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Gouvernement Philippe 17/05/2017

Richard Ferrand, un « marcheur » devient ministre de la Cohésion des territoires

par Aurélien Hélias
Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires © @RichardFerrand

Premier parlementaire à avoir rejoint En marche!, le député PS du Finistère aura la charge de l'aménagement du territoire. Conseiller régional de Bretagne, il est surtout l'un des hommes-clés de l'équipe Macron depuis qu'il fut rapporteur de la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques. Le logement comme la politique de la ville devraient aussi faire partie de son portefeuille ministériel. Mais les collectivités seront à "partager" avec son collègue de l'Intérieur, Gérard Collomb.

[Actualisé le 19 mai] C’est un fidèle parmi les fidèles qui décroche le poste de ministre de la Cohésion des territoires au sein du gouvernement d’Edouard Philippe : Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En marche !, rebaptisé La République en marche (LREM) depuis la victoire d’Emmanuel Macron. Il fut le premier parlementaire à avoir rejoint l’ex-ministre de l’Economie dans sa course à l’Elysée.

Député PS depuis 2012, l’élu du Finistère, 54 ans, est un homme clé de l’équipe Macron, très présent dans les médias pour porter la parole présidentielle et au cœur de l’équipe qui mène les négociations pour les investitures aux législatives.

Un élu local breton, mais qui a échoué au niveau communal

Ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne jusqu’à son élection au palais-Bourbon en 2007, Richard Ferrand avait auparavant échoué par deux fois aux municipales à Carhaix (2007 et 2008), face à la figure régionaliste et leader des « Bonnets rouges » Christian Troadec. Il s’était alors rabattu avec succès dès 2010 sur les élections régionales, sur la liste de Jean-Yves Le Drian. Collectivité où il préside depuis le groupe socialiste et apparentés, poste dont il se met en retrait lorsqu’il devient secrétaire général d’En marche ! en octobre dernier.

Homme de confiance du chef de l’Etat depuis qu’il avait été nommé rapporteur de la loi Macron, alors ministre de l’Economie, Richard Ferrand devait être candidat aux législatives pour En marche ! dans la 6e circonscription finistérienne. Une candidature qu’il a depuis confirmée, de même qu’il se soumettra à la règle édictée par l’Elysée qui veut que tout ministre battu dans la course à la députation quitte dans la foulée son maroquin ministériel

Réconcilier métropoles et territoires ruraux

L’élu du Finistère va ainsi succéder à Jean-Michel Baylet, désormais ex-ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités. Richard Ferrand  aura à mener une double tâche : supprimer les départements là où une métropole peut les supplanter, comme le veut le programme Macron, tout en rassurant les villes moyennes et territoires ruraux, après cinq ans d’un quinquennat Hollande pendant lequel ils estiment avoir été malmenés.

« Dans un certain nombre de nos territoires, parce que les politiques publiques, par forcément uniquement celles de l’Etat sont défaillantes, il y a un sentiment d’abandon, de déclassement », a-t-il ainsi déclaré dans un entretien accordé, au lendemain de sa nomination, à Europe 1. « Il faut muscler l’action publique », préconise-t-il. 

Des cartes régionales… à la carte

« Nous faciliterons des rassemblements institutionnels, là où ce sera possible, sur la base du volontariat », a-t-il détaillé, prenant exemple de « l’accord métropole de Lyon et département du Rhône » pour fonder le Grand Lyon. « Si ailleurs, [...] une assemblée régionale suffit pour porter l’action publique avec les métropoles sans besoin des départements, il faudra le regarder. Ailleurs, le département est le principal moteur de l’action publique. Laissons émerger des propositions du terrain pour trouver les solutions les plus efficaces! », enjoint le ministre.

La poursuite de la métropolisation pourrait toutefois être dévolue au nouveau ministre de l’Intérieur et bientôt ex-président de la métropole de Lyon, Gérard Collomb. Qui devrait, a minima, avoir la co-autorité sur la direction générale des collectivités locales (DGCL) avec Richard Ferrand. D’autant que l’édile lyonnais a d’ores et déjà déclaré qu’il serait « le ministre des relations avec les collectivités locales »…

« C’est moi le ministre du logement! »

Une déclaration qui n’a pas manqué de faire croître les incertitudes sur le périmètre du portefeuille ministériel de Richard Ferrand : que recouvre donc la « cohésion des territoires »? « Aménagement du territoire, collectivités locales, logement et ville », a asséné le ministre à l’antenne de la station de la rue François 1er.

De fait, après la passation de pouvoir avec Jean-Michel Baylet mercredi 17, Richard Ferrand avait fait de même dans la foulée avec Emmanuelle Cosse, jusqu’alors ministre du Logement et de l’habitat durable. Confirmation que le logement, même s’il n’apparaît pas officiellement dans l’intitulé du portefeuille de Richard Ferrand, devrait aussi faire partie de ses prérogatives. Quitte à se voir adjoindre après les législatives un ou une secrétaire d’Etat dédiée pour l’épauler.

La suppression « progressive » de la TH à partir de 2018

De logement, il a été également question du point de vue fiscal lors de l’entretien radiophonique du ministre sur une des mesures phares – et polémique – du chapitre « local » du projet du candidat Macron: la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français, compensée aux collectivités sur le budget de l’Etat. Richard Ferrand promet une « concertation avec les associations d’élus et, singulièrement  des maires », rapidement. « On va d’abord ouvrir un dialogue car cette mesure a pu inquiéter des maires », a-t-il reconnu.

Quant au calendrier d’application de ce « geste » fiscal sur cet « impôt d’injustice territoriale » selon le ministre, « c’est à partir du budget 2018 que cette mesure se mettra progressivement en œuvre ».

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