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Aménagement du territoire 06/02/2018

La cohésion des territoires dopée par le développement du coworking ?

par Aurélien Hélias
Espace de coworking © Adobe/Andriy Bezuglov

La fracture numérique territoriale, qui sépare aussi souvent les territoires économiquement dynamiques de ceux en déprise, pourrait trouver - en partie - une solution dans la multiplication des espaces de travail collaboratif en parallèle du plan Très haut débit. C’est du moins le pari fait par le secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, qui vient de confier une mission sur le sujet au président de la Fondation Travailler autrement

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Cohésion des territoires : une ambition renouvelée

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C’est la dernière carte jouée par l’exécutif pour réduire les fractures territoriales, après l’annonce du plan très haut débit : le développement, lié, d’espaces de co-working dans des zones éloignées des bassins économiques des grandes et moyennes villes. « Le numérique permet de redéployer des perspectives de travail sur le territoire, à travers le télétravail mais aussi de nouvelles formes d’emploi. C’est dans cette optique du “ travailler autrement ”que des espaces de coworking se multiplient, que ce soit dans les ruralités, les villes moyennes ou les métropoles. Ils créent de nouveaux collectifs de travail, de partage, d’engagement et sont également des lieux de vie et de rencontres professionnelles », veut croire le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie.

Raison pour laquelle ce dernier a lancé le 5 février une « mission Coworking, afin d’identifier les modèles les plus adaptés aux territoires », le numérique devant permettre « de redéployer les perspectives de travail sur le territoire, à travers le télétravail mais aussi à travers les nouvelles formes d’emploi ».

Six mois pour définir les modèles économiques

La mission a été confiée a Patrick Levy Waitz, président de la Fondation Travailler autrement, qui promeut les formes innovantes d’organisation du travail et les nouvelles formes d’emploi. Au-delà du diagnostic à établir sur les espaces de coworking et leur déploiement, l’objectif assigné à Patrick Levy Waitz  à « identifier les modèles les plus adaptés aux territoires et les modèles économiques les plus performants » et à proposer des mesures concrètes pour développer « ces lieux d’innovation sociale, favorisant l’émergence et l’incubation de nouveaux services », le tout dans un délai de six mois.

Il sera appuyé dans sa tâche par le Commissariat général à l’Egalité des territoires, déjà à l’origine d’un plan national de déploiement du télétravail dont les bases avaient été jetées au printemps 2017.

Un contexte qui « favorise le nomadisme pour les actifs »

La difficulté de la mission relève tout autant d’une meilleure répartition géographique de ces espaces de coworking sur le terrain, aujourd’hui paradoxalement bien mieux installés dans les grands centres urbains que dans les territoires que dans les milieux ruraux et les villes moyennes où l’exécutif aimerait les voir se multiplier. « Les 600 espaces de coworking recensés en France restent majoritairement concentrés en Ile-de-France, constate ainsi le président de la Fondation Travailler autrement.

Pour Patrick Levy Waitz, « Il est essentiel d’étendre leur dynamique à l’ensemble du territoire car leur développement accompagne l’émergence de nouvelles formes de travail, de services et d’engagement. L’accélération de la couverture numérique en France mais aussi la transformation des usages digitaux dans le milieu professionnel participent de cette évolution et favorisent le nomadisme pour tous les actifs », estime-t-il dans un communiqué.

Le télétravail poussé par les acteurs publics… et Google

En instaurant une mission dédiée, l’exécutif tente de doper une orientation déjà esquissée par les acteurs publics pour lutter contre les fractures territoriales et l’éloignement de certains territoires ruraux des grands pôles économiques urbains. Et notamment par le précédent Gouvernement. Ainsi, un plan national de déploiement du télétravail élaboré avec les associations d’élus et les partenaires sociaux était annoncé comme l’une des 48 mesures du premier Comité interministériel aux ruralités de mars 2015.

A une échelle plus locale, le développement du télétravail sous toutes ses formes est assu un axe de développement de plusieurs coopérations ville- campagne, à l’image du contrat de réciprocité entre Toulouse métropole et le pays des portes de Gascogne (160 communes, 71 100 hab.)

Enfin, plus récemment, c’est le think-tank Terra Nova, aidé par Google pour l’occasion, qui imaginait pouvoir remédier au décrochage des territoires ruraux par le biais du numérique. Le duo formé par le cercle de réflexion et le géant du web souhaitait organiser une négociation interprofessionnelle visant à offrir un cadre légal minimal pour le télétravail. 

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  1. Bonjour,
    Monsieur Patrick Levy Waitz affirme que « Les 600 espaces de coworking recensés en France restent majoritairement concentrés en Ile-de-France. Que c’est bien mal connaître le territoire et les universités françaises. Je vous invite à Lille afin de constater qu’à travers la 3e révolution industrielle (Rev3), la mutation sociétale des espaces de travail (coworking, teckshop, fablab…).
    Rendez-vous notamment à Make Faire Lille du 9 au 11 février au tripostal de Lille!

  2. Les grandes villes ont toutes leurs espaces de coworking et de nombreux coworkers pour les remplir : Paris, Rouen, Lille, Marseille, Lyon, Metz…

    Mais ici dans un milieu « rural » ou des petites villes, comme Chalon-sur-Saône, alors que nous avons un vivier de travailleurs indépendants et de travailleurs nomades de passage dans la ville, nous sommes confronté à une profonde méconnaissance du potentiel de ces espaces, voire de leur existence tout simplement.

    J’espère, en tant que créateur bien sûr, mais aussi pour les futurs créateurs, que M.Levy Waitz saura prendre en considération l’ensemble des acteurs dans ce domaine : ce n’est pas parce qu’un espace est « privé » (vs. service publique ou associations) qu’il n’en reste pas moins un service « d’utilité publique » aux entreprises locales. Et devrait donc pouvoir bénéficier du soutien d’acteurs locaux (je prêche pour ma paroisse évidemment mais le fond reste vrai)… En espérant ne pas être dans l’erreur.

    Merci d’avoir lu ce bref commentaire !

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