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Présidentielle 2017 08/03/2017

Le « duel » métropoles – départements au cœur du grand oral des candidats devant l’ADF

par Aurélien Hélias
Dominique Bussereau prend la parole avant l'audition des candidats à l'Elysée par l'ADF, aux côtés des présidents de l'Assemblée et du Sénat. © ADF

Six candidats à l’Elysée - ou leur représentant - s’exprimaient ce 8 mars à l’Assemblée nationale, invités par l’Assemblée des départements de France. Si tous, hormis le FN qui veut supprimer régions et intercommunalités, s’accordent sur la nécessité d’une pause institutionnelle, le sort des départements face à l’émergence des métropoles divise. Même en milieu urbain.

« On ne peut inventer une nouvelle métropole chaque mois, comme avec les pôles de compétitivité », avait lancé en ouverture de la matinée le président du Sénat, Gérard Larcher, pointant du doigt une « politique d’éparpillement » qui a déjà nuit aux pôles de compétitivité. Bien vite suivi sur le mode humoristique par le président de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau, plaidant pour « une stabilisation institutionnelle : arrêtons le mikado. Et arrêtons les nouvelles métropoles, sinon il y aura des métropoles à Loches, à Chinon et à Azay-le-Rideau… » Ces métropoles seront en effet bientôt 22 sur le territoire national.

Différencier urbain et rural?

Et pour le patron de l’ADF, pas question de faire du cas par cas: « Le département a toute sa pertinence aussi en milieu urbain », assène-t-il. L’un des  sujets sur lesquels il est suivi par le patron du groupe de gauche de l’ADF, André Viola : « nous refusons de différencier départements ruraux et départements urbains », avait pour sa part lancé le président du conseil départemental de l’Aude. 

Sur ce sujet, les candidats ont des avis plus ou moins tranchés. D’un côté, ceux pour qui il faut stopper net cette métropolisation qui fait de l’ombre aux départements. « Etre métropole est devenu un oscar mais qui videra le département, là où elles sont situées, d’une part notable de leur substance », déplore le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, le sénateur RDSE Pierre-Yves Collombat. 

Le FN veut faire table rase des métropoles

Même opposition féroce au remplacement du département par des métropoles là où elles existent chez Nicolas Dupont-Aignan : « Nous vivons sur vieux squelette Nation-département-commune et avons bifurqué sur système Europe-régions-métropole. Résultat : les ruralités meurent », condamne le patron de Debout la République. Ce dernier plaide pour un « retour des départements, éventuellement fusionnés pour certains, et le maintien de la commune avec éventuellement des fusions de communes » pour « éviter la course au gigantisme des intercommunalités ».

Tandis que le sénateur FN David Rachline, représentant Marine Le Pen, se veut lui définitif : « on ne garde que trois niveaux d’administration : les communes, les départements et l’Etat ». Exit les grandes régions et les intercommunalités. Et de présenter la candidate du FN comme « la seule qui garantisse existence des départements à long terme. »

A gauche, plus ou moins de « souplesse » sur la métropolisation

Deux candidats se sont montrés plus souples sur la « rivalité » métropoles-départements. Si Benoit Hamon repousse toute « remise en cause des départements, a fortiori dans le cadre des nouvelles régions », notamment au nom de la « stabilité institutionnelle indispensable », il admet que la « question du département peut être posée là où il y a métropole, pas ailleurs. »

Le plus pro-« métropolitain » des candidats de la matinée s’avère sans conteste Emmanuel Macron, pour qui « les métropoles constituent nos atouts maitres ». Le candidat d’En marche ! n’imagine « pas de suppression des départements partout où il existe une métropole » – bientôt 22- mais verrait bien ce passage de relais s’effectuer « pour les principales métropoles françaises : il est évident que des rapprochements doivent se faire. Sur ces territoires, il faut progressivement, en faire des pôles de prospérité qui prendront en charge les compétences des départements. A commencer par Paris », préconise-t-il.

François Fillon privilégie les fusions volontaires

Privilégiant les questions financières et la participation des collectivités au redressement des finances publiques, François Fillon n’a pas directement abordé ce sujet si ce n’est pour ouvrir la porte aux fusions volontaires des départements entre eux (Hauts-de-Seine et Yvelines, les deux Savoie, et d’autres « couples » travaillent sur de tels projets), là où les deux conseils départementaux le souhaitent : « Si des déparrtements veulent fusionner, pourquoi ne le feraient-il pas ? »

Car le candidat LR se veut très prudent sur toute nouvelle réforme institutionnelle et se contentait désormais d’une simple « expérimentation » dans telle ou telle région du conseiller territorial : « On ne peut changer sans cesse les structures », a-t-il lancé, faisant passer l’idée qu’on ne pouvait améliorer les finances publiques et la compétitivité des entreprises françaises tout en lançant parallèlement de grandes réformes institutionnelles. Et de lancer comme une boutade: « Ce sera pour mon successeur la réforme des collectivités territoriales ! » 

 

Toutes les déclarations des candidats 

RSA, finances locales, modes d’élection, dotations, allocations de solidarité… Retrouvez sur le fil twitter du Courrier des maires les principales prises de position des candidats : @C_desmaires . 

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