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Aménagement numérique 17/11/2017

« Bon Débit » et « Très Haut Débit » : l’audacieuse feuille de route de Jacques Mézard

par Emilie Denètre
Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, lors de son audition par la commission sénatoriale de l'aménagement du territoire le 25 juillet 2017. © capture écran Sénat

Auditionné le 16 novembre par les sénateurs, le ministre de la Cohésion des territoires a rappelé que le gouvernement avait fait de l’accélération de la couverture numérique l’une de ses priorités. Concrètement ? Jacques Mézard a réédité ses promesses d'une « couverture mobile de qualité » et un « Bon Débit » pour tous en 2020, ainsi qu’un « Très Haut Débit » pour tous en 2022.

« Il est impossible aujourd’hui de faire de l’aménagement du territoire sans prioriser le numérique » a expliqué Jacques Mézard devant les sénateurs, venus l’auditionner, avant de poursuivre : «  et ce n’est pas seulement une réponse concrète à la question de la fracture territoriale, c’est une réponse indispensable, compte tenu des mutations technologiques et des mutations sociologiques qui en découlent ».

Et le ministre de la Cohésion des Territoires de dérouler sa feuille de route « très ambitieuse » (trop ? se sont d’ailleurs alarmés certains sénateurs) avec une généralisation de la couverture mobile de qualité d’ci 2020, ainsi qu’un « Haut Débit » (HD, 8 mégabits) pour tous ; quant au Très Haut Débit (THD, 30 mégabits) pour tous ce sera pour 2022.

Soutenir les collectivités et les RIP

« Nous allons sécuriser les décloisonnement  de fibre optique, portés par les opérateurs privés en zone dense et par les collectivités territoriales, particulièrement dans les réseaux  d’initiative publique » a détaillé Jacques Mézard.

Rappelant que seules 3 millions de lignes seulement avaient été déployées sur les 12 millions prévues pour 2020 (« il y a encore du boulot ! »), le ministre a insisté sur la nécessité de ne plus se contenter des promesses des opérateurs, et a donc annoncé son intention de les contraindre. Une mission aurait donc été confiée en ce sens à l’Arcep.

Quant aux réseaux d’initiative publique (1,6 millions de lignes réalisées d’ici à fin cette année sur les 8,8 millions attendues fin 2022), le gouvernement entend « soutenir les collectivités engagées dans le plan France Très Haut Débit et nous nous opposerons à toute tentative de déstabilisation des réseaux d’initiative publique par quelque opérateur que ce soit ». Une pique à l’intention  de certains opérateurs prêts à déployer une fibre concurrente à celle du réseau d’initiative publique (RIP).

Enfin pour les citoyens qui ne pourront pas profiter de ce Haut Débit jusqu’à l’abonné, le ministre a promis un recensement exhaustif, qui se fera main dans la main avec les collectivités afin d’identifier « local par local et département par département » ceux qui ont auront besoin de solutions alternatives.

Le problème de la téléphonie mobile

Sur la question de la qualité de la couverture de téléphonie mobile – véritable fléau dans les territoires – « l’écart entre la perception de la qualité de service et les déclarations de opérateurs n’est pas acceptable… » a tonné le ministre.

Si ce n’est pas « au gouvernement de déterminer le nombre de pylônes nécessaires », en revanche, ce dernier a d’ores et déjà confié une autre mission à l’Arcep : celle de fixer un nouveau standard de qualité attendu en 2020 (voix, SMS, téléchargement des fichiers, téléphonie sur les réseaux routier et ferré). Bref, de mettre une fois encore les opérateurs face à leurs responsabilités.

« Maintenant, il nous faut… je ne dirais pas rattraper le temps perdu, car il y a eu certains investissements lourds qui ne donneront des résultats que plus tard, mais en tout cas essayer de réussir cette accélération du processus » a lâché Jacques Mézard, «  car le constat est le suivant : la France n’est pas très bonne par rapport à ses voisins européens ».

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  1. Le bon débit ce sera celui dont j’aurai besoin, au fin fond de mon petit village, pour L’ACCES à DISTANCE aux SERVICES VITAUX !
    Dans un papier de 2013 ( https://websdugevaudan.wordpress.com/2013/03/14/energie-numerique-et-transition-energetique/ ) j’écrivais « L’énergie numérique, au cœur des réseaux électriques de demain, devra aussi être dans chaque foyer. Chacun devra pouvoir s’abonner  à l’énergie numérique dont il aura besoin et modifier son abonnement en fonction de l’évolution de ses besoins. Ces besoins, essentiellement de « consommation » aujourd’hui, évolueront progressivement, au fur et à mesure de l’équipement des foyers en fibre optique, vers des services vitaux (santé, éducation, économie…) lorsque l’on réalisera que la télé présence permettra d’économiser de nombreux déplacements….d’où l’importance, pour ceux qui sont le plus éloignés des services publics, les ruraux, de disposer au plus tôt d’une prise optique à la maison pour « alimenter » un compteur d’énergie numérique . L’énergie numérique doit être au cœur de la démarche vers l’égalité des territoires. C’est une opportunité historique d’accès non discriminatoire aux services publics électroniques et de mettre de l’intelligence non seulement dans les réseaux mais dans tous les territoires ruraux ( 80% de la surface de la France !) »
    Quand je vois que l’on se pose encore la question du bon débit sans anticper les besoins vitaux de demain j’espère que vous comprenez mieux mes « coups de gueule »
    ici https://www.youtube.com/watch?v=DDyQWDhKWg4
    et là https://websdugevaudan.wordpress.com/

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