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Aménagement du territoire 27/11/2017

« L’Etat et les régions ont un rôle à jouer pour accompagner les villes en décroissance »

par Hugo Soutra
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Le constat de la dévitalisation des centres-villes est de plus en plus partagé, des embryons de solutions commencent à produire leurs premiers résultats ici ou là. Mais attention à ne pas se réjouir trop vite ! Entretien avec les géographes Sylvie Fol et Sophie Baudet-Michel, spécialistes des villes en décroissance.

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A la reconquête des centres-villes

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Coordonnant un programme de recherche sur les « villes en décroissance » financé notamment par la Caisse des dépôts et le Commissariat général à l’égalité des territoires, les géographes aux universités Paris-1 et Paris-7, Sylvie Fol (à gauche) et Sophie Baudet-Michel (dr.), estiment nécessaire de prendre de la distance avec le schéma de pensée très malthusien du développement territorial. Sous peine que les villes-centres continuent de pâtir de la croissance de leurs périphéries, avertissent-elles. Entretien croisé.

Les petites et moyennes villes connaissant une augmentation de leur vacance commerciale sont-elles condamnées à mourir ?

Sylvie Fol : Bien sûr que non. Il y a des moyens d’agir sur la trop forte concurrence territoriale ou l’augmentation conséquente de l’offre de grande distribution qui expliquent la récente hausse de la vacance commerciale. La seule chose qui me paraît évidente, c’est que si les élus des villes-centres touchées par un processus de dévitalisation ne régulent pas davantage l’urbanisme commercial ni le développement urbain périphérique, il y a peu de chances qu’ils parviennent à faire revivre de manière durable leurs cœurs de ville.Car la crise se révèle bien souvent plus globale et multidimensionnelle que la simple dévitalisation commerciale des centres-villes. Dans nombre de villes petites et moyennes, la désindustrialisation et l’étalement urbain ont provoqué une diminution du nombre d’emplois et d’habitants, ce qui a engendré une paupérisation de la population locale, et donc automatiquement le déclin des commerces mais aussi une dégradation de l’habitat et une vacance des logements.

Pourquoi les pouvoirs publics français ont-ils autant tardé à considérer les difficultés rencontrées par ces villes en décroissance, que vous qualifiez de « shrinking cities » ?

Sophie Baudet-Michel : A la différence des villes du nord de l’Angleterre, de l’Allemagne orientale ou encore du Japon, la vitalité démographique a longtemps protégé les villes françaises de la décroissance. Mis à part quelques grandes villes comme Saint-Etienne ou Le Havre, la baisse du nombre d’habitants touchait quasi ...

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