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Prévention de la radicalisation 29/01/2018

« La dimension sociétale et culturelle de la radicalisation » nécessite l’engagement des élus

par Hugo Soutra
Jean-Marie Bockel © Sénat

Le patron de la délégation du Sénat aux collectivités territoriales, Jean-Marie Bockel, dresse le bilan de l'implication des pouvoirs publics sur le délicat dossier de la prévention de la radicalisation. D'après cet auteur d'un rapport sur le sujet, "l'essentiel du travail reste devant nous" et tout particulièrement devant les élus locaux. Interview.

Cet article fait partie du dossier:

Les collectivités territoriales engagées contre la radicalisation islamiste

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Trois ans et demi après les premiers plans de prévention de la radicalisation, comment expliquez-vous un tel retard à l’allumage ?

La prévention de la radicalisation est un sujet bien plus régalien encore que celui de la sécurité intérieure sur lequel l’Etat et la plupart des collectivités commencent tout juste à travailler conjointement. Cela nous oblige à revoir les modalités du partenariat. L’Etat doit faire son travail de renseignement et de sécurité, sans que les villes ne cherchent à s’y substituer. Ce qui ne veut pas dire que les élus ne disposent pas de marges de manœuvre, comme nous l’avons montré avec Luc Carvounas dans notre rapport pour la délégation du Sénat aux collectivités territoriales.

N’y a-t-il pas eu une sorte de déni, tout de même ?

Il y a bien sûr des cas extrêmes, avec des élus de certaines communes qui se sont tellement laissés gangrener par la mentalité salafiste – par laisser-faire ou clientélisme électoral – qu’elles sont aujourd’hui devenues totalement impuissantes sur cette question. Mais, pour beaucoup, ce phénomène nouveau ne relève tout simplement pas de leur cœur de métier. Conscients que la radicalisation comporte une forte dimension sociétale et culturelle allant donc bien au-delà du risque terroriste, certains élus commencent à prendre leurs responsabilités.

Comment la France peut-elle passer à la vitesse supérieure ?

La réflexion des services de l’Etat, sous l’égide du SG-CIPDR, avance. Mais l’essentiel du travail est encore devant nous ! Lorsque le gouvernement s’emparera pleinement du sujet, une volonté d’agir naîtra dans les territoires concernés. Ils pourront alors dupliquer les expérimentations réalisées ici ou là par les responsables volontaristes des services déconcentrés et les élus pionniers.

Que peuvent faire les collectivités ?

En attendant ce signal politique, les collectivités doivent veiller à ce que leurs agents publics ou des partenaires associatifs ne tombent pas dans la facilité et ne véhiculent pas des idées antirépublicaines et victimaires. Elles doivent aussi alerter les rectorats et l’Education nationale sur le développement rapide de la scolarisation dans des écoles hors contrat ou l’école à domicile.

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  1. Bonjour,

    Je suis étudiante en M2 Sécurité internationale et défense à l’Université Jean Moulin Lyon 3, et je serai très intéressée pour acheter ce numéro du Courrier des Maires. Néanmoins je n’arrive pas à le faire. Quand je clique sur « Commandez ici le n°319″, je tombe sur le site de La Gazette qui m’indique que mon panier et vide, et quand je cherche ce numéro là, je ne le trouve pas. Pourriez-vous m’aider?

    Je vous remercie infiniment de votre aide,

    Mélanie V

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