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Pratiques sportives 08/11/2017

L’équipement sportif de demain ? La ville !

par David Picot
Le Skatepark de Saint-Nazaire, conçu en partenariat avec ses utilisateurs © D. Macel/ Ville de Saint-Nazaire

L’aménagement sportif des territoires ne se limite plus aux équipements. Parcs, places et autres berges.… L’espace urbain se structure pour accueillir des disciplines en accès libre. Et favoriser les mobilités.

«Circuit rustique d’activités physiques aménagé ». L’appellation ne respirait pas franchement la modernité. Stars des villes actives des années 1980, les bons vieux Crapa devenus progressivement des « parcours-santé » vivent une nouvelle jeunesse. Façon 2.0, à l’image de ce qu’a mis en place la ville d’Istres (Bouches-du-Rhône) pour rendre interactif trois de ses parcours-santé forestiers et urbains. Des bornes sont apparues pour guider – grâce à un flashcode à utiliser avec son smartphone – le sportif sur l’utilisation d’agrès et d’appareils de renforcement musculaire disposés tout au long des parcours. Sans oublier la petite touche pédagogique puisque le dispositif fournit aussi des informations touristiques, selon l’endroit où l’on se trouve.

Ne pas opposer les pratiques

Tout aussi connectée, la ville de Lyon (Rhône) propose depuis cet été une application baptisée Enforme@Lyon pour inciter sa population à pratiquer des activités physiques. Au programme, onze parcours audioguidés classés, à l’image des pistes de ski, en vert, bleu ou rouge, suivant la distance et l’importance du dénivelé. Chacun est parsemé d’ateliers qui utilisent majoritairement le mobilier urbain, des agrès de « street workout » (entraînement de rue), installés sur l’espace public. Des vidéos en ligne permettent une bonne utilisation. « Le but est de rendre accessible et de promouvoir la pratique physique qui garantit la meilleure des santés, pour toutes et tous », explique Yann Cucherat, adjoint au maire délégué aux sports et ancien champion de gymnastique. « On souhaite développer l’idée de sport “ quand on veut ”, que ce soit au sortir du travail ou sur la pause méridienne. » L’élu insiste toutefois sur la volonté de ne « pas opposer pratiquants libres et fédéraux. La pratique libre est plutôt complémentaire. On le voit avec les terrains de proximité qui permettent aux footballeurs ou aux basketteurs de parfaire leur technique et leur jeu, en dehors du cadre de l’association sportive qu’ils choisissent. »
Avec sa démarche « Nantes terrain de jeux », la cité des ducs de Bretagne (Loire-Atlantique) s’est appuyée sur les témoignages de sportifs pour mettre en place sa politique de pratiques libres. De quoi faire émerger des dispositifs très demandés comme des circuits de course à pied et des agrès d’entraînement de rue, décidément en vogue. Mais aussi des aménagements indispensables pour ne pas nuire aux pratiques, notamment nocturnes. « Nous avons installé des lampadaires dans certains endroits sombres, le long de l’Erdre par exemple», rapporte la mairie.

Place aux équipements de proximité

Les exemples de ce type se multiplient à travers le pays, au même titre que l’investissement de parcs publics. C’est le cas du mythique parc des sports de Marville (35 hectares, Seine-Saint-Denis) ou du parc Saint-Michel de Bordeaux (5 hectares, Gironde). Dans ce dernier, les équipements sont en accès libre depuis 2008 pour des pratiques diverses : beach-volley, pelote basque, badminton, rink-hockey, etc. Deux éducateurs territoriaux assurent une présence permanente sur le site. L’adjointe chargée des sports, Arielle Piazza, insiste : « Il est important d’identifier un lieu en ville qui réunit les habitants pour aller vers une démarche d’activité physique. »
C’est ainsi que de nombreux équipements de proximité, en plein air et en accès libre, fleurissent en France. Skateparks, aires d’escalade, city stades… Ils répondent à une demande sociale spécifique pour un faible coût : 65 000 € pour le city stade des Sables-d’Olonne (Vendée) construit en 2016. Dans le cadre du dernier projet de loi de finances, 10 millions d’euros ont été débloqués en faveur du plan Héritage 2024 (1) . Il s’agit d’accompagner – par l’intermédiaire du Centre national de développement du sport (CNDS) – la réalisation d’équipements sportifs légers. Objectif du ministère des Sports : « Démultiplier les espaces de pratique au plus près de la population ».

Des villes pour bouger

Au-delà des pratiques sportives, les villes se mobilisent enfin pour favoriser les mobilités. Comme le résume Alexandre Feltz, adjoint chargé de la santé à Strasbourg (Bas-Rhin), «l’activité physique, c’est bien. Mais le véritable enjeu, pour une collectivité, ce sont les déplacements ». A pied bien sûr, avec le cas échéant des panneaux de signalisation indiquant les distances en minutes. Mais aussi à vélo. « Car lorsqu’ils vont au travail à bicyclette, les gens font du sport », conclut le médecin, élu dans une agglomération qui comporte 580 km de voies cyclables. Record national.

« On ne peut plus se contenter de satisfaire seulement les demandes des clubs sportifs »

Marco Sentein, président de l’Association nationale des directeurs d’installations et des services des sports

« Notre métier au sein des services des sports évolue et va encore être bouleversé ces prochaines années. D’une manière générale, nous ne devons plus seulement nous demander comment satisfaire les demandes de clubs sportifs pour des créneaux ou autres. Notre spectre est plus large avec de nouveaux pratiquants aux aspirations diverses : auto-organisés dans des disciplines émergentes ou non (running, parkour, crossfit.…) ou rassemblés dans une optique de santé, de loisir ou de détente. Nos principales difficultés : premièrement, les identifier puisque, par définition, ces sportifs ne sont pas organisés. Et deuxièmement, leur proposer des équipements avec les problèmes associés de gestion et de responsabilités des élus. C’est pourquoi les aménagements extérieurs constituent pour le moment une vraie réponse, que ce soit au sein de parcs ou sur des espaces tels que des dalles. Enfin, le numérique agit comme une lame de fond. Nous devons et devrons nous familiariser avec les applications et leurs possibilités pour gérer et animer nos équipements (accès, fréquentation, etc.).»

Note 01:

Héritage de la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024. - Retourner au texte

Chiffres Clés

  • 13,4 Md€ ont été engagés par les collectivités dans le sport en 2013, contre 7,6 Md€ en 2000. Soit une augmentation de 76 % en treize ans.

  • 12,1 Md€ont été dépensés par le bloc communal dans le sport en 2013 (53 % en fonctionnement).

  • 317 000 associations sportives existent en France.

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