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Décentralisation 13/02/2018

Développement rural : Jean-Pierre Raffarin suggère des zones franches interdépartementales

par Emilie Denètre
Le sénateur Jean-Pierre Raffarin, "père" de l'acte II de la décentralisation, juge le département "indispensable"... sauf en en milieu urbain. © Sénat

Auditionné le 8 février à l’Assemblée nationale dans le cadre de la mission d’information pour « une nouvelle étape de la décentralisation en faveur des territoires », l’ancien Premier ministre a esquissé les contours d’une politique volontariste au bénéfice des territoires ruraux. Pour lui, la solution pourrait être de créer, sur le modèle des zones franches, des espaces de développement économique au croisement de plusieurs départements.

Il y a 15 ans, Jean-Pierre Raffarin paraphait en tant que Premier ministre l’acte 2 de la décentralisation avec la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 sur « l’organisation décentralisée de la République ». Huit ans plus tôt, Charles Pasqua signait la loi du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire en tant que ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire. Pour quels résultats sur la vitalité des territoires ruraux ? « Au fond depuis 30 ans, on a raté toutes nos politiques de soutien à la ruralité. On a fait des plans, on a fait des lois, mais globalement le soutien est raté… et je suis responsable comme les autres », a acté Jean-Pierre Raffarin aux députés de la mission d’information pour « une nouvelle étape de la décentralisation en faveur des territoires », le 8 février.

Ruralité connectée contre ruralité isolée

Et l’ancien Premier ministre de pointer du doigt cette fracture entre une « ‘ruralité connectée’ – qui se situe à 30 km de la grande ville, où le mode de vie est rural mais l’emploi essentiellement urbain – et la ‘ruralité isolée’, située à 60 km de la ville et en perte démographique ».

Pour l’ancien sénateur de la Vienne, qui a abandonné ses mandats politiques en juillet dernier, l’agrandissement des intercommunalités et l’absorption de cette « ruralité connectée » dans le périmètre des grandes villes, ne fait d’ailleurs qu’isoler un peu plus les zones éloignées et toujours plus en difficulté.

Zones franches rurales sur plusieurs départements

« Je pense qu’il faut prendre le sujet par l’angle de la démographie et se poser la question : comment peut-on redévelopper de l’activité dans ces territoires fragiles ? » interroge l’ex-Premier ministre avant de poursuivre : « On pourrait ainsi tenter une opération comme les zones franches mais à une échelle interdépartementale. Par exemple, au croisement de la Lozère, du Cantal et l’Aveyron, vous avez une petite zone, qui grâce à une fiscalité hyper attractive deviendrait une zone de développement spécial ».

Orne/Mayenne/ Manche ou Marne, Aube, Meuse : Jean-Pierre Raffarin a multiplié les exemples de territoires qui selon lui pourraient accueillir ce type d’expérimentation. « Le but étant de ramener plusieurs milliers d’emplois afin de densifier ces pôles ruraux », quant au pilotage, il serait forcément « interdépartemental, une manière aussi de changer notre système » explique-t-il.

Un développement économique avant l’objectif démographique

Pour l’ex-président de l’ex-région Poitou-Charentes (1988-2002), le développement économique est donc le prisme qui permettrait de faire revenir une population sur ces territoires délaissés sans « affaiblit les métropoles ». « On peut toujours sauver la dernière boulangerie du village, mais s’il n’y a personne pour acheter du pain, vous ne vendrez pas de pain. Donc, soit la France a une impulsion sorte en matière de développement économique dans ces territoires, soit il ne restera plus que les populations migrantes pour s’intéresser à ces territoires », a conclu Jean-Pierre Raffarin. 

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  1. Très favorable à une impulsion en matière de développement économique dans ces territoires ruraux qui se désertifient faute de travail
    Par dépit, les habitants des territoires ruraux sont obligés de partir. Arrêtons de tout concentrer sur les villes, on n’a pas tous la même sensibilité.

  2. Pasqua, loi de 1995, Raffarin 2003 et sa grande idée de décentralisation, à jeter. Ils ont voulu organiser sans comprendre ce qu’était le milieu rural d’alors. Regrouper est une mauvaise solution concernant les populations et ça coute plus cher. Leur appliquer des règles d’urbanisme comme les grandes villes est une hérésie.

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