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Présidentielle 2017 23/03/2017

Au Rassemblement des maires, les candidats à l’Elysée s’en prennent à l’intercommunalité

par Aurélien Hélias
François Fillon plaide pour des fusions volontaires entre communes lors du rassemblement des maires le 22 mars 2017. © Cédric Lecocq

Cible facile, l’intercommunalité était vilipendée par une large majorité des candidats auditionnés par l’Association des maires de France le 22 mars. Les hérauts du FN et de la France insoumise souhaitent soit la suppression des EPCI, soit la remise en cause de la loi Notre. Mais trois des cinq candidats qui apparaissent en mesure d’accéder au second tour envisagent davantage un statu quo.

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Que retenir du rassemblement des maires du 22 mars ? Les sujets abordés par les candidats, dans leur allocution préliminaire ou interrogés par les élus membres de l’AMF, ont été nombreux. Mais l’un d’eux a été spontanément évoqué par nombre d’entre eux, et rarement pour s’en féliciter : le développement de l’intercommunalité.

Il y eut d’abord ceux qui s’opposent au principe même de l’intercommunalisation, à l’image de Jean Lassalle, qualifié de dernière minute pour la présidentielle : « Je ne veux plus de ces grandes intercommunalités », a-t-il tonné. Et des préciser qu’il avait « beaucoup aimé la première génération des communautés de communes qui étaient un outil permettant de faire ensemble ce qu’on ne pouvait faire seul », manifestement plus acceptables car à taille davantage humaine selon celui qui se veut le candidat des campagnes.  

Même oppostion franche de la part de la candidate de Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud, « opposée au projet de réduire par force le nombre de communes et de dissoudre les communes dans l’intercommunalité » ou encore de François Cocq, venue représenter « la France insoumise » de Jean-Luc Mélenchon : l’élu de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) veut tout simplement « empêcher les fusions de communes et d’intercommunalités qui seraient imposées ».

Haro sur « l’intercommunalité forcée » 

« 15 000 ou 20 000 communes vont disparaître, alors qu’on n’a rien demandé à personne. On va aussi supprimer nos départements », a pour sa part vitupéré François Asselineau, voyant dans l’intercommunalisation un des maux imposés par l’Union européenne. Pour exprimer son opposition aux EPCI, Jacques Cheminade a lui choisi de citer Tocqueville : « C’est dans la commune que réside la force des peuples libres », a déclaré le candidat de Solidarité et Progrès, qui verrait bien la Loi Notre abrogée. S’il ne s’est pas exprimé directement sur le sujet, Philippe Poutou, semble être sur la même ligne en indiquant que le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) souhaite « des cadres véritablement démocratiques par en-bas ».

Deux autres candidats qui font de la souveraineté l’un de leurs mantras ont également fait feu de tout bois. Le plus en verve fut Nicolas Dupont-Aignan, se désolant « d’assister à la mort de nos communes. Et ça suffit. Il serait temps que les maires réagissent davantage », a interpellé le candidat de Debout la France. Contre des « intercommunalités gigantesques totalement technocratiques, irresponsables », le député de l’Essonne veut « réhabiliter la commune comme cellule de base de la République » et « annuler la terrible Loi Notre qui a fait tant de mal ». Pour lui, il est temps de « mettre fin aux intercommunalités forcées », symboles de « l’absurdité de construire des territoires qui n’ont rien à voir avec les bassins de vie ».

Absente du Rassemblement, Marine Le Pen a de nouveau fait porter par le sénateur David Rachline, comme lors du grand oral de l’ADF, son message qui se veut clair : suppression des régions et des EPCI. « Il faut mettre fin au développement des intercommunalités afin que les communes retrouvent leurs pouvoirs. Cela redeviendra libre choix des exécutifs locaux », a prôné le sénateur-maire de Fréjus.

« Pause », « statu quo » ou « cas par cas » pour trois ex-ministres

Même le candidat Les Républicains s’est permis une pique au mouvement de l’intercommunalisation, au nom de la liberté locale. « Ça ne doit plus être aux préfets de décider les limites territoriales des intercommunalités, mais aux élus eux-mêmes ». Pour autant, François Fillon n’entend pas revenir sur la loi Notre ou la nouvelle carte intercommunale, au nom de la nécessaire « pause » dans les réformes territoriales. Il suggère davantage de ne permettre dorénavant que « les fusions volontaires » entre communes ou départements qui le souhaitent.

C’est cette ligne médiane, loin de la volonté de renverser la table prônée par les autres candidats, qui a aussi été porté par les deux autres candidats ayant récemment assumé des fonctions gouvernementales. « Le temps est venu de faire une pause. Vous avez besoin de clarté pour s’inscrire dans la durée », a ainsi prudemment avancé le candidat du PS, Benoît Hamon.

Quant à Emmanuel Macron, lui aussi discret sur le chapitre intercommunal, il a principalement énoncé son opposition à l’élection au suffrage universel direct sans fléchage dans les intercommunalités. Tout en rappelant sa volonté de faire évoluer le cas des métropoles, « au cas par cas », aussi bien au niveau du scrutin, que de leur coexistence avec le département. Le candidat d’En marche ! souhaite en effet la suppression du département là où réside l’une des 22 métropoles.

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