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Assemblée nationale 27/06/2017

Elu président de l’Assemblée nationale, François de Rugy promet des conférences parlementaires de territoires

par Aurélien Hélias
François de Rugy, président de l'Assemblée nationale © Assemblée nationale

Pour son troisième mandat de député, l'ancien élu écolo, réélu sous l'étiquette La République en marche, a facilement remporté le perchoir, propulsé par le groupe majoritaire LREM. Outre un statut de l'élu renforcé, l'introduction de la proportionnelle pour les prochaines législatives et une réforme de la procédure parlementaire, François de Rugy veut aussi sortir des murs du Palais Bourbon pour "aller à la rencontre des citoyens".

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Il n’aura fallu qu’un tour à François de Rugy, député depuis 2007, pour devenir le 16e président de l’Assemblée nationale sous la Ve République : en décrochant 353 voix sur les 543 exprimées par ses collègues du Palais Bourbon, le député de Loire-Atlantique a aisément franchi la majorité absolue, fixée pour l’occasion à 272 voix du fait des 24 bulletins nuls et blancs.

Face au candidat officiel du groupe La République en marche, quatre groupes avaient fait le choix de présenter une candidature qu’il savaient d’avance de témoignage:

  • Jean-Charles Taugourdeau pour le groupe Les Républicains a réuni 94 voix 
  • Laure de La Raudière (Les Républicains constructifs – UDI), 34 voix
  • Laurence Dumont, Nouvelle gauche (PS), 32 voix ;
  • Caroline Fiat (La France insoumise), 30 voix

Un statut de l’élu… pour les députés

Dans son discours d’intronisation, l’ancien élu municipal de Nantes (2001-2008) et d’Orvault (2008-2014), mais aussi vice-président de Nantes métropole (2008-2014), a souhaité que l’Assemblée « aille à la rencontre des citoyens, au travers de conférences parlementaires de territoires, associant députés locaux, présidents de commission et le président de l’Assemblée nationale ». Ces conférences, a-t-il ajouté, « pourraient s’étaler sur toute la durée de la législature pour couvrir sur un mandat tous les territoires de métropole et d’outre-mer ». 

Autre volonté de François de Rugy : parvenir à « une meilleure représentativité sociologique » au Palais Bourbon, et pour cela, « avancer dans l’établissement « d’un statut de l’élu qui facilite l’accès de toutes et de tous, quelle que soit sa classe sociale, à la fonction de député ». 

Favorable à l’introduction de la proportionnelle aux législatives

Depuis le « perchoir », le nouveau patron des députés a fait siennes deux des promesses du candidat Macron: « la baisse du nombre de députés et l’introduction de la proportionnelle ». Historiquement, le député réclame depuis longtemps cette inflexion du mode de scrutin, une des revendications historiques d’Europe Ecologie – Les Verts, parti dont il porta les couleurs au Palais Bourbon de 2012 à 2016. Et ce, avant de rejoindre le groupe socialiste cette année-là, puis LREM pour cette nouvelle législature. 

Une revendication répétée qui doit aussi au constat rappelé en introduction de son premier discours de président de la chambre basse : « Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, nous avons été choisis par une minorité de Françaises et de Français », du fait de l’abstention historique supérieure à 50 %. « Cela n’entame en rien votre légitimité à agir et à légiférer. Car nul ne peut prétendre représenter ou porter la voix de celles et ceux qui n’ont pas participé aux dernières élections législatives », a-t-il lancé. Une faible participation qui oblige toutefois les députés élus à reconquérir la « confiance » des Français, juge-t-il, notamment « dans nos institutions, dans notre institution ».

Contrôler l’exécutif, au-delà de la fabrique de la loi

François de Rugy souhaite dans ce sens « modifier la procédure parlementaire», qui aujourd’hui « encourage l’enlisement et l’obstruction ». Des modifications qui n’auront pas toutes besoin d’une révision constitutionnelle : « il est possible d’en moderniser un certain nombre de notre propre chef », assure-t-il.

En matière de moralisation de la vie publique, le locataire du perchoir compte bien « conforter le rôle du déontologue de l’Assemblée ».

Enfin, l’ancien co-président du groupe écologiste à l’Assemblée a voulu donner des gages à ceux qui jugent que le chef de l’Etat s’arroge tous les pouvoirs, et s’est prononcé pour un « Parlement qui contrôle vraiment ». François de Rugy dit vouloir « contrôler l’action de l’Etat et du Gouvernement » via « de nouveaux pouvoirs d’enquête, d’accès aux documents administratifs, aux rapports d’inspection de l’administration. Cela signifiera plus de moyens pour évaluer sur le terrain plus de politiques publiques ». 

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