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Sécurité routière 18/06/2018

Publication du décret imposant les 80 km/h… sauf sections avec voie de dépassement

par Aurélien Hélias
Limitation de la vitesse à 80 km/h © Adobe/Bitsandslips

Le décret abaissant de 10 km/h la vitesse sur les voies à double sens sans séparateur central au 1er juillet été publié au journal officiel le 17 juin. Pas d’exception ni de décentralisation de la décision d’abaisser ou non cette vitesse maximale, comme le demandait un groupe de travail au Sénat. Mais tout de même une vitesse inchangée, à 90 km/h, pour les portions de ces routes comportant une voie de dépassement.

Le texte est aussi court que la mesure simple : 80km/h devient la norme pour la vitesse maximale autorisée sur toutes les routes hors agglomération autres que les autoroutes et routes à deux chaussées séparées par un terre-plein central. Soit 10 km/h de moins qu’actuellement.

Signé du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur, le décret du 15 juin concède une seule exception à cette règle des 80 km/h : « Toutefois, sur les sections de ces routes comportant au moins deux voies affectées à un même sens de circulation, la vitesse maximale est relevée à 90 km/h sur ces seules voies », est-il indiqué. Une concession pour les sections à deux voire trois voies, permettant les dépassements, qui sera toutefois contrôlée par la Place Beauvau puisque « les autorités détentrices du pouvoir de police de la circulation compétentes communiquent au ministre chargé de la sécurité routière la liste des sections de routes relevant de leur compétence qui comportent au moins deux voies affectées à un même sens de circulation et sur lesquelles la vitesse maximale est relevée à 90 km/h », prend garde de préciser le texte.

Le réseau « structurant » également le plus meurtrier

Pas question donc pour l’exécutif de cantonner à certaines routes secondaires l’abaissement à 80 km/h maximum et de décentraliser la décision au niveau des départements, comme le plaidaient les sénateurs Michèle Vullien (UC, Rhône), Michel Raison (LR, Haute-Saône) et Jean-Luc Fichet (PS, Finistère), hérauts du groupe de travail dédié, commun à aux commissions de l’aménagement du territoire et des lois. Leur rapport remis le 14 juin à Edouard Philippe a reçu une réponse aussi prompte – dans la journée même – que ferme : citant une étude de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, le Premier ministre souligne que cette étude « démontre que les routes les mieux aménagées et réputées les plus sûres concentrent en réalité près de deux tiers des accidents mortels constatés sur le réseau bidirectionnel. Les départements des trois sénateurs n’échappent pas à cette règle tragique : le réseau structurant du Rhône représente 32% du réseau bidirectionnel départemental et enregistre 59% des morts. Celui du Finistère représente 37% du réseau mais enregistre 60% des morts. Celui de la Haute-Saône représente quant à lui 18% du réseau mais concentre 74% des morts », détaille-t-il dans un communiqué.

Pas d’exception donc pour les mieux aménagées des routes départementales et nationales composant le réseau bidirectionnel sans séparateur central : le plafond de 80 km/h «s’appliquera bien le 1er juillet 2018 sur l’ensemble des routes du territoire national », assène Matignon. Car ces routes, aussi sécurisées soient-elles, « sont aussi les plus fréquentées. Le trafic y est dense et les usagers sont moins vigilants car ils se sentent en sécurité : ce sont les axes sur lesquels on meurt le plus », justifie le Premier ministre. Et Edouard Philippe de rappeler les objectifs : « épargner entre 300 et 400 vies par an ».

Le coût des nouveaux panneaux pris en charge par l’Etat

En gage de bonne volonté, l’exécutif confirme que « la limitation à 80 km/h fera l’objet d’une clause de revoyure le 1er juillet 2020 », même si ce rendez-vous n’est pas inscrit dans le décret. Et assure de « la prise en charge des frais de panneautage et de signalisation par l’Etat, ainsi que la création d’un fonds d’investissement permettant d’affecter le surplus des recettes à la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales destinées à la prise en charge des accidentés de la route ».

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  1. Bonjour,

    Il ne faut pas confondre « deux voies affectées à un même sens de circulation » et « deux voies dont l’une est à double sens ». On entend par ce décret qu’il faut distinguer les routes à trois voies ou plus séparées de lignes discontinues des routes « comportant au moins deux voies affectées au même sens de circulation ». Cdt,

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