Open data et RGPD : les territoires ruraux ne doivent pas rater le virage numérique

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Données publiques 25/05/2018

Open data et RGPD : les territoires ruraux ne doivent pas rater le virage numérique

par Pablo Aiquel
Open Data © Adobe/ Maksim Kabakou

Que faire avec les données ? Comment les collecter, les agréger, les utiliser ? Et comment les protéger ? A l’occasion de l’entrée en application du règlement général sur la protection des données (RGPD) ce 25 mai, des territoires ruraux et des collectivités locales comme le département de l’Allier ouvrent le débat sur l’ouverture des base des données (open data). Sans oublier de partager l’information sur internet.

Un dialogue citoyen sur les effets de la transformation numérique en Europe (retransmis en direct sur Facebook live) et une table-ronde sur « Open data : menace ou opportunité », avec des invités de Microsoft, de la Commission européenne et de la CNIL, le tout à la veille de l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD) : la journée organisée le 24 mai par Europe Direct Allier confirme l’intérêt des territoires ruraux pour le virage numérique.

Le début de demain

Le premier constat est que le tournant est fondamental. « Nous sommes à l’amorce de cette transformation : l’internet des objets, les voitures connectées, la cinquième génération des réseaux mobiles, tout ça ce n’est que le début », assure le conseiller de la Commission européenne en charge du Marché unique numérique, Tonnie de Koster.

« Les collectivités n’ont pas encore mesuré qu’elles étaient propriétaires d’une foultitude de données, qui n’ont jamais été agrégées : les comptages sur les routes, le poids des déchets dans les cantines, les kilowatts consommés par collège. Tout cela a une valeur que nous n’avons pas encore appréhendé », renchérit pour sa part le président (UDI) du Conseil départemental de l’Allier, Claude Riboulet.

RGPD et confiance

Bien sûr, la concomitance avec l’entrée en vigueur du RGPD n’était pas due au hasard, et la présence d’un représentant de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), chargée de veiller à son application en France, non plus. « L’Union européenne s’est dotée d’un règlement protecteur. Il faut que les collectivités territoriales prennent conscience que ce n’est pas rien. Ces données viennent des citoyens et il faut faire attention », a expliqué le sénateur de haute-Savoie Loïc Hervé, administrateur de la CNIL.

« Nous avons besoin de têtes de réseau pour irradier sur ces nouvelles manières de travailler. C’est plus qu’une question normative, de nouvelles normes. C’est un changement de civilisation », a-t-il renchéri.

« Les individus n’auront plus confiance dans les collectivités territoriales si elles ne protègent pas les données des citoyens. Il faut des personnes neutres qui vérifient que les organisations publiques ou privées mettent en place des procédures pour protéger et sécuriser les données, qu’elles ne les utilisent que pour ce qui est prévu. Il s’agit de garder la confiance des citoyens ou prendre le risque d’une décontraction sociétale du service public. En ce sens, le RGPD est un levier assez exceptionnel pour revisiter les métiers des collectivités », assure pour sa part Jean-Pierre Quignaux, le conseiller innovation et numérique de l’Assemblée de départements de France (ADF).

Pas réservé aux geeks des métropoles

Certes, les collectivités ont collecté des milliers, voire des millions de données, mais peut-être pas dans des formats exploitables. Et puis celles collectées par les petites communes rurales de moins de 1.000 habitants ne pèseront jamais assez lourd pour être dignes d’intérêt. La responsable développement collectivités de Microsoft, Anne-Claude Poinso bat en brèche les idées reçues : « Souvent, l’on a pensé à rentrer la donnée pour un usage spécifique. Maintenant, il vaut mieux la rentrer dans un format brut, mais commun, et donc réutilisable pour des usages différents. Cette nouvelle façon de collecter touche tout le monde. J’entends également que cela concerne les métropoles et pas les territoires ruraux. Pas du tout ! Il suffit de travailler ensemble, à plusieurs communes ou plusieurs intercommunalités, pour atteindre des masses de données intéressantes à exploiter », plaide-t-elle.

« La numérisation fait disparaître le facteur distance et temps. Fondamentalement tout le mode a la même capacité d’exploiter les données, que vous soyez en ville ou à la campagne. A condition d’avoir la connectivité, et sur cela il faut travailler. Nous ne sommes pas en avance. Nous devons fixer des objectifs, notamment pour la jeune génération. Si nous n’investissons pas dans la requalification de nos concitoyens, nous pouvons perdre du terrain rapidement », martèle le conseiller belge de la Commission européenne, Tonnie de Koster.

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