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Formation des élus locaux 05/02/2018

Les villes et régions européennes voudraient elles aussi « leur » Erasmus

par Isabelle Smets
Europe2_Phovoir © Phovoir

Le Comité des Régions de l’UE demande la mise en place d’un « Erasmus pour les autorités locales et régionales ». Un projet porté par le maire de Saint-Omer François Decoster. Qu’il espère voir démarrer dès l’année prochaine.

Cela fait deux ans qu’il porte l’idée. François Decoster, maire (UDI) de Saint-Omer et vice-président des Hauts-de-France, a reçu le soutien unanime du Comité des Régions (CdR) de l’UE, le 31 janvier, pour demander la mise en place d’un « Erasmus des élus locaux et régionaux ». Un programme qui combinerait à la fois un volet formation aux politiques de l’UE et mobilité pour aller à la rencontre d’autres territoires et de ce « Bruxelles » qui reste encore une énigme pour de nombreux élus.

A l’heure où le programme dédié aux échanges universitaires entre étudiants des 28 Etats européens maintenant Erasmus – on dit désormais « Erasmus + » – fête ses trente ans, le maire veut reproduire la recette du succès. « Quelles que soient les communes d’Europe, nous avons souvent des défis communs. On se pose souvent les mêmes questions. Et parmi les réponses, il y a une part d’Europe », explique François Decoster.

Projet pilote en 2012

L’idée ne part pas vraiment d’une feuille blanche. En 2012 et 2013, l’UE avait déjà mis en place un projet pilote, auquel le maire avait lui-même participé. Gros succès à l’époque, avec plus de 1000 candidatures pour 100 places disponibles.

Mais le projet, porté alors par la Direction générale de la Politique régionale et urbaine (DG REGIO), en charge de la politique de cohésion, ne connaît pas de suite. A l’époque, celle-ci fait le choix de se focaliser sur les instruments existants, notamment l’assistance technique mise en place dans le cadre des Fonds structurels. Un risque de double emploi auquel le projet de François Decoster pourrait se heurter ? « Non, soutient ce dernier, parce que ces outils prévoient une formation mais sans l’aspect mobilité. Ce qui est important, c’est de combiner une vraie formation et une vraie rencontre avec les acteurs des institutions de l’UE et avec la réalité d’autres territoires. »

Une mise en œuvre dès 2019 ?

Avec son rapport voté à l’unanimité, François Decoster se dit investi du mandat nécessaire pour continuer à travailler avec la Commission et le Parlement sur « les outils techniques » qui permettraient d’inscrire son projet dans la durée, après 2020.

Serait-ce même jouable dès 2019, comme le souhaitent les élus locaux et régionaux européens ? « On ne peut pas répondre aujourd’hui », temporise le maire, puisqu’il faut, avant tout, dégager un budget. Mais dans la foulée du vote, des pistes « pour avoir une première ébauche de programme l’année prochaine » ont été évoquées avec la DG Education, indique-t-il aussi.

Prudence affichée par la Commission européenne

Contactée, une source de la Commission met cependant en avant les « nombreuses initiatives d’apprentissage par les pairs déjà en place pour contribuer au renforcement des capacités au niveau régional et local », à l’image du programme REGIO Peer2Peer, ou d’activités organisées dans le cadre de la Semaine européenne des villes et régions, événement se tenant chaque année à Bruxelles. Et d’estimer que les élus devraient « saisir pleinement ces opportunités ».

Le Comité des Régions, lui, dit vouloir obtenir, dès cette année, l’appui du Parlement européen pour inscrire un projet-pilote dans le budget de l’UE qui sera mis en œuvre l’année prochaine. En plénière, il a reçu le soutien de l’eurodéputée italienne Mercedes Bresso, ancienne présidente du CdR.

 

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