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Edito 15/05/2018

Un an de relations Etat-collectivités : le discours et la méthode d’Emmanuel Macron

par Aurélien Hélias
Emmanuel Macron © Cédric Lecocq

Un an qu'Emmanuel Macron est à l'Elysée, son premier mandat. De quoi réinventer les relations entre Etat et collectivités territoriales ? Malgré la bonne volonté affichée par le président de la République et Matignon via l'instauration de la Conférence nationale des territoires, les accrocs restent de mise dans le dialogue entre exécutif et territoires. En face, le discours tenu par les associations d'élus n'est pas toujours évident à suivre...

C’était il y a déjà un an : l’Elysée changeait de locataire, laissant alors plus d’un élu dans l’expectative face à un président au CV vierge de tout mandat local. Les premières fritures sur la ligne ont finalement été éteintes par l’instauration d’une méthode saluée par les associations d’élus : deux grands rendez-vous annuels Etat-collectivités entrecoupés de rencontres préparatoires. Avec la Conférence nationale des territoires, plus aucune décision visant le secteur public local ne devait être prise sans la consultation préalable de ses hérauts.

Etat-collectivités, le contrat rompu. Oui, mais voilà, l’exécutif n’a pu s’empêcher de déroger à la règle qu’il avait lui-même établie. Ce fut le budget 2018 qui venait discrètement réduire la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP). Matignon y a renoncé in fine sous la pression des métropoles, mais l’épisode a ravivé les doutes des élus locaux quant aux promesses de l’Etat de compenser à l’euro près la suppression de la taxe d’habitation… Plus largement, l’attitude du gouvernement lors des rencontres bilatérales sous les ors des ministères interroge. De nombreuses et longues réunions mais, à l’arrivée, des dossiers qui traînent en longueur (financement des allocations de solidarité, de l’accueil des mineurs étrangers isolés pour les départements), débouchent sur des décisions ne s’appuyant plus vraiment sur le constat commun effectué auparavant (apprentissage et formation pro pour les régions) et des communes qui n’ont toujours pas digéré le « timing » des coupes dans les emplois aidés.

La peu lisible « convergence des luttes ». Pour autant, l’union sacrée affichée par les principales associations d’élus mi-avril interpelle, elle aussi : au-delà du mot d’ordre commun – halte à la recentralisation -, les raisons du courroux apparaissent hétéroclites. On ne saisit pas toujours le lien avec le penchant jacobin, dénoncé, de l’Elysée.

Même perplexité face au refus de signer les contrats financiers Etat-collectivités. Si les départements peuvent légitimement vouloir régler leurs lourds dossiers financiers avant de s’engager sur leurs dépenses de fonctionnement, on comprend moins l’attitude des régions et des communes, après quatre ans de coupes claires dans les dotations. « Nous ne sommes pas des pleureuses qui se drapent dans une vertu outragée ! » tançait le patron de l’AMF, François Baroin. Certes non. Mais si le trio associatif affiche sa « convergence des luttes », le message envoyé a perdu de sa vigueur, faute de cohérence dans la méthode de contestation.

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