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Assises 2018 de l'APVF 01/06/2018

Edouard Philippe en opération séduction auprès des élus des petites villes

par Aurélien Hélias
Le Premier ministre Edouard Philippe le 1er juin aux assises des petites villes à  Autun © @gouvernementFR

Petites lignes ferroviaires, revitalisation des centres-villes, réforme de la fiscalité locale… A Autun, le Premier ministre est venu assurer le 1er juin les maires des petites villes, réunies pour leurs assises, de l’écoute que le Gouvernement leur portait. Sans pour autant aller toujours dans le sens de leurs demandes.

Il n’avait pu se rendre aux assises 2017 des petites villes à Hendaye, la faute à un centre de congrès situé de l’autre côté de la frontière : impossible alors de se rendre en territoire espagnol sans créer un incident diplomatique puisque le Premier ministre n’avait pas encore effectue de visite officielle en Espagne. C’était donc une première pour Edouard Philippe, venu à Autun tenter de convaincre les élus de l’APVF que l’exécutif était à leur écoute. Morceaux choisis.

Les territoires non-métropolitains ont l’oreille de l’exécutif

Alors que Christophe Bouillon avait la veille plaidé pour revaloriser le statut de l’élu, s’attirant une réponse ouverte mais n’engageant à rien de la ministre Jacqueline Gourault, Edouard Philippe a loué avec gravité le mandat de maire. « Dans tout ce j’ai fait dans ma vie, rien n’a été aussi intense que ma vie d’élu local », a confié l’ancien édile du Havre.

L’occasion d’assurer que les petites communes avaient l’oreille du Gouvernement. « Je m’inscris totalement en faux avec l’idée développée par certains d’un Etat ou d’un gouvernement qui serait inattentif à ce que disent les maires. […] Nous avons voulu que les petites villes de France soient spécifiquement représentées à la Conférence nationale des territoires », a-t-il illustré. Et de flatter son auditoire : « Les maires disent des choses essentielles sur le pays. Je sais que c’est plus difficile d’être maire d’une ville de 300 habitants que d’une ville de 180 000 habitants »…

Fiscalité locale : une réforme qui prendra du temps

« Nous allons créer une nouvelle fiscalité locale, pas un nouvel impôt local. Parce qu’on n’a pas le choix. » Edouard Philippe a réitéré l’engagement du gouvernement de réformer la fiscalité locale d’ici à l’extinction totale de la taxe d’habitation en 2020. Mais cela sera sans la création d’un nouvel impôt local, comme l’avait regretté la veille le président de l’APVF à l’adresse de Jacqueline Gourault : « nous aurions aimé que vous soyez entendue au plus haut lorsque vous aviez proposé un impôt de substitution… » a indiqué Christophe Bouillon à la ministre. Celle-ci avait à l’époque dû revenir rapidement sur ses déclarations.

Reste qu’il s’agira d’un « exercice difficile » a consenti Edouard Philippe, jamais avare d’un trait d’humour : « Mon professeur des finances publiques me disait toujours : un impôt est un vieil impôt. Parce qu’on s’y est habitués… » Vieil impôt ou non, l’APVF se dit favorable, dans sa résolution finale, « à une solution de remplacement de la taxe d’habitation par un impôt local sur lequel les communes disposeraient d’un pouvoir de taux ». Et appelle l’exécutif à ne pas oublier de réviser les valeurs locatives.

Petites lignes ferroviaires : « des changements sont possibles »

« J’ai pris la décision et je l’assume de ne pas faire porter la régulation de l’investissement sur ces petites lignes. Il serait absurde que depuis un bureau à Paris, on soit en mesure de dire sur tout le territoire national : ça c’est important, ça un peu, ça non, ça c’est essentiel », a lancé Edouard Philippe, réitérant son engagement de ne pas décider de la fermeture de petites lignes ferroviaires depuis la capitale. « Ce qui m’intéresse c’est d’avoir une discussion avec les présidents de régions, les acteurs de la mobilité ».

« Le statu quo n’est pas possible sur le ferroviaire. Mais des changements sont possibles », a ajouté le Premier ministre. De là à comprendre que les fermetures ne sont pas possibles depuis Paris mais pourraient être décidées depuis les chefs-lieux de régions qui y seraient obligées, faute de financements, il n’y a qu’un pas… et une crainte latente chez les élus.

A noter que le Premier ministre a de nouveau défendu d’une phrase, dans la sous-préfecture d’Autun, cœur d’un territoire rural, l’instauration au 1er juillet de la limitation à 80 km/heure sur les routes à double sens sans séparateur central. « C’est une mesure à laquelle je crois et que j’assume. Et je ne crois pas qu’elle constituera une limite à la mobilité ».

Revitalisation : 222 villes « seulement », un choix assumé

Depuis l’officialisation du plan Action Cœur de ville, l’APVF dit à la fois sa satisfaction et son regret de voir plusieurs petites communes non retenues. « 700 communes environ sont confrontées dans le pays » à ces problèmes de dévitalisation de leur centre, estime Christophe Bouillon, dont l’association appuie la proposition de loi sénatoriale pour un Pacte national de revitalisation emmenée par Rémy Pointereau.

« Toutes les petites villes de France ne sont pas identiques. Certains sont un cœur de territoire ; d’autres se trouvent à l’intérieur d’une métropole. Le plan Action cœur de ville n’a pas vocation à accompagner les petites villes se trouvant dans des métropoles, lui a répondu Edouard Philippe. Car c’est la responsabilité de leur métropole », a-t-il justifié. Et l’ancien maire du Havre d’ajouter que « 222, c’est déjà beaucoup. Et nous avons voulu concentrer les moyens sur celles qui étaient le plus dans la cible ».

 

« 1 % métropole » : une demande renouvelée

Lancée en 2016 en amont de la campagne présidentielle, le « 1% métropoles » est de nouveau demandé par l’APVF. Le principe ? « La création de Fonds régionaux de solidarité, alimentés par 1% des recettes de fiscalité professionnelle prélevées par la métropole la mieux dotée de chaque région », détaille la résolution finale de l’association. Qui ajoute que cette ponction « permettrait de garantir que les métropoles jouent leur rôle de premier de cordée, en tirant l’ensemble du territoire régional vers le haut. Il serait affecté par un organe collégial au niveau régional ».

Références

 

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