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Financement des investissements locaux 31/05/2018

Avec la Banque des territoires, la Caisse des dépôts veut doper son offre aux collectivités

par Aurélien Hélias
Emile Lombard et Olivier Sichel, respectivement DG et DG adjoint de la Caisse des dépôts, le 30 mai à Paris © A. Hélias

En fusionnant diverses directions et filiales, la Caisse veut gagner en fluidité pour faciliter prêts de longs termes et conseils en ingénierie financière aux collectivités via un guichet unique. Qui serait ouvert plus encore aux petites communes et intercommunalités en milieu rural, via les directions régionales de la CDC.

Avec le faire-part de naissance de la Banque des territoires adressé en grande pompe à la cité de la mode et du design à Paris le 30 mai – avec pas moins de trois ministres se succédant au pupitre, dont le Premier d’entre eux, Edouard Philippe -, c’est avant tout le message d’une réorganisation plutôt que la création d’un nouveau dispositif qu’a lancé l’établissement bicentenaire.

Car il ne s’agit pas de la création d’une véritable banque en tant que telle mais de la fusion de quatre directions opérationnelles de la « Caisse » : la direction des prêts, la direction des investissements, la direction clientèle bancaire et la direction du Réseau et ses agences régionales, soit 800 personnes dans les chefs-lieux et grandes villes des régions. S’y ajoutent plusieurs filiales et métiers de la Caisse : la Scet, la direction des investissements et du développement local, la direction des fonds d’épargne, et CDC Habitat, ex-SNI.

Davantage de service aux collectivités « clientes »

« Ni établissement bancaire, ni banque publique, ni filiale…, plutôt une construction managérial », résume ainsi Olivier Sichel, directeur général adjoint de la Caisse des Dépôts et responsable de cette nouvelle « Banque des territoires », qui réfute tout besoin de « créer une structure ».

Dans quel objectif et pour quelle valeur ajoutée pour les « clients » que sont les collectivités ? Une logique de « marque », un « guichet unique » et des solutions « sur mesure » pour les acteurs publics locaux, répond le nouveau patron de la CDC, Emile Lombard. « Nous n’avons pas fait cette réforme pour faire des gains de productivité ni pour réduire les effectifs mais pour être plus efficaces, plus rapides et plus fluides vis-à-vis de nos clients, a ajouté Olivier Sichel. Mais plutôt pour augmenter le nombre de prêts ».

Augmenter l’enveloppe totale et le nombre de projets soutenus

Car, la Caisse ambitionne autre chose qu’un simple ripolinage de son organisation, en passant d’un apport de 15 à 20 milliards d’euros, prêts et investissements, aux territoires, à savoir :

  • de 15 à 17 Md€ de prêts au logement social,
  • 1,5 Md€ d’investissements sur fonds propres,
  • 1,5 Md€ de prêts aux collectivités locales,
  • plus 2 Md€ en complément issus du Plan Logement.

Pas question donc de s’imaginer en concurrent du leader du financement public aux collectivités, la Banque Postale, ou en adversaires des banques privées. Le montant octroyé par la vénérable institution aux collectivités est volontairement « faible, car le gouvernement juge que le secteur est bien financé par le secteur privé : les banques sont revenues car nous sommes dix ans après la crise de 2008, décrypte Emile Lombard. La Banque Postale intervient elle dans un secteur concurrentiel pour les prêts jusque 20 ans. » La Caisse priorise ainsi logiquement les prêts longs, de plus de 20 ans, au secteur public local.

Une attention particulière portée aux petites collectivités

Volonté aussi d’apporter  « plus de stratégie, de conseil, de valeur ajoutée aux élus… de tous territoires. Déjà, la direction des investissements accompagnait « des projets très grands des collectivités territoriales, comme le Charles-de-Gaulle express ;  comme de petits projets de cœur de ville, les parkings, les ports de plaisance… » des petites collectivités, assure Olivier Sichel.

Ce sont ces petits projets qui devraient prioritairement bénéficier de la valeur ajoutée apportée par la Banque des territoires, même sil n’est pas prévu de « fléchage » a priori des fonds. « Nous feront beaucoup de prêts à de petites collectivités, car les grandes arrivent à se financer  auprès des banques privées. Par structuration, on est présent dans les zones rurales en finançant les réseaux d’initiative publique », illustre-t-il. Le plan Action Cœur de ville et l’outre-mer, à la suite des assises dédiées, feront partie des prochaines priorités de financement « local ». Le tout avec l’idée d’un meilleur « maillage du territoire » ambitionne Emile Lombard.

Un partenaire « loyal » pour François Baroin, un bon « sparring partner » pour Edouard Philippe

Un objectif loué par le président de l’Association des maires de France, François Baroin, qui considère la Caisse des dépôts comme « le partenaire le plus loyal, le plus familier ». Selon lui, les maires attendent « avec ferveur » cette Banque des territoires dans un contexte de « raréfaction de l’argent public » afin de financer les politiques publiques de proximité.

« Vous avez créé une banque. Pour les territoires. En particulier pour ceux qui, en raison d’un certain nombre de fragilités – économiques, financières, sociales – ne parviennent pas à financer leurs projets, à boucler un tour de table dans des conditions « normales » et avec des acteurs « classiques » a pour sa part appuyé Edouard Philippe. « Quand on préside une collectivité de taille plus réduite, on est souvent seul devant la décision. Et pour prendre cette décision difficile, lourde, avec, je dirais, un maximum de sécurité et de sérénité, on a besoin d’une expertise. On a besoin, comme on dit en bon français d’un « sparring partner » a loué le Premier ministre, féru de boxe. 

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