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Communes nouvelles 07/06/2018

Grand Morlaix : « les habitants se rendent compte qu’ils bénéficient des services de la centralité »

par Stéphanie Stoll
Morlaix © Adobe / Ulf Dressen

En présentant à son conseil municipal le 17 mai une motion sur la création d’une commune nouvelle, Agnès Le Brun, maire de Morlaix (Finistère, 14 800 habitants) a relancé la création du Grand Morlaix. Un projet qui impliquerait la communauté d'agglomération mais sur lequel la maire n'imagine pas nécessaire de consulter directement la population.

Courrier des maires : Depuis la fusion de Morlaix et Ploujean en 1960, le Grand Morlaix est un serpent de mer. Pourquoi la question serait-elle mûre maintenant ?

Agnès Le Brun : Le chamboule-tout territorial que les communes ont subi ces derniers mois fait bouger les lignes. Il se joue un changement d’échelle. Au-delà de la métropolisation et des grandes régions, la commune nouvelle peut être la bonne réponse pour renforcer la ville-centre par rapport à ses interlocuteurs. L’enjeu est notre capacité à remplir nos missions de service public car sous une certaine taille, ce n’est plus possible. La question, c’est le périmètre qui se définit selon des objectifs de pertinence géographique et de performance de l’action publique, laquelle est une question de seuil. Il faut aussi respecter la culture et l’histoire du territoire.

Le 15 mai, le conseil municipal a voté une motion qui a été envoyé à l’ensemble des communes de l’agglomération car ce sujet les concerne. Elle n’a pas été reçue de façon scandaleuse car elle évite l’écueil qu’on perçoive la fusion comme l’absorption de communes par une autre. Les mentalités évoluent, les habitants se rendent compte qu’ils bénéficient des services de la centralité. Ils sont davantage prêts à franchir le pas.

Dans son projet de territoire voté en 2016, la communauté d’agglo prévoit la création de communes nouvelles. Quel est son rôle ?

© @agneslebrun Agnès Le Brun, maire (LR) de Morlaix, vice-présidente et porte-parole de l’AMF

Morlaix communauté participe activement à la volonté de la ville-centre de s’agrandir ; renforcer le territoire passe par un soutien à la ville-centre. La communauté d’agglomération a demandé une étude sur les implications juridiques, administratives et financières de la fusion selon trois périmètres théoriques. Si on ne fusionne que pour des raisons financières, ça ne marche pas, il faut tenir compte de l’identité des communes. Par exemple, l’idée de fusionner avec Saint-Martin-des-Champs fait son chemin, pour des raisons géographiques et aussi parce que nous avons un syndicat d’eau en commun. Plourin-lès-Morlaix est une vaste commune rurale avec beaucoup d’exploitations laitières, mais dont deux quartiers, dont celui du lycée, sont en continuité urbaine avec Morlaix ; je propose de modifier les limites communales pour intégrer ces quartiers et qu’elle reste une commune rurale et agricole.

En mars 2014, vous indiquiez dans la presse locale être favorable à la création d’une commune nouvelle sur la base d’une consultation préalable de la population. Quelle est votre position actuelle ?

Je ne sais plus si j’ai dit cela en ces termes. La fusion est une décision des conseils municipaux qui sont une émanation de la population. Qu’il y ait des débats publics pour expliquer les conséquences de la fusion, c’est normal et c’est intéressant car les habitants ne sont pas spécialistes de la question. Une consultation directe de la population renierait la valeur du conseil municipal et cela politiserait de façon caricaturale le débat, en le réduisant à une question binaire, alors que juste après, on va enchaîner les consultations électorales. Ce n’est pas la bonne méthode. 

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