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ÉDITO 15/05/2017

Les territoires, eux aussi « en marche » ?

par Aurélien Hélias
Décentralisation © BM

Les chiffres impressionnants de la victoire d'Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle cachent une réalité plus contrastée. Plus on s'éloigne des grands centres urbains, plus le score de Marine Le Pen est élevé, y compris au sein même des métropoles. Le chef de l'Etat et La République en marche devront en tenir compte lorsqu'ils choisiront les thèmes pour la campagne des législatives.

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Législatives 2017 : deux tours de scrutin et de multiples inconnues

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Près de 90 % à Paris, 88 % à Rennes, 86 % à Nantes, 84 % à Lyon, 83 % à Toulouse, 81 % à Nancy et Strasbourg, 78 % à Lille et Montpellier… Sans appel au niveau national, la victoire d’Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle l’a été encore davantage dans les grandes villes. Même à Marseille et à Nice, qui s’étaient respectivement « offertes » au premier tour à Jean-Luc Mélenchon et à François Fillon, le leader d’En marche ! est arrivé largement devant, le 7 mai. A Toulon, il devance de 12 points sa concurrente, qui y avait remporté le premier tour.

Déclassement. Certes, Emmanuel Macron a aussi défait son adversaire dans 95 % des départements. Mais à l’échelle des petites et moyennes communes, des bourgs ruraux, il en va autrement : l’écart y est bien plus serré. Marine Le Pen l’emporte dans un tiers des communes de moins de 500 habitants. Au sein même des métropoles, la victoire haut la main de l’ex-ministre de l’économie dans la ville-centre s’étiole, à mesure que l’on vote dans une commune éloignée du grand centre urbain.
Fort de ce constat, Emmanuel Macron saura-t-il parler à ces Français qui lui ont encore préféré la candidate du FN au second tour, l’abstention – jamais si élevée lors d’un second tour d’une élection présidentielle – ou encore le vote blanc ? Car, pas de trêve, les législatives approchent. A l’heure où nous écrivons ces lignes, les 577 candidats de « La République en marche » ne sont pas connus.
Mais plus encore que les noms, ce sont les thèmes de campagne choisis que l’on scrutera. Evoqueront-ils les concepts de croissance inclusive, de réciprocité urbain-rural, d’équité territoriale ? Désindustrialisés, éprouvés par le chômage, en mal de services publics locaux, les territoires en voie de déclassement auront-ils eux aussi le droit de prendre en marche le train du renouvellement ?
Depuis le Louvre, le nouveau chef de l’Etat a promis de « lutter contre tous les formes d’inégalités […], en garantissant l’unité de la nation ». Celle-ci passe plus que jamais par une prise en compte des communes, ces « petites patries », qui ont envoyé un message de scepticisme, quitte à prendre le risque de voir l’extrême droite s’installer au pouvoir. C’est maintenant à celui que d’aucuns ont parfois qualifié de candidat « des métropoles mondialisées » de montrer qu’il sera bien, avant tout, président de tous les Français.

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