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Edito 04/04/2017

Haro sur l’interco

par Aurélien Hélias
Nicolas Dupont-Aignan prend la parole devant le Rassemblement des maires à la  Maison des maires © Cédric Lecoq

Lors de leur grand oral par l'Association des maires de France le 22 mars, les candidats ont presque tous rivalisé d'attaques sur l'intercommunalité. Un discours facile et de circonstance leur évitant de prendre des risques sur d'autres sujets tout aussi importants... mais moins populaires auprès de l'audience du jour.

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Que retenir du rassemblement des maires du 22 mars ? Sans doute une manne pour les candidats à l’Elysée, qui n’attendaient que cette occasion pour fondre sur l’intercommunalité, accusée de tous les maux : hors-sol, antidémocratique, inhumaine… Et ce, sans s’embarrasser de nuances, mêlant les métropoles et les communautés de communes, les projets construits de longue date et les quelques EPCI récemment accouchés au forceps. Jean Lassalle, qui « ne veut plus de ces grandes intercommunalités », demande aux maires de « tenir bon », Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) est « opposée au projet de dissoudre les communes dans l’intercommunalité » et François Cocq (la France insoumise) s’inscrit contre « les fusions imposées ».

Eurosceptiques. Tous ces candidats ont un autre point commun : ils reprochent à l’Union européenne d’être à l’œuvre derrière le phénomène, François Asselineau en tête, qui vitupère : « 15 000 ou 20 000 communes vont disparaître, alors qu’on n’a rien demandé à personne. » Les charges les plus violentes à l’encontre de l’intercommunalité sont ainsi venues de deux autres candidats eurosceptiques - voire europhobes - qui font de la souveraineté un mantra. Nicolas Dupont-Aignan, de Debout la France, se désole « d’assister à la mort de nos communes. Et ça suffit. Il serait temps que les maires réagissent davantage » contre des intercos « gigantesques totalement technocratiques, irresponsables ». David Rachline, porte-voix de Marine Le Pen, réclame tout bonnement la suppression des EPCI, « afin que les communes retrouvent leur pouvoir ». Même François Fillon (LR) s’est offert sa banderille contre l’intercommunalisation, surfant sur la nécessaire « liberté locale » des élus contre le pouvoir des préfets.
Deux candidats se sont abstenus de chercher cette facilité pour s’attirer les bonnes grâces de l’assistance. Chacun d’eux a défendu une mesure peu populaire chez les maires composant l’audience du jour : la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français, pour Emmanuel Macron ; la pérennisation des nouveaux rythmes scolaires, pour Benoît Hamon. Aussi discutables soient-elles, du point de vue du coût ou de la complexité de mise en œuvre, ces pistes avaient au moins deux mérites : ceux, respectivement, de concrétiser une certaine idée de la justice fiscale et territoriale et de s’intéresser au bien-être des enfants.

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