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Transports ferroviaires 12/04/2018

Les intercommunalités tiennent à ce que les gares restent publiques

par Hugo Soutra
Gare de Creil, projet - Agence Nicolas Michelin & Associés © Anma

Malgré l'ouverture à la concurrence, les gares devraient rester dans le giron du secteur public afin que les collectivités compétentes dans les domaines de l'urbanisme et des mobilités puissent avoir le mot à dire. C'est du moins l'une des revendications de l'Association des communautés de France (AdCF) dans le cadre du prochain projet de loi d'orientation sur les mobilités.

Un train de réforme peut en cacher un autre. L’AdCF n’a pas attendu la fin de la réforme ferroviaire pilotée par la ministre des Transports, Elisabeth Borne, pour entamer son lobbying visant à améliorer le projet de loi d’orientation sur les mobilités (LOM). L’association d’élus espère que ce texte sera l’occasion de clarifier l’épineux dossier de la gouvernance des gares, a-t-on appris lors d’une conférence de presse organisée mercredi 11 avril. Et pour cause : la prochaine ouverture à la concurrence du transport ferroviaire empêche l’actuel gestionnaire « Gares & Connexions », rattaché à l’opérateur historique (SNCF), de continuer son activité. Pour autant, « nous souhaitons la réinscription des gares dans le patrimoine commun en garantissant la gestion publique de celles-ci » revendique ce groupement d’intercommunalités.

Des intercos « légitimes pour participer à l’organisation et à l’évaluation » des gares

« Morceaux de villes », « pôles d’échanges multimodaux », « lieux de vie », les gares ont un « effet de rayonnement sur chaque bassin de vie » plaide l’AdCF. « Pour beaucoup, les gares représentent l’entrée dans nos villes, dans nos agglomérations. Elles doivent, d’une part, être au centre des politiques d’intermodalité (transports urbains, vélos, véhicules individuels et partagés) de nos territoires, mais aussi être considérée comme un élément à part entière du projet global de territoire » précise son président, à la tête du Grand Annecy, Jean-Luc Rigaut. « Elles peuvent jouer un rôle en matière de cohésion urbaine et territoriale » et « constituer des points d’appui stratégiques pour la revitalisation commerciale des centres-villes et des centres-bourgs. »

Pour l’ensemble de ces raisons, l’AdCF exige d’être intégrée au pilotage stratégique des gares et n’exclue pas que certaines intercommunalités s’engagement directement dans une stratégie d’investissement pour les gares de leurs territoires. « Mobilités, urbanisme, commerce : toutes ces politiques sont liées entre elles » appuie Charles-Eric Lemaignen, premier vice-président de l’association d’élus et chargé des dossiers liés aux connexions avec l’Île-de-France à Orléans Métropole. « D’où la nécessité d’une gouvernance partagée de ces éléments contribuant à la centralité de nos territoires, jouant un effet d’entraînement économique, brassant des enjeux de services. Les gares doivent être gérées par des opérateurs publics, et non pas être aux mains d’un transporteur privé. Sans avoir à se mêler de leur gestion au quotidien, les intercommunalités sont légitimes pour participer à leur organisation et à leur évolution. »

En arrière plan, l’avenir des « petites » lignes ferroviaires 

Ne pouvant s’empêcher de faire le lien entre le réseau ferroviaire et les gares, défendant son « pragmatisme » et appelant ses adhérents à ne pas tomber dans le « dogmatisme », l’AdCF a également fini par réagir à l’actualité ferroviaire. Et à l’éventualité, à moyen-terme, que l’Etat transfère aux collectivités la gestion des petites lignes que le rapport Spinetta préconisait de fermer. « Les régions comme les intercommunalités prendront leur part, mais nous participons déjà au tour de table dans certains cas. Puisque nous payons déjà, nous demandons à être intégré à la gouvernance » revendique Loïc Cauret, à la tête de Lamballe Terre & Mer. Celui qui est aussi président délégué de l’association fait valoir la nécessité d’une évaluation prenant en compte l’aménagement du territoire et pas seulement la rentabilité socio-économique, mais n’exclue pas de concentrer les investissements sur certains tronçons seulement : « ce qui importe, c’est que les habitants aient toujours des solutions de mobilité à leur disposition. Le bus vaut parfois mieux que le train ou la voiture. »

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