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Aménagement du territoire 17/11/2017

Martin Vanier : « On ne lutte pas contre les fractures en en faisant un problème territorial »

par Hugo Soutra
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Penser en réseaux plutôt qu’en termes de territoires : tel est le credo du géographe Martin Vanier, associé au sein de la coopérative de conseil Acadie. A la veille du 100ème Congrès des Maires, il s'explique sur les écueils du "prêt-à-penser" territorial et d'un fétichisme décentralisateur.

Cet article fait partie du dossier:

Congrès des maires 2017 : tous les enjeux, tous les débats de la centième édition

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A entendre les maires des grandes villes, il n’y a plus un problème politique contemporain – transition énergétique, crise démocratique, terrorisme – qui ne puisse plus être réglé sans recours aux « territoires » ! Y compris en France, ce bon vieil Etat jacobin… Ardent défenseur de la cause des collectivités, Martin Vanier met néanmoins en garde contre cette logique territoriale ne permettant pas forcément de déployer une justice spatiale bénéficiant au plus grand nombre.Auteur d'une dizaine d'ouvrages de prospective territoriale dont le fameux "Le pouvoir des territoires, essai sur l'interterritorialité", ce géographe professeur à l'école d'urbanisme de Paris appelle, dans cet entretien, les élus et leurs associations à privilégier les coopérations horizontales plutôt que les revendications catégorielles…

Pourquoi avoir tourné le dos à la défense des « territoires » ?

Cela fait près de vingt-cinq ans que je fais de la recherche académique, et à peu près autant que je défends les « territoires » comme cadre idéal pour penser les défis contemporains. Et même si sa mise en place me laisse parfois perplexe lorsque je vois la multiplication des hôtels de collectivités ou de titres de présidents (sic), je ne me suis jamais joint aux cris d’orfraie dénonçant la décentralisation ! Simplement, qui aime bien châtie bien ! Je souhaite m'émanciper d’un discours territorial transformé en doxa. Je veux confronter la croyance que le territoire a réponse à tout, à un autre paradigme contemporain peu pris en compte : celui du réseau et des interdépendances à l’heure de l’internet, de la transition écologique, etc. Ceci afin de continuer à mieux servir la cause de la République des territoires.

En quoi ces deux concepts de territoire et de réseau sont-ils liés ?

Les territoires se sont trop affirmés en réaction à la mondialisation : beaucoup de collectivités ont singé l’Etat, son organisation verticale, la présidentialisation de son pouvoir. C’est la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf… Regardez les régions qui ont arraché un pouvoir prescriptif avec le Sraddet, ce schéma régional d’aménagement s’avère quasi inopérable : en réalité, c’est bien d’accords politiques avec les autres collectivités dont les régions ont besoin pour leur document stratégique.En magnifiant à l’extrême le pouvoir territorial autonome, la décentralisation a retardé la mise à jour politique qu’aurait dû provoquer l’émergence d’une France ouverte. Les entreprises ont appris à s’organiser horizontalement, les habitants sont de plus en plus mobiles et vivent au quotidien l’articulation des échelles, mais notre organisation territoriale et les élus en sont restés au monde d’avant.

Une partie seulement des habitants... Certains groupes sociaux se replient sur eux-mêmes !

Une partie des catégories sociales les plus modestes n’a effectivement pas les clés de la société en réseaux. La puissance publique ne devrait pas accentuer sa marginalisation au ...

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