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100EME CONGRES DES MAIRES 23/11/2017

Jacques Mézard se fait le VRP de la « cohésion des territoires »

par Hugo Soutra
François Cuillandre, Jean-Louis Puissegur, Carole Delga et Jacques Mézard débattent le 22 novembre au congrès des maires de l'avenir des ruralités. © Fabien Calcavechia

A l'heure où le creusement des inégalités territoriales s'impose dans le débat politique et préoccupe un nombre croissant d'élus locaux, notamment ruraux, Jacques Mézard a eu l'occasion de faire de la pédagogie sur l'un de ses sujets de prédilection. De ses concepts d'alliance et de dialogue aux contrats de réciprocité en passant par l'Agence de la Cohésion des territoires, le ministre et ex-sénateur est revenu sur ses principaux dossiers du moment.

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Congrès des maires 2017 : tous les enjeux, tous les débats de la centième édition

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Devant un auditorium de maires particulièrement remonté, ayant tous des cas concrets à présenter pour documenter les inégalités territoriales, l’abandon de l’Etat, le retrait des services publics ou bien encore les déserts médicaux, la tâche de Jacques Mézard n’avait rien de simple. Devenu ministre de la Cohésion des territoires et devant assumer la politique budgétaire de l’exécutif, l’ancien sénateur (RDSE) du Cantal est pourtant parvenu à s’en sortir par le haut. Il faut dire qu’il ne connaît que trop bien sa partition, lui qui n’a eu de cesse de se battre dans sa vie précédente contre les politiques de « déménagement du territoire » et les effets néfastes de la métropolisation.

Alliance des territoires et réciprocité urbain-rural

Jacques Mézard a d’abord prêté l’oreille aux cas concrets présentés par divers maires, avant de rappeler la volonté du gouvernement de ne pas procéder à de nouvelles réformes territoriales – « des fusions de communes, il y en aura à condition que vous les vouliez. » Ou bien encore son ambition en matière d’aménagement numérique : « la fracture s’aggravera si nous n’accélérons pas. » Ce qui lui a valu là aussi quelques applaudissements nourris auxquels n’ont guère eu le droit le premier ministre, mardi 21, ni les ministres de l’Intérieur, des Transports ou encore de la Santé aujourd’hui. Saluant « l’atout inestimable que représente les ruralités pour la France » mais fustigeant la défense des intérêts catégoriels, il a renvoyé les représentants des grandes villes et les élus ruraux dos-à-dos. Le ministre de la Cohésion prône, pour sa part, une « alliance des territoires. Il y a un évident besoin d’ingénierie que devra combler l’Agence que nous sommes en train de mettre en place, mais il est nécessaire qu’il y ait un vrai dialogue sur le terrain pour restaurer des équilibres rompus au cours des dernières années. »

Critique vis-à-vis du contrat de réciprocité expérimenté entre la métropole de Lyon et Aurillac – « deux territoires séparés par 11 heures de train aller-retour, 9 heures par la route… » –, Jacques Mézard a toutefois apprécié le retour sur expérience de la métropole de Brest et les pays du Centre-Ouest-Bretagne. « Nous n’avons jamais eu la conception d’une métropole qui assècherait sa périphérie, mais bien qui irrigue. Et, avec tout le respect que je dois à nos voisins, seul Brest Métropole a investi dans la construction d’une nouvelle aérogare, l’extension du port de commerce ou encore l’université – alors que ce sont des services qui profitent à tous et rayonnent bien au-delà de notre bassin de vie » s’est amusé à lister son président, François Culliandre. « C’est important de le rappeler, tout comme le fait que nous avons également subi la baisse des dotations et que les treize milliards d’économies seront prioritairement demandées aux grosses collectivités. »

Une Agence de la cohésion des territoires, pour quoi faire ?

« Cette coopération est un très bon exemple » a vanté le ministre de la cohésion des territoires : « nous devrons trouver les modalités permettant de dupliquer cette meilleure collaboration entre les métropoles et le reste du territoire. Ce sera d’ailleurs l’une des missions de l’Agence, qui ne doit pas se révéler être une usine à gaz mais bien trouver son utilité pour tous. L’Etat est là pour simplifier, pas pour compliquer. Si ce n’est pas le cas, faites-le nous remonter » a enjoint Jacques Mézard aux maires et adjoints venus l’écouter. Sans en dire davantage sur les financements qui seront alloués à ce nouveau dispositif…

A la veille du Congrès des maires, François Baroin avait insisté pour que l’Agence de la cohésion des territoires soit un « ANRU des campagnes, qu’elle soit aux territoires ruraux ce que l’ANRU est aux quartiers en difficulté : un outil administratif, doté budgétairement avec l’objectif que pour un euro donné à la ville, un euro soit donné aux campagnes. Si l’Anru dispose de dix milliards, l’Agence doit avoir 10 milliards. Elle devra accompagner les projets de territoire, les Maisons de service au public, etc. Il lui faut accompagner financièrement les projets » expliquait le président de l’Association des maires de France.

Si agence d’ingénierie, qui la produira?

Sceptique sur sa capacité à débloquer des crédits supplémentaires, l’Assemblée des communautés de France (AdCF) l’attend, pour sa part, surtout sur le volet Ingénierie : « aujourd’hui, l’expertise est plutôt dans les villes et les intercommunalités, elle n’existe guère plus au niveau de l’Etat. Pour être véritablement utile, l’Agence ne doit pas être que celle de l’Etat mais organiser l’aide en réseaux, aider les territoires insuffisamment équipés à faire des diagnostics. »

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