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Villes intelligentes 02/05/2017

Les collectivités territoriales, garantes du bien commun au coeur des smart cities ?

par Emilie Denètre
Ville internet et « smart city » © Flickr-CC-L.Sardari

Député du Maine-et-Loire, Luc Belot, vient de rendre un rapport sur la ville intelligente ou "smart city". « Construites dans le bon sens », ces nouvelles technologies seraient une chance pour les territoires et leurs habitants, ainsi qu’une bouffée d’air économique, affirme l'élu. A condition que les collectivités prennent toute leur place dans ce monde en devenir.

En introduction de son rapport de près de 130 pages intitulé « De la Smart City au Territoire d’intelligences », le député Luc Belot travaille sur la sémantique. Aux termes anglais smart city, il préfère ceux de « territoire d’intelligences ». Derrière les mots, la volonté sans doute d’ancrer ces nouveaux usages dans le quotidien de nos élus, encore trop souvent déroutés par ces technologies et leurs promesses en Big Data.

Pour Luc Belot, « pour que les smart cities se développent au profit de tous, il faut réaffirmer le rôle des collectivités territoriales comme tiers de confiance, garantes de l’égalité et créatrices de lien social. » Il plaide donc pour une collectivité proactive et pivot, capable de lutter contre les dérives induites aussi par la smart city : « déshumanisation ou privatisation de la ville, choix de vie algorithmés ne laissant plus de place à l’esprit critique, à l’étonnement, à l’interrogation, à l’émerveillement. ».

Une compétence obligatoire pour les intercos

Le député du Maine-et-Loire propose également de remettre les habitants au cœur de ces questions technologiques – « expériences–utilisateurs »- afin de co-construire une ville aux services publics plus « efficients et personnalisés ». 

Tour d’horizon des propositions les plus fortes de ce rapport visant à accompagner les collectivités et leurs élus vers cette mutation en « territoire d’intelligences » :

  • Évaluer les besoins réels de la collectivité territoriale en matière de connectivité de ses investissements, les gains attendus en réduction des coûts de fonctionnement et les externalités positives que ces investissements peuvent produire ;
  • Créer une compétence nouvelle obligatoire pour les EPCI à fiscalité propre relative à la donnée qui devient un nouveau service public ;
  •  Faire émerger une norme pour les données les plus utiles (transport, énergie et adresses) avant 2018 ;
  • Engager systématiquement des discussions et des collaborations avec l’ensemble des acteurs de la ville et notamment les grands acteurs du numérique, au niveau de chaque collectivité mais également avec des groupements de collectivités pour assurer une meilleure complémentarité entre les offres publique et privé et garantir le respect de l’intérêt général ;
  • Engager, au niveau local, un recensement des données d’intérêt territorial disponibles, produites par les entreprises ou associations en plus de celles déjà concernées par les lois transition énergétique et République numérique. À moyen terme, il sera nécessaire d’évaluer la possibilité de créer un droit des collectivités à accéder à ces données, à titre gratuit ou non (fair acces / fair use).
  • Améliorer la formation sur la cyber-sécurité et inclure systématiquement la cyber-sécurité dans les marchés ;
  • Développer le crowdsourcing : identifier les besoins de données pour la collectivité et proposer des outils de collecte citoyenne collaborative, par exemple en utilisant leur équipement en smartphone ou en objets connectés.
  • Prévenir la fracture numérique territoriale en poursuivant le déploiement du réseau haut débit Internet et de la 4G de manière à couvrir les zones blanches, en coordonnant les projets smart cities lancés dans les collectivités pour permettre leur compatibilité dans le futur ;
  • Prévenir la fracture numérique sociale en proposant des points d’accès à Internet pour utiliser les services numériques mis en œuvre dans le cadre de la stratégie smart city, veiller à proposer une aide physique dans des lieux de proximité pour l’accès à ces services et travailler l’ergonomie des sites pour garantir une prise en main facile afin de limiter les risques d’exclusion d’une partie de la population de cette nouvelle offre de services.
  •  Accentuer la formation des collectivités sur le numérique.

Selon les chiffres donnés dans le rapport, on apprend que cette smart city représenterait un marché estimé entre 400 et 1600 milliards de dollars d’ici 2020 ! Et Luc Belot de rappeler que les « entreprises françaises championnes des métiers de la ville mais également les PME et start-ups » auraient ainsi tout à gagner à disposer de « vitrines » sur le territoire national… et les territoires à se saisir de « cette opportunité » économique.

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