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POUR OU CONTRE 12/04/2018

Faut-il généraliser la rémunération au mérite dans la fonction publique territoriale ?

par Maud Parnaudeau
Social, CCAS © Phovoir

Voulue par l’exécutif dans le cadre de la réforme de la fonction publique, l’introduction d’une part variable au sein de la rémunération des fonctionnaires, aujourd’hui facultative, divise (toujours) les employeurs territoriaux. Béatrice de Lavalette, adjointe au maire (UDI) de Suresnes, et Béatrice Hakni-Robin, vice-présidente (PS) de l'Ille-et-Vilaine, en débattent.

 « La reconnaissance du mérite ne génère aucune tension»

Béatrice de Lavalette, adjointe au maire (UDI) de Suresnes, déléguée aux ressources humaines et au dialogue social

Béatrice de Lavalette

«Mieux reconnaître et valoriser l’investissement et la qualité du travail influe sur la motivation, donc sur la performance de chacun. Je ne peux admettre qu’un agent investi et bien évalué gagne nettement moins qu’un collègue plus âgé, en raison du seul critère d’ancienneté. Le régime indemnitaire de Suresnes, en place depuis 2016, est un dispositif transparent, juste et équitable qui permet de tenir compte, à la hausse et à la baisse, de la valeur professionnelle, du mérite, de la performance et de la volonté de progression des agents, quel que soit leur statut.

Entretien professionnel objectivé. L’année dernière, 12,23 % des agents ont vu leur rémunération évoluer à la hausse et 5,3 % à la baisse. L’indemnité mensuelle peut varier au maximum de 35 %. La reconnaissance du mérite ne génère aucune tension entre les agents parce qu’elle est juste et équitable et qu’elle s’appuie sur un entretien professionnel objectivé. Les recours hiérarchiques contre les évaluations sont passés de 50 sur 1040 agents sous l’ancien système à 16 l’an dernier. Cela prouve que le nouveau dispositif est bien compris. J’ai négocié pendant près de six mois avec les trois organisations syndicales pour la mise en place de ce régime indemnitaire au mérite. »

 « Il ne faut pas focaliser l’agent sur sa seule rémunération »

Béatrice Hakni-Robin, vice-présidente (PS) de l’Ille-et-Vilaine, déléguée au personnel et aux moyens de service 

Béatrice Hakni-Robin

Béatrice Hakni-Robin

«Le mérite ne doit pas donner lieu à une part de rémunération variable mais être récompensé par des progressions de carrière et la mobilité interne. Au département d’Ille-et-Vilaine, nous avons choisi de donner des capacités à évoluer aux agents méritants. Une collectivité n’est pas une entreprise ! Pour mieux reconnaître le travail, il faut donner du sens, de l’autonomie, laisser l’initiative. Il existe des leviers de motivation à travers la reconnaissance non monétaire et le collectif. Il ne faut pas focaliser l’agent sur sa rémunération, et rien que la sienne.

Eviter tout déséquilibre. Nous n’avons pas souhaité instaurer la part variable facultative prévue par le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel. La mise en place de ce « Rifseep » a davantage été l’occasion de gommer les écarts de rémunération entre hommes et femmes en appliquant le principe « à fonction égale, salaire égal ». Introduire une part de mérite, c’était risquer de recréer du déséquilibre. D’ailleurs, le gouvernement tient un discours paradoxal en nous demandant, d’un côté, de réduire nos dépenses de fonctionnement et, de l’autre, de dédier une enveloppe supplémentaire au régime indemnitaire. »

À SUIVRE Un an de négociations. Le ministre de l’Action et des comptes publics a ouvert, en février, le chantier de la nouvelle rémunération des agents publics davantage fondée sur le mérite et les résultats individuels. La concertation avec les syndicats durera un an afin de trouver un compromis autour de cette promesse de campagne du candidat Macron. L’intéressement collectif, consistant à accorder une prime à un service en fonction du respect des objectifs, fera lui aussi l’objet de discussions.

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  1. Oui, je suis d’accord avec vous pour généraliser les salaires des fonctionnaires. Car il faut les rémunérer au mérite

  2. Responsable de service pour une mairie
    En plein débat et négociations rifseep
    C’est plutôt la valeur du point d’indice qui est LE problème majeur
    Dans notre collectivité la part variable est considérée comme trop subjective

  3. Remettre en cause l’évolution par l’ancienneté me semble compliqué vu la faiblesse des rémunérations actuelles de début de carrière. Donc OK pour récompenser le mérite mais à la condition déjà de revaloriser les grilles indiciaires. Un rédacteur principal chargé du recrutement et de la formation dans une commune de 20.000 habitants rémunéré 1.380 euros par mois désolé de trouver que ce n’est pas admissible… Alors le problème de la rémunération du mérite me paraît, pour le moment, secondaire…

  4. Bonjour ,
    Introduire une part au mérite n’est pas une solution prioritaire…….Par contre privilégier une augmentation des dépenses de fonctionnement au sein des divers services des collectivités territoriales sera plus pragmatique et plus fonctionnelle pour l’ensemble des services

  5. Mme Hakni-Robin nous parle de déséquilibre.
    Je suis Agent de Maîtrise et responsable d’un service technique, largement capable de faire le même travail que des agents de cat B ET POURTANT!!! Je ne suis pas super diplômé et cela m’ handicape à chaque fois que je postule sur un nouveau poste….
    La prime au mérite va peut être remettre enfin des personnels de moins en moins concernés, qui viennent juste pour toucher leur paye à la fin du mois (largement plus de 50 % ) et je suis gentil…..
    Il serait également de bon ton d’arrêter de nous parler de l’égalité de salaire entre Homme et Femme sachant qu’il n en est rien dans la fonction Publique (un Grade, une échelle, un échelon identique depuis bien longtemps donc votre discours féministe est obsolète).
    J’ai 50 ans et je suis toujours aussi motivé pour progresser. OUI il est temps de récompenser les bons éléments qui sont motivés et de les faire progresser, cela va peut être enfin remettre notre machine en route .Il est temps également de revoir notre statut qui permet aux personnels peu scrupuleux (arrêt maladie à répétition pour convenance personnelle, motif dépression qui ne permet aucune vérification grâce à des médecins complaisants. Personnel qui vienne par obligation sur leur lieu de travail et qui créé des tensions permanentes. Des personnels qui ont été recrutés en cat c sans aucune compétence et dont nous ne savons plus quoi faire. (Imaginez- vous un agent dans un service technique sans permis de conduire !!!, sans être capable d’entretenir un minimum son matériel d’espace vert et j en passe….)
    Nous sommes en 2018, il est temps d’évoluer et non régresser comme nous le faisons depuis de nombreuses années.

  6. Le salaire au mérite , un vieux fantasme. A Suresnes il y a de plus en plus de contestations, ce qui prouve que rien n’st simple.
    Le statut de la fonction publique s’il est appliqué correctement tient compte du mérite des agnets

  7. cela fait dix sept ans que j exerce seule mes fonctions de gestionnaire de sinistre à la direction de l eau et la propreté j ai du faire intervenir les syndicats pour me permettre d évoluer dans ma carrière car j étais noté 20 depuis 3 ans la prime de mérite elle n existe pas à la mairie de paris

  8. la rémunération au mérite ne peut pas fonctionner temps qu’il y aura du copinage. certains chef de service ont leurs têtes de turc et pour les autres qui brossent dans le sens du poil, ceux là montent les échelons rapidement et voient leurs primes grossir.
    si il y avait une reconnaissance du mérite dans l’administration ça se saurait !
    et c’est du vécu .

  9. Je valide en totalité les propos d’OLivier62. Je l’ai vécu et je le vis encore. Arrêtons de promouvoir (cadre c à cadre B puis A) certains agents bien vu sans examen professionnel, sans qualification malgré 20 à 30 ans de service et qui ne sait toujours pas travailler et ne parlons pas de l’inégalité entre homme et femme une catastrophe.

  10. Bonjour,
    Je partage tout à fait le sentiment de Mme Hakni-Robin. Il suffit de valoriser un agent en raccourcissant la durée entre deux échelons, règle prévue dans les statuts donc : rien à créer. Augmenter la rémunération d’un agent dans un service peut avoir un effet pervers : démotiver des collègues qui se sentent aussi méritants, et qui le sont peut-être réellement. Conclusion : risque de mauvais climat de travail d’équipe qui aura un effet contraire à celui escompté : Rémunération au mérite = moins de « productivité » d’ensemble.

  11. Bonjour,
    Je suis actuellement en catégorie C, plus précisément Ouvrier principal 2e classe.
    J’exerce dans le domaine de Hospitalier, en tant que ( technicien CVC ).
    Je déplore le système qui est entrain d’être mis en place. Actuellement, les notations sont bridées; CàD que la note doit être en majorité 0,25.Le 0,50 et 0,75 sont réservé au méritant et ceux qui ont fait une année exceptionnel.
    J’ai reçu 0,50 en 2016 et 0,75 en 2017, mes responsables, vu le travail fournie, n’ont pas eu le choix que de me noté ainsi.
    A ma grande surprise, j’ai reçu mon avancement d’échelon hier. Quelle rage j’ai eu, quand j’ai vu que plus aucune bonif n’est accordé.
    J’ai des collègues qui font un peux de travail par ci par là, et je me rend compte que le con de l’histoire c’est moi. Progression de grade bloqué, bonification sur la durée des échelons bloquée.
    J’ai perdu toutes motivations dans mon travail, et ne ferai plus le boulot de TH ou TSH pour 1 400 euros. Je pense que la rémunération au mérite, n’est qu’un leurs, et sera de toute façon soumis à cota, comme les notations.

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