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Associations d'élus 10/04/2018

Christophe Bouillon, un député plutôt qu’un maire pour présider l’association des petites villes

par Aurélien Hélias
Christophe Bouillon, député PS de Seine-Maritime, nouveau président de l'APVF

C’est lors d’un conseil d’administration réuni ce 10 avril que l’APVF a porté à sa tête le député (PS) de Seine-Maritime. Il succède ainsi à Olivier Dussopt, entré au Gouvernement fin 2017. Ancien maire d’une commune de l’agglomération rouennaise, Christophe Bouillon devrait porter les revendications de l’association d’élus à l’Assemblée, alors qu’il ferraille actuellement contre la réforme ferroviaire voulue par l’exécutif.

Depuis ce 10 avril, Christophe Bouillon préside l’Association des petites villes de France (APVF). Une certaine continuité pour le député qui, même s’il n’est plus maire depuis trois ans, s’est très tôt engagé dans la vie publique locale.

En 1995, à l’âge de 26 ans, ce fonctionnaire (cadre A) devient conseiller municipal à la faveur de la victoire de la liste PS d’Yvon Robert à Rouen. Six ans plus tard, il est élu maire de Canteleu, commune de 15 000 habitants, partie intégrante de la métropole rouennaise. Un fauteuil qu’il conservera jusqu’en 2014.

Du bloc local à la députation

En 2012, il est élu député et décroche le siège de vice-président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. Puis il est reconduit au Palais Bourbon en 2017 alors que la République en marche ne lui avait pas opposé d’adversaire.

Ancien vice-président de la Crea, la Communauté d’Agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe qui précéda Rouen Normandie métropole  créée début 2010, Christophe Bouillon ne dispose plus de mandat au sein du bloc communal. Mais il est en revanche conseiller départemental depuis les dernières élections de 2015, dans le canton de Barentin.

Contre la réforme ferroviaire… et les 80 km/h imposés sur les routes

Farouche opposant de la réforme ferroviaire et du passage de la SNCF en société anonyme contre laquelle il bataille actuellement à l’Assemblée, il a même défendu une motion de rejet préalable du texte gouvernemental. L’élu était aussi à la mi-mars co-signataire d’une tribune en forme d’avertissement à l’exécutif sur la modification du réseau ferroviaire : « Réserver le ferroviaire aux seules grandes villes ne ferait que créer de nouveaux territoires abandonnés de la République », plaidaient les auteurs dans le journal Le Monde.

Autre dossier « mobilités », et intéressant les petites villes et territoires ruraux, dans lequel l’élu s’est récemment impliqué : la limitation à 80 km/heure sur les routes à double sens sans séparateur central qui s’appliquera au 1er juillet. Le conseiller départemental avait écrit fin janvier à un autre élu normand, en l’occurrence le Premier ministre et ex-maire du Havre, Edouard Philippe, pour lui demander de laisser le choix aux collectivités locales « lorsqu’elles sont gestionnaires des voiries concernées par cette mesure de limitation de vitesse », et que ces dernières puissent « délibérer au cas par cas pour être pleinement associées à la mise en application » de cette nouvelle limitation de vitesse.

Un profil pour peser au Parlement

En choisissant un député et non un maire pour la représenter, l’Association des petites villes de France préfère ainsi favoriser un accès direct au Parlement pour y faire valoir ses positions et propositions d’amendements, comme elle l’avait fait un temps avec Olivier Dussopt, lorsque celui-ci avait dû abandonner son mandat de maire pour se plier au non-cumul mais était resté à la tête de l’association.

Sur un chapitre qui tient à cœur de la l’APVF, la lutte contre la désertification médicale, Christophe Bouillon était ainsi co-signataire de la proposition de loi PS qui entendait encadrer l’installation des médecins libéraux. Une démarche dans laquelle ne s’inscrit pas la stratégie gouvernementale…

A noter enfin que Christophe Bouillon présidait également jusqu’à mi-mars l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, mandat que lui permettait son titre de personnalité qualifiée en tant qu’élu local. Mais son mandat à l’Andra, à la suite d’une modification du code électoral, était devenu incompatible avec celui de député.

Un binôme voire un trio à la tête des petites villes

Comme sous le mandat d’Olivier Dussopt, Christophe Bouillon sera secondé par le maire (UDI) de Saint-Flour Pierre Jarlier, l’ancien sénateur du Cantal prenant le titre de président délégué. Le duo formera même un trio avec Antoine Homé, maire (PS) de Wittenheim (Haut-Rhin), vice-président de l’association.

La première prise de parole officielle du nouveau patron des petites villes pourrait intervenir lors de leur prochain congrès les 31 mai et 1er juin à Autun (Saône-et-Loire).

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