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Réponse ministérielle 08/01/2018

L’Etat ralentira-t-il la numérisation « forcée » des services publics ?

par Hugo Soutra
service public numerique © Ville de Massy

La numérisation des services publics n'est pas sans poser question sur leur accessibilité aux publics les plus fragiles, modestes et/ou âgés. De quoi justifier une certaine retenue dans la numérisation à marche forcée? En rien, a répondu le ministère de l'Intérieur à une question posée par un parlementaire. L'exécutif mise davantage sur la médiation et l'accompagnement des usagers.

A l’heure de la dématérialisation des services publics, « la généralisation d’internet pose de très sérieuses difficultés aux personnes âgées vivant seules ». Le député (UDI) du Bas-Rhin, Antoine Herth, en a acquis la certitude lorsque ses collaborateurs lui ont raconté le cas d’une citoyenne de plus de 80 ans s’étant vue imposer de prendre un rendez-vous par internet pour renouveler son permis de conduire à la sous-préfecture. Mais le ministère de l’Intérieur ne semble pas avoir encore pris conscience de l’ampleur du phénomène. Dans leur réponse, les services de Gérard Collomb insistent sur la mise en place de près de 300 « points numériques » dans les préfectures et sous-préfectures. Des médiateurs y fournissent un accès simplifié aux « populations touchées par la fracture numérique – raisons technologiques, géographiques ou culturelles – que peuvent être les personnes âgées ».

Autres dispositifs évoqués : l’accès aux téléprocédures du ministère de l’Intérieur dans les maisons de services au public (MSAP), ainsi que la mise en place récente d’un serveur vocal interactif destiné aux usagers les plus fragiles. En soi, la place Beauvau s’inscrit dans l’ère du temps à l’heure où le gouvernement insiste sur la nécessaire « transformation du service public » et son irrémédiable adaptation aux flux démographiques, notamment à l’exode urbain dont sont victimes les territoires ruraux.

A noter toutefois que le secrétariat d’Etat au numérique semble, pour sa part, conscient des difficultés d’accès au numérique d’une dizaine de millions de Français. Alors que les élus ruraux doutent de la durabilité des mesures prises en compensation de la fermeture de guichets, à l’instar des permanences dans les MSAP qui ne s’avèrent pas toujours pérennes dans le temps, une stratégie nationale pour un numérique inclusif sera arrêtée en mars 2018. Charge ensuite aux départements de la décliner d’ici l’été prochain via des schémas recensant les parcours d’accompagnement et de formation au numérique.

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