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Inégalités 01/06/2017

De la nécessité d’une (vraie) politique de cohésion sociale

par Hugo Soutra
CESE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu, fin mai, un avis sur l’état de la France. Les inégalités économiques, scolaires, mais aussi territoriales y sont décrites avec moult précisions, dans une approche constructive visant à réconcilier le pays avec lui-même pour mieux préparer l’avenir.

« Il y a dans notre France, sur les problèmes vitaux, une inertie de la pensée, une somnolence de l’esprit qui nous exposent à toutes les surprises, jusqu’au jour où se produisent ces lumineux réveils qui viennent heureusement, quoique à de trop longs intervalles, sauver notre pays. » Pour pondérer son rapport annuel sur l’état de la France, documentant la persistance des inégalités économiques, scolaires, mais aussi territoriales, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) n’a pas hésité à aller puiser chez Jean Jaurès. Et ce, dès l’introduction. La démarche est claire : le CESE souhaite alerter, mais pas assommer. 

Sans faire l’impasse sur les difficultés « bien réelles » de la France en matière d’emploi ou d’endettement, loin de là, le CESE insiste en effet sur la nécessité de ne pas aggraver la « déprime collective. » Le rapport – adopté à l’unanimité – assure que ce pessimisme excessif de nos concitoyens résulterait de la « tension » entre l’ambition française exprimée à travers la devise républicaine (Liberté-Egalité-Fraternité) et son achoppement sur le terrain.

Quand bien même les inégalités restent limitées dans notre pays, du fait de l’ampleur de la redistribution opérée par l’action publique, elles « se sont sensiblement accrues du fait de la crise », notent Guillaume Duval et Pierre Lafont, qui ont analysé dix nouveaux critères de richesse complémentaires au PIB. Que l’on compare le patrimoine, les revenus, les territoires, la santé, l’école, le genre ou les discriminations, elles demeurent encore prégnantes aujourd’hui.

Métropoles inégalitaires et difficultés des petites villes

Après avoir auditionné des sociologues et des économistes, comme Laurent Davezies, ou encore le directeur de l’Observatoire des inégalités, Louis Maurin, le CESE alerte, entre autres, sur la situation de territoires « délaissés », à l’intérieur même des métropoles les plus dynamiques. Même inquiétude pour les villes petites et moyennes, confrontées à des « difficultés croissantes » suite à l’aggravation des déserts médicaux et à la disparition de certains services publics tels que les écoles rurales ou La Poste.

Jugeant « l’échec persistant des politiques publiques à empêcher le creusement des inégalités » problématique, notamment en termes de crédibilité des institutions républicaines, les auteurs appellent à mettre sur pied une véritable politique de cohésion sociale. Un sursaut collectif est nécessaire pour rompre avec le pessimisme ambiant des Français. L’amélioration des luttes contre les inégalités scolaires ou contre le non-recours aux droits devrait, selon eux, être mise en chantier sans tarder. Objectifs : remettre la société française en mouvement et préparer l’avenir plus sereinement pour relever les défis du XXIe siècle, qu’il s’agisse de la crise écologique ou de la révolution numérique.

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