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Développement durable 10/11/2017

Concevoir et utiliser l’éclairage en préservant l’environnement nocturne : 30 questions-réponses

par La rédaction
lampadaire éclairage nocturne © Spectral-Design - Fotolia

La pollution lumineuse appelle à de nouveaux choix dans chaque commune et à la solidarité écologique, car la lumière se diffuse jusqu'aux communes environnantes et leurs habitants, les espaces protégés, les continuités écologiques…Un enjeu pour lequel chacun peut agir. Avec des mesures simples, révisant les usages individuels et collectifs de la lumière. Un défi pour lequel l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes et le Courrier des maires se sont associés pour apporter des réponses concrètes aux élus locaux dans un 30 questions-réponses dédié.

Si éclairer est un élément de son pouvoir de police, un maire n’en a pas d’obligation. Mais les installations lumineuses créent une responsabilité, celle de les entretenir. Depuis peu, la lumière est utilisée pour tout, le plus souvent sans limite, sans examen des besoins réels ou des multiples conséquences de cette croissance lumineuse chaque nuit, partout en France, qui rompt le rythme biologique d’alternance naturelle du jour et de la nuit, base sur laquelle le vivant évoluait depuis des milliards d’années. La pollution lumineuse est à la fois une trop grande quantité de lumière, des lumières trop blanches, trop éblouissantes et des usages néfastes de la lumière (mal orientée, trop haute, trop puissante, intrusive, sans cache contre les façades, utilisée toute la nuit sans nécessité…). Elle appelle à de nouveaux choix dans chaque commune et à la solidarité écologique car la lumière se diffuse à très longue distance. Chaque choix à ainsi des effets sur les communes environnantes et leurs habitants, les espaces protégés, les continuités écologiques…

Un enjeu pour lequel chacun peut agir. Avec des mesures simples, de bon sens, révisant les usages individuels et collectifs de la lumière. 

L’éclairage du XXIe siècle ne se résume pas à une technologie…

Anne-Marie Ducroux, présidente de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN)

« Reconcevoir l’éclairage et appréhender autrement la quantité croissante de lumière artificielle et certains effets négatifs sont une nécessité pour répondre aux enjeux du XXIe siècle : impacts sur la biodiversité et les paysages, émissions de gaz à effet de serre, consommation énergétique et de matières premières, déchets, fin de vie, effets sur la vue, le sommeil et la santé, observation astronomique, conséquences sur les budgets publics donc sur les citoyens… Plus qu’une simple option, le devoir pour tous de protéger l’environnement nocturne et de lutter contre les nuisances lumineuses figurent désormais dans quatre lois.

En vingt-cinq ans, la France émet + 94 % de lumière chaque nuit. Le seul éclairage public compte 89 % de points lumineux en plus. Or, l’« électrification » est depuis longtemps faite. Il faut ajouter encore enseignes, publicités, illuminations de façades, de vitrines, bureaux non occupés éclairés, éclairages constants de parkings déserts, de sites industriels… non inclus dans ce bilan lumière.

De nombreux exemples témoignent fort bien qu’environnement, économies et qualité de vie sont conciliables. Sans renoncer aux services rendus et à la sécurité. La modernité réside dans une tout autre vision et de nouveaux usages : c’est-à-dire voir au-delà de la seule performance énergétique ou de l’esthétique, dépasser la propriété d’un « parc » pour obtenir un service global, mesuré, toujours à jour, des coûts globaux lisibles, baisser les impacts à distance et dans l’environnement. Ainsi naissent de nouvelles solutions du XXIe siècle… »

Pour une politique ambitieuse et responsable de l’éclairage local

Aurélien Hélias, rédacteur en chef délégué du Courrier des maires et des élus locaux

« Sécurité des personnes sur la voie publique, sécurité routière, mise en avant du patrimoine touristique, attractivité commerciale des centres-villes… on le sait, les maires, dont les collectivités sont les dernières dépositaires de la clause de compétence générale, ont des responsabilités multiples, dans lesquelles l’éclairage de leur commune constitue un outil parmi tant d’autres. Un outil, mais aussi une charge importante de fonctionnement.

Au point que leur ligne de conduite vise le plus souvent à résoudre cette équation déjà complexe : comment fournir aux administrations locales et, sur le domaine public, 100 % des besoins d’éclairage des ménages et des entreprises, au meilleur coût ? Un objectif ardu auquel ils se doivent désormais d’ajouter une préoccupation émergente : la lutte contre les pollutions lumineuses et la préservation des paysages nocturnes. L’enjeu ? Favoriser la biodiversité, mais aussi le cadre de vie des habitants, que la commune soit en milieu rural ou urbain, dotée d’un habitat dense ou clairsemé.

Cette préoccupation, tardivement inscrite dans la loi, doit désormais aussi guider l’action des maires. Il leur faut maîtriser, certes, des données somme toutes techniques, mais également penser l’éclairage comme une politique transverse, intéressant l’ensemble des services de la collectivité.

Puisse ce 30 questions-réponses aider les équipes municipales à prendre à bras-le-corps ce vaste défi et à mettre en place une politique ambitieuse et responsable de l’éclairage, préservant l’environnement nocturne. »

Retrouvez notre 30 Questions-réponses « Concevoir et utiliser l’éclairage en préservant l’environnement nocturne » dans le numéro de novembre du Courrier des maires. Au sommaire :

  • Références légales : les apports des lois de transition énergétique et de biodiversité
  • Vers une approche plus intégrée : les effets pluriels de l’éclairage artificiel
  • Appréhender les coûts globalement : commande publique et approche intégrée des coûts
  • Solutions : adapter l’éclairage aux besoins
  • Relations avec les citoyens : impliquer et expérimenter avec les habitants

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