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Edito 10/01/2018

L’exercice de l’Etat

par Aurélien Hélias
Palais de l'Elysee, salon Murat © Flickr/N-Nova

En moins d’un mois, fin 2017, l’exécutif a exacerbé les attentes des élus locaux sur des sujets hier essentiellement régaliens mais qui ne peuvent plus faire, aujourd’hui, l’économie d’une étroite collaboration entre Etat et collectivités.

C’est d’abord la police de sécurité du quotidien (PSQ) dont le lancement en bonne et due forme a été retardé. Malgré son objectif fixé par le chef de l’Etat de « retisser avec les associations, les élus locaux, la police municipale, des formes d’action rénovées », la PSQ peine à se dévoiler. France urbaine dénonce « la méthode choisie par le gouvernement pour organiser les concertations ». Moyens humains, outils d’accompagnement, potentiel report de charge de la police nationale vers les polices municipales… Les élus des grandes agglos ne croient plus guère à une expérimentation dès janvier pour les quinze territoires retenus et somment l’Etat d’avancer « un cahier des charges clair et détaillé pour maintenir leurs candidatures ».

Appel des maires. Puis vint le dossier migratoire. En parallèle des interrogations sur le décalage entre le discours humaniste d’Emmanuel Macron et le caractère répressif de la circulaire Collomb dépêchant des « équipes mobiles » dans les centres d’hébergement d’urgence pour y recenser les étrangers, les élus ont pris la plume pour mettre l’Etat devant ses responsabilités d’accueillir les migrants et de traiter les demandes d’asile.

Comme un lointain écho au candidat Macron « et de droite et de gauche », sept maires de grandes villes, de droite comme de gauche, de l’écolo Eric Piolle (Grenoble) aux LR Alain Juppé (Bordeaux) et Jean-Luc Moudenc (Toulouse), ont cosigné la tribune du PS Roland Ries (Strasbourg) dans « Le Monde » appelant l’Etat « à ne plus se contenter de places supplémentaires d’hébergement, ouvertes quelques semaines en période de froid puis fermées aux beaux jours » et à collaborer avec les villes réunies en réseau pour travailler à « un véritable plan d’accueil des migrants ».

Navigation à vue. Enfin, c’est le plan de lutte contre la radicalisation, annoncé pour fin 2017 et désormais attendu pour le « début d’année » 2018, qui interroge. Car si l’exécutif a été prompt à fermer le centre de déradicalisation de Pontourny, il s’est montré bien moins empressé de dévoiler sa politique alternative.
D’ici là, les collectivités naviguent à vue et expérimentent tant bien que mal différents dispositifs, comme le montre notre enquête. Mais sur ce dossier comme sur les autres, qu’il soit question de financements, de ressources humaines ou d’implication politique de l’exécutif, l’Etat ne peut plus faire l’économie en 2018 de l’exercice du pouvoir, même partagé avec les collectivités.

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