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Emploi 06/06/2018

Avec le désengagement de l’État, les Maisons de l’emploi misent sur la convergence territoriale

par Emilie Denètre
La Maison de l'emploi de la communauté d'agglomération Paris-Vallée de la Marne qui abrite un quartier politique de la ville © CA Paris Vallée de la Marne

Après un début d’année difficile à la suite de l’annonce par le gouvernement de l’arrêt des financements dès 2019, les Maisons de l’Emploi tentent de rebondir en misant sur les coopérations locales. Les Maisons rurales demeurent les plus fragiles.

Ces dernières années ont été compliquées pour l’association « Alliance Villes Emploi » qui fédère les 150 plans locaux d’insertion et d’emploi (PLIE) et les 106 Maisons de l’emploi du territoire. Après l’annonce à l’automne dernier d’une première saignée de 50% dans le budget alloué par l’État (20 millions d’euros en 2017) sur l’exercice 2018, l’association a appris en début d’année que l’État se désengagerait totalement à partir de 2019. Pour Nathalie Delattre, sénatrice (RDSE) de Gironde et présidente d’Alliance Villes Emploi, la raison ayant poussé Muriel Pénicaud, ministre du Travail, à opérer ce retrait financier n’est pas un manque d’efficacité de ces structures (« déjà évaluées 9 fois en 25 ans ») mais plus « un arbitrage à l’heure où il faut réduire les dépenses publiques ».

Les maisons rurales en danger

Si la sénatrice reconnaît que les Maisons de l’emploi ne « sont pas sans solutions face à ce désengagement de l’État », grâce notamment au soutien constant (à hauteur de 70%) des collectivités territoriales dans lesquelles elles sont implantées, elle regrette néanmoins ce choix. « Ce qui est frustrant, c’est de ne pas garder un pourcentage d’aide de l’État, qui représentait à nos yeux une sorte de caution morale, ou en tout cas qui marquait l’attachement de l’État à notre dispositif » déplore Nathalie Delattre.

Aussi, si les Maisons de l’Emploi survivront sans doute dans les métropoles, où les collectivités prendront le relai de l’aide gouvernementale, plus de questions se posent sur celles implantées en zone rurale. « C’est terrible, car ce sont bien ces territoires ruraux qui ont besoin de protection, l’effet obtenu sera contraire à la politique gouvernementale », prédit la présidente d’Alliance Villes Emploi.

Nouvelle stratégie

Aussi, pour faire face à l’adversité budgétaire, l’association a décidé de réagir en misant sur les convergences territoriales pour se redonner du souffle. « Nous avons pris notre bâton de pèlerin et nous sommes allés à la rencontre de tous nos partenaires nationaux, associations l’élus, CCI, chambre des métiers pour imaginer ensemble des partenariats possibles, et nous sommes justement en train de finaliser notre nouvelle convention avec Pôle Emploi qui reconnaît notre complémentarité » se félicite Nathalie Delattre.

Une démarche qui semble intéresser « France Stratégie », l’agence de prospection du gouvernement, qui a proposé d’accueillir « nos négociations de rapprochement avec les différentes structures et de nous aider techniquement dans cette nouvelle stratégie ». Ce soutien semble redonner de l’allant à cette association, qui compte bien faire valoir ses compétences dans le domaine de la « gestion prévisionnelle » des besoins des filières territoriales : « nous sommes un laboratoire qui a réussi depuis 25 ans… et nous ne cesserons pas de marteler ce message auprès de la ministre du Travail ».

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