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Législatives - 2e tour 19/06/2017

Quinze visages pour porter la cause des collectivités locales à l’Assemblée nationale

par Aurélien Hélias
Elu mystère © 40MdAutomobilistes

Ancien ou actuel patron d’exécutif territorial – pour encore un mois -, spécialiste des finances locales, (ex-)président d’association d’élus locaux… malgré le non-cumul et la vague En Marche largement composée de députés vierges de tout mandat, une quinzaine de figures locales, expérimentées, seront tout de même présentes au Palais-Bourbon pour porter les enjeux d’aménagement du territoire et les dossiers chers aux collectivités.

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Dans un mois au plus tard, tout député élu au 19 juin détenant un mandat exécutif local devra l’abandonner. Ajouté à la part importante des députés La République en marche n’ayant jamais détenu de mandat local, les collectivités pourraient devenir un centre d’intérêt bien moins partagé…. Et défendu à l’Assemblée. Une quinzaine de députés, reconduits voire nouvellement élus, devraient pourtant continuer de porter haut les couleurs des territoires.

Un tiercé finances locales de haut vol

Ce sont trois figures de l’Assemblée très au fait des finances locales qui conservent leur mandat à la chambre basse. Par ordre d’ancienneté, figure l’ancien président du Comité des finances locales (2004-2012) Gilles Carrez. Elu sans discontinuer depuis 1993, il était président de la commission des finances sous la précédente législature. Anticipant le non-cumul, il avait démissionné de son mandat de maire du Perreux-sur-Marne en décembre dernier. La péréquation n’a pas de secret pour lui et un autre dossier local devrait guider son action : le Grand Paris, métropole dont il est vice-président.

Autre figure du CFL réélue : Charles de Courson (UDI), vice-président du Comité, député de la Marne depuis 1993 et réélu dimanche pour son 6e mandat de parlementaire. Le maire de Maire de Vanault-les-Dames depuis plus longtemps encore  (1986 !) devra abandonner cet exécutif local mais restera conseiller départemental de la Marne, mandat qu’il détient depuis la même année.

Enfin c’est une spécialiste de la Dotation globale de fonctionnement et des complexes implications de la péréquation qui est réélue au Palais Bourbon pour son deuxième mandat consécutif : Christine Pires-Beaune (PS), dans la 2e circonscription du Puy-de-Dôme. Rapporteur spécial de la Commission des finances chargée de la mission « relations avec les collectivités territoriales — avances aux collectivités territoriales « , l’élue pourrait apporter rapidement son expérience des finances locales lorsque l’exécutif voudra imposer la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français.

Deux hérauts pour les communes nouvelles

© Assemblée nationale Christine Pïres Beaune, députée du Puy-de-Dôme

Avec la réélection de Christine Pires-Beaune, c’est aussi une très active défenseure des communes nouvelles qui conserve son siège à l’Assemblée. La députée était notamment l’auteure, avec l’ancien président de l’AMF Jacques Pélissard, de la proposition de loi du 16 mars 2015 sur l’amélioration du régime de la commune nouvelle, pour des communes fortes et vivantes.

L’élue ne devrait pas être seule au Palais Bourbon à faire la promotion de cette commune « nouvelle formule » puisque siégera également Sébastien Leclerc (LR), qui a la particularité d’être le maire de Livarot-Pays-d’Auge, commune nouvelle ayant fusionné le plus grand nombre de communes : 22.

Des départementalistes en force

En comptant Vincent Descoeur (LR), dans le Cantal (voir ci-dessous), ils sont cinq présidents de conseil départemental à accéder ou conserver leur place au Palais Bourbon. Parmi les députés réconduits :

  • Eric Ciotti (LR), à la tête des Alpes-Maritimes depuis 2008, entamera son troisième mandat au Palais Bourbon,
  • Damien Abad (LR) effectue son deuxième mandat alors qu’il préside depuis 2015 le département de l’Ain,
  • Maurice Leroy (UDI), ancien ministre de la Ville, réélu pour son 2e mandat et qui préside le Loir-et-Cher depuis 2004.

© CEE Allier Jean-Paul Dufrègne, député de l’Allier

A ces quatre députés-président de conseil départemental il faut ajouter le PCF Jean-Paul Dufrègne, qui présida le conseil général de 2008 à 2015. Le nouveau député de la première circonscription de l’Allier est un ardent défenseur des territoires ruraux, membre du bureau de l’active Association nationale Nouvelles ruralités, qui organise ses 2e rencontres les 26 et 27 o. Le nouveau député fut aussi maire durant 13 ans du village de Saint-Menoux (1 000 habitants). 

La montagne bien représentée

Vincent Descoeur, député du Cantal

Par ailleurs, deux anciens présidents de l’association nationale des élus de montagne (Anem) siégeront sur les bancs de l’Assemblée aux côtés de l’actuelle patronne de l’association, Marie-Noëlle Battistel (PS), réélue : Vincent Descoeur (LR), d’abord, « récupère » un siège qu’il avait déjà occupé lors de la 13e législature (2007-2012). Conseiller départemental du Cantal depuis 1988, il a pris en 2001 la présidence du conseil départemental. Il devra bientôt abandonner ce mandat et porter le fer sur des sujets qui lui tiennent à cœur : l’aménagement du territoire, thème sur lequel il présidait la commission éponyme de l’Assemblée des départements de France, la péréquation… et le développement des territoires de montagne donc.

Autre ex-patron de l’Anem siégeant au Palais-Bourbon : Martial Saddier, qui conserve son siège de député et entame son quatrième mandat. L’élu a désormais 30 jours pour démissionner de ses deux mandats locaux exécutifs : maire de Bonneville et vice-président Conseil régional. Martial Saddier est aussi à ce jour membre des instances dirigeantes de l’AMF et y préside la commission « environnement et développement durable ».

Deux visages pour l’intercommunalité

Avec l’échec dans le Loiret du président de l’Assemblée des communautés de France (AdCF) Charles-Eric Lemaignen (LR), qui pour porter la voix intercommunale ? Ils sont deux députés à pouvoir assumer la charge. Inconnu au niveau national, Rémy Rebeyrotte décroche son premier mandat de député (Saône-et-Loire). Il a derrière lui une longue expérience d’élu local : maire d’Autun depuis 2001, il préside l’intercommunalité depuis 2008 (Communauté de communes de l’Autunois devenue en 2014 CC du Grand Autunois). Au point d’avoir fait de la mécanique intercommunale une de ses spécialités. Il est d’ailleurs membre du conseil d’orientation de l’AdCF

© S.Moissonnière Marc Fesneau, député du Loir-et-Cher

L’autre figure est davantage connue nationalement puisqu’il s’agit du secrétaire général du Modem, Marc Fesneau. Figure de l’AdCF en tant que président de la commission institutions et pouvoirs locaux et vice-président, le nouveau député Modem du Loir-et-Cher, maire de Marchenoir depuis 2008, préside aussi l’intercommunalité locale, la communauté de communes « Beauce Val-de-Loire », née de la fusion des CC Beauce Ligérienne et Beauce et forêt, début 2016. Outre l’interco, l’ingénierie territoriale est l’une de ses spécialités.

Un héraut et une pourfendeuse de la loi Notre

© F. Calcavechia Olivier Dussopt, président de l’APVF, député de l’Ardèche

C’est avec une double casquette que se présentait Olivier Dussopt (PS): président de l’association des petites villes (APVF) et rapporteur de la loi Notre. Pari gagné pour l’élu d’Annonay qui conserve son mandat de député de l’Ardèche. L’habile négociateur de la loi de nouvelle organisation de la République devra abandonner son mandat de maire mais restera président de l’APVF en tant que conseiller municipal. L’association d’élu sera d’ailleurs la première, sous la nouvelle mandature Macron, à organiser son congrès annuel les 21 et 2 septembre à Hendaye.

Face à lui, Olivier Dussopt avait bien souvent en contradictrice l’oratrice pour le groupe Les Républicains sur le projet de loi Notre, qu’elle combattit en grande partie, Annie Genevard (LR). Celle-ci est réélue dans le Doubs (5e circonscription). Probablement soutiendra-t-elle les initiatives sénatoriales visant à détricoter en partie la loi Notre.

La maire de Morteau est aussi une farouche opposante de la réforme des rythmes scolaires de 2014 et devrait logiquement intervenir sur le sujet alors que le nouveau ministre de l’Education nationale veut assouplir l’obligation d’une semaine de quatre jours et demi.

Et aussi…

Pierre Morel-A-L’Huissier, la ruralité comme blason

© A.N. Pierre Morel-A-L’Huissier, député de la Lozère

Député de la Lozère depuis 2002, le maire de Fournels (depuis 2001) est élu pour al quatrième fois de suite au Palais Bourbon. Infatigable défenseur de la ruralité, Pierre Morel-A-L’Huissier est le fondateur du groupe parlementaire de la droite rurale (2011) et n’a pas ménagé ses effets pour critiquer les insuffisants efforts du précédent exécutif ou « les effets d’annonce » ou la simple « campagne médiatique » des trois comités interministériels à la ruralité qui se sont tenus durant la deuxième partie du quinquennat Hollande.

 

 Julien Aubert, âpre défenseur de la légitimité de l’élu

Vice-président du conseil régional depuis 2016 seulement, Julien Aubert, réélu dans la 5e circonscription du Vaucluse, n’a pas l’apparence d’un défenseur acharné des collectivités locales. Mais il l’est au moins des élus, nationaux comme locaux, en faveur desquels il a commis en 2016 un essai au titre évocateur : « salauds d’élus ». 

© L. CARLSSON Julien Aubert, député du Vaucluse

Le jeune parlementaire y dénonçait un discours antisystème ambiant et l’époque, qui encourage à vilipender tel ou tel « salaud d’élu », comme il le dénonce dans son essai éponyme, où il démonte un à un les clichés qui pèsent sur les élus et le système républicain.

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  1. Vous omettez de citer pour la montagne l’actuelle présidente de l’ANEM, Marie-Noëlle BATTISTEL (PS) qui a été élue dimanche !

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