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Association d'élus 25/01/2018

Les villes moyennes se rabibochent avec le gouvernement (pour l’instant)

par Hugo Soutra
Caroline Cayeux, présidente de Villes de France, prend la parole aux côté de Jean-François Debat et Jacques Mézard © Villes de France

A l'occasion de ses vœux, l'association Villes de France a réaffirmé sa satisfaction de voir un gouvernement partager ses vues sur l'importance de soutenir davantage les villes moyennes . Une position qu'ils attendaient depuis les années 1970. Caroline Cayeux (LR) et Jean-François Débat (PS) ont néanmoins dressé quelques lignes rouges sur lesquelles ils resteront vigilants en 2018.

Tout indique que 2018 ne ressemblera pas à 2017. Semaines après semaines, l’exécutif semble parvenir à amadouer les associations d’élus. Comme les changements de pied de France Urbaine et Régions de France observés lors des cérémonies de vœux précédentes, Villes de France met à son tour de l’eau dans son vin. Après avoir été « trop longtemps les laissées pour compte des politiques d’accès aux soins, à la culture, à des transports de qualité, au très haut débit ou encore à un enseignement supérieur de proximité, ce n’est plus le cas » a expliqué Caroline Cayeux, présidente de l’association représentant les villes moyennes. Je ne peux que m’en réjouir » s’est félicitée la maire (LR) de Beauvais, saluant cette nouvelle coopération entamée avec le gouvernement.

Un plan d’action bien reçu, mais pas ses retards…

« Nos collectivités ont été au cœur des deux CNT où, pour la première fois depuis plus de 40 ans, un plan spécifique aux villes moyennes [ndlr, plan « Action cœur de villes »] a été annoncé puis présenté. Je ne puis que me féliciter, en outre, de la collaboration très étroite de notre association à son élaboration. » Un satisfecit appuyé par le vice-président de Villes de France et maire (PS) de Bourg-en-Bresse, Jean-François Débat. Ce qui n’a pas empêché le bureau de l’association, une fois passé la distribution des bons points, de notifier quelques points de vigilance. A commencer par les délais plus que serrés d’identification des 200 à 250 villes susceptibles de bénéficier de ce plan devant rassembler et coordonner plusieurs financeurs potentiels (Caisse des Dépôts, Action logement, ANAH, etc) pour accélérer les projets de revitalisation.

Si le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, a dit entendre cette inquiétude, il ne semble pas avoir changé de position pour autant. « Nous disposons d’un quinquennat pour permettre à un maximum de villes de bénéficier de ce plan, mais il faut bien commencer. J’ai demandé aux préfets de faire le point sur les villes les plus à même de démarrer rapidement pour enclencher le processus, mais nous voulons surtout donner un coup de main aux villes qui en ont le plus besoin, qui décrochent le plus, ont des difficultés d’accessibilité ou bien encore qui connaissent une perte de population. C’est ma vraie volonté politique. » 

A noter que pour les villes qui ne seraient pas prêtes en février 2018, une nouvelle salve de bénéficiaires devrait être annoncée en 2019.

En finir avec le « bricolage d’impôts divers »

Villes de France met également en garde le gouvernement contre la réduction du sujet du développement économique des villes moyennes « à la seule vitalité de nos centres-villes » ou encore les conséquences de « l’éventuelle dégradation de la situation des bailleurs sociaux, particulièrement les offices publics de l’habitat (OPH) » sur leurs projets de construction de logements comme leurs programmes de rénovation dans le cadre notamment du PNRU 2.

En ce qui concerne la future réforme de la fiscalité locale, Jean-François Débat a indiqué vouloir de la simplicité et de la clarté, à l’inverse du « bricolage d’impôts divers » censés compenser la fin de la taxe professionnelle. Sa présidente a, pour sa part, redit son souhait de « faire de la suppression de la taxe d’habitation une opportunité pour réformer une fiscalité locale de plus en plus déconnectée de nos capacités et de la situation de nos territoires. En matière de transports, nous ferons du maintien de la desserte ferroviaire dans nos villes une priorité, tout comme l’amélioration du réseau ferroviaire des lignes du quotidien » a-t-elle également insisté.

L’appui du président de l’AMF

Bref, « rien d’original ni de bien disruptif pour reprendre une expression du “nouveau monde”a-t-elle reconnu, amusée, mais le gouvernement devra bel et bien compter sur Villes de France. L’association semble déterminée à « faire de ce quinquennat une opportunité pour revenir sur des politiques publiques où les métropoles sont l’alpha et l’oméga de toute ambition. » Profitant de la période des vœux, Caroline Cayeux en a aussi profité pour dresser quelques hypothèses d’action pour le gouvernement : « je forme le souhait que la contrainte budgétaire et l’encadrement normatif ne soient plus le cœur de la relation entre Etat et collectivités […] il y a une occasion unique pour inventer une nouvelle forme de contractualisation, qui ne s’ajouterait pas aux multiples contrats existants, mais qui se substituerait à ceux-ci. »

Le président de l’Association des maires de France (AMF), François Baroin, s’était également invité à la cérémonie de vœux de Villes de France et a pu prendre la parole. « Tout comme France Urbaine ou d’autres, votre association est importante et apportera sa contribution aux travaux de l’AMF. Nous serons force de propositions en 2018 afin de garantir que les collectivités continuent de disposer de ressources propres et que le lien entre les impôts des contribuables-usagers et le financement des services publics locaux soit conservé. Nous profiterons également de la révision constitutionnelle pour réécrire l’article 72 et garantir le principe de libre-administration des collectivités et conforter notre République décentralisée » a listé François Baroin, maire (LR) de Troyes.

Si la lune de miel n’est pas encore d’actualité, les relations entre l’Etat et les élus locaux semble se pacifier au point de retrouver peu à peu une ambiance de travail studieuse. « Je reste un élu local comme vous et l’Etat, c’est nous tous » a d’ailleurs assuré Jacques Mézard, ne pouvant s’empêcher au passage de rappeler… qu’en tant qu’ancien président d’agglomération, il n’avait « aucun remerciement à faire à aucun gouvernement ces dix dernières années. »

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