètement la sénatrice du Haut-Rhin et vice-présidente de Tous politiques, Patricia Schillinger.

 

Un institut de formation qui promet des finances transparentes

« Certains instituts de formation politiques ont pu servir à autre chose que la formation, par le passé » reconnaît d’emblée Christophe Castaner, qui promet une transparence totale sur le financement de Tous Politiques. L’institut sera ainsi financé par les recettes des formations payantes dispensées aux élus locaux et facturées aux collectivités. Le reste, c’est-à-dire les formations proposées gratuitement au grand public (micro-learning, Mooc, classes ouvertes, séminaires, ateliers, kits d’auto-formation, séminaires, conférences, etc…), sera pris en charge par le parti La République en Marche. « Le but est d’identifier des femmes et des hommes prêts à s’engager dans la gestion municipale, oui nous souhaitons former de futurs conseillers municipaux et maires LREM dans l’optique des élections 2020. Mais Tous politiques ne doit pas servir uniquement à cela » tente de convaincre, une nouvelle fois, son délégué général, Christophe Castaner.

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