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Aménagement numérique 20/04/2018

Zones blanches : Microsoft à la conquête des territoires ruraux !

par Emilie Denètre
Comps-sur-Artuby, (Var). Parmi les priorités des zones montagnardes, l'amélioration de la couverture numérique © Flickr-CC-PAN.ANT

Auditionnés le 19 avril à l’Assemblée nationale dans le cadre de la mission d’information pour « une nouvelle étape de la décentralisation en faveur des territoires », deux cadres de Microsoft sont venus présenter leur solution pour amener du wifi dans les territoires ruraux souvent pas ou mal connectés. L’idée étant ensuite pour le groupe américain de rentabiliser leur effort en vendant ses services aux professionnels locaux et aux mairies.

« Nous avons la conviction que la révolution digitale peut conduire à rééquilibrage entre les métropoles et les territoires ruraux. Alors qu’un parisien sur deux aimerait quitter la capitale, certaines technologies peuvent permettre aux start-up de se développer dans le rural. C’est en ce sens que c’est intéressant pour nous de vous entendre aujourd’hui » a lancé Jean-François Cesarini, député LREM du Vaucluse, et rapporteur de la Mission, aux représentants de Microsoft.

Enjeu de société et business à conquérir

En effet, à l’heure où la « fracture numérique » occasionne de vifs débats dans les territoires, la réduction des « zones blanches » devient un véritable enjeu de société pour l’exécutif. En novembre dernier, Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires s’était notamment engagé à faire pression sur les opérateurs, via l’Arcep, afin de mener à bien son ambitieuse feuille de route.

Un enjeu de société pour le politique, qui correspond aussi à un marché à prendre pour le géant Microsoft. L’entreprise américaine fondée par Bill Gates mise sur une solution permettant d’amener du Wifi (30-40 mégabits) via les ondes non-utilisées de la télévision. L’idée est ici d’installer un boîtier – développé par Microsoft – sur le point haut d’une commune, le château d’eau par exemple, afin de « distribuer » l’internet aux habitations, elles-aussi équipées. « Ce sont des ondes qui se propagent bien, il n’y a pas besoin de voir la station pour recevoir et envoyer les ondes, c’est une technologie robuste » a vanté Xavier Besseyre des Horts qui s’occupe en France de l’expérimentation baptisée  « Tv White Space ».

La connectivité pour lutter contre les populismes ?

Une belle promesse pour des territoires en mal de connexion, même si pour le moment le prix du boîtier permettant la réception à la maison demeure assez élevé (500 euros, mais sans doute 300 euros très bientôt) en sus de l’abonnement mensuel (autour de 30-40 euros). Par ailleurs, le boîtier « château d’eau » ne peut quant à lui supporter à l’heure actuelle que 25 dessertes.

« Nous avons calqué la carte du vote FN sur celle l’accès à internet des territoires, et il s’avère qu’il y a énormément de similitudes. La connectivité – qui permet l’accès aux informations, la connaissance et aux services – peut être un levier pour combattre les populismes, et c’est en tout cas, ce que nous pensons » a lancé Camille Vaziaga, responsable des affaires publiques de Microsoft. Une analyse politique opportuniste, certes, mais intéressant de près certains responsables politiques concernés par ce phénomène. À ses côtés, son collègue Xavier Besseyre des Horts a quant à lui souligné – plus prosaïquement – que « Microsoft ne souhaite pas devenir un opérateur internet, mais plus développer un écosystème favorisant la vente de ses services aux mairies avec [ses] data center, et aux professionnels locaux (agriculteurs, PME, start-up) ».

Une expérimentation dans le Gers

En vue de valoriser les apports de sa technologie en France, le groupe américain est justement en train de monter une expérimentation dans le Gers. Microsoft attend désormais le feu vert du CSA, assez frileux sur le sujet. En effet, ce dernier craint que la « Tv White Space » ne vienne perturber les ondes TNT et brouillent ainsi les signaux de télévision du territoire.

En attendant, plusieurs pays se sont déjà lancés dans des expériences similaires, notamment les Etats-Unis où 15 États devraient être « testés » ces prochains mois, mais aussi l’Amérique du Sud et l’Afrique du Sud en recherche également de solutions alternatives aux FAI historiques. 

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