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Sécurité 11/12/2017

Police de sécurité du quotidien : une police de proximité bis ?

par La rédaction
Police municipale © Flickr-CC-JLZimmermann

Alors que les associations d'élus telle France urbaine s'impatientent face au manque de précisions de l'exécutif sur ce que sera la Police de sécurité du quotidien, le ministère a souhaité de nouveau se démarquer du modèle de la Police de proximité dans une réponse écrite à une parlementaire. Reste qu'une instauration au 1er janvier 2018 parait de moins en moins probable...

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Au cœur de l’été 2017, le ministère de l’Intérieur avait détonné en annonçant la mise en place prochaine d’une « police de sécurité du quotidien ». Dans un contexte budgétaire contraint, à une époque marquée au fer rouge par la lutte contre le terrorisme, d’aucuns s’étaient étonnés de ce retour en grâce de la lutte contre l’insécurité. Sollicité par la députée (LR) de la Marne, Valérie Beauvais, Gérard Collomb a distillé, début novembre, quelques nouveaux éléments sur les missions et objectifs qui seront assignés à ce nouveau corps, « au-delà de l’opposition dogmatique entre police de proximité et police d’intervention ». Insistant sur leur « présence » accrue sur le terrain et la place centrale qu’ils donneront au « service rendu à la population », ces policiers devront renforcer les liens entre police, habitants et acteurs locaux de la prévention et de la sécurité : acteurs associatifs, élus locaux et policiers municipaux.

« Alléger la procédure pénale » et « les tâches indues » des agents

« Davantage intégrée au tissu social des quartiers », il s’agira d’une police « qui lutte contre les trafics, violences, cambriolages, incivilités dans la rue et les transports, rodéos sauvages et autres occupations d’entrées d’immeuble : autant de faits de délinquance et de nuisance qui nourrissent le sentiment d’insécurité et donnent l’image de l’impuissance publique ». Une feuille de route ambitieuse, qui implique nécessairement « des moyens humains, matériels et technologiques », reconnaît le ministère de l’Intérieur. Ainsi, la mise en œuvre de la PSQ sera « concomitante avec l’allégement de la procédure pénale et la suppression des tâches indues, pour permettre aux policiers de se concentrer sur leur cœur de métier ».

A l’issue d’une concertation lancée en septembre avec « des associations d’élus, les organisations syndicales de la police ainsi que des représentants des policiers municipaux ou des entreprises de sécurité privée […], une nouvelle doctrine sera arrêtée en fin d’année ». Différents dispositifs seront déployés début 2018 sur des « terrains d’expérimentation aux caractéristiques diverses – urbains, périurbains et ruraux » sélectionnés durant le mois de décembre.

France urbaine demande d’urgence des « clarifications »

Malgré ces précisions écrites, les contours de la « PSQ » se font attendre, ce qui ne manque pas d’agacer l’association des élus des grandes agglomérations, surtout au regard d’une mise en œuvre annoncée par l’exécutif pour le 1er janvier 2018, presque demain…

« Les témoignages, issus des concertations en cours, soulèvent inquiétudes et interrogations : la méthode choisie par le gouvernement pour organiser les concertations au niveau local laisse apparaître, jusqu’ici, des situations pour le moins hétérogènes tant en termes de formats, que d’acteurs associés. Cela laisse craindre une prise en compte inégale des préoccupations des élus locaux », alerte France urbaine dans un communiqué du 7 décembre. Et l’association d’élus de pointer le même flou sur les moyens financiers et humains de cette nouvelle force locale de sécurité : « les précisions attendues sur les moyens humains et les outils d’accompagnement n’ont toujours pas fait l’objet de clarifications, alors qu’il s’agit là d’un préalable indispensable à toute expérimentation et alors même que les premières réflexions présagent d’un report de charges des missions de la police nationale vers les polices municipales  ».

Janvier 2018, objectif irréaliste ?

Conséquence : « les élus de France urbaine attendent de l’Etat un cahier des charges clair et détaillé pour maintenir leurs candidatures », clament les deux co-présidents de la commission sécurité de l’association, Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, et François Rebsamen, maire de Dijon. « L’objectif d’une expérimentation dès janvier 2018 semble donc, en l’absence de clarifications urgentes, difficile à atteindre », concluent-ils

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