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Mobilités 04/04/2017

Des communes rurales donnent un coup de pouce à l’auto-stop

par Nathalie Da Cruz
Voiture stop

Pour pallier l’insuffisance des transports en commun, cinq communes adoptent l’idée d’un auto-stop participatif. Et mettent en place un système sécurisé, à travers l’association « Pouces d’Yvelines », qui gagne peu à peu du terrain.

Pourquoi ?

A l’origine, Armel Pitois et Olivier Guittard, deux habitants de la commune de Beynes (Yvelines) veulent faciliter les déplacements dans ce territoire francilien rural, situé à proximité du Parc naturel régional de la Vallée de Chevreuse. Faire venir des lignes de bus à des fréquences régulières se révèle trop coûteux dans des territoires aussi vastes et peu peuplés. Les deux compères décident donc de créer l’association « Pouces d’Yvelines », sur le modèle de « Rezo Pouce » imaginé en Tarn-et-Garonne (lire ci-contre), un système d’auto-stop participatif et sécurisé. Mais pour l’implanter avec succès, il leur faut le soutien des collectivités.

Quels acteurs ?

Cinq communes, toutes membres de la communauté de commune Cœur d’Yvelines, ont répondu à l’appel des deux bénévoles en fondant, fin 2015, l’association « Pouces d’Yvelines » : Marcq, Thoiry, Bazoches-sur-Guyonne, Boissy-sans-Avoir et Méré. Le système d’auto-stop a été inauguré en mai 2016.

Comment ?

Le principe de fonctionnement est simple : les particuliers intéressés, qu’ils soient conducteurs et/ou passagers, reçoivent une carte d’adhésion. Les conducteurs disposent d’un macaron à apposer sur leur pare-brise. Des panonceaux annonçant différentes directions sont fournis aux passagers : « gare », « centre-ville », etc. Dans chaque commune, plusieurs arrêts sont identifiés et marqués comme tels grâce à des panneaux. Un système rassurant et souple. Pas besoin de programmer un trajet à l’avance. C’est pourquoi on parle d’« auto-stop » plutôt que de « covoiturage ».

A quel coût ?

La région Ile-de-France a accordé une subvention de 50 000 euros, qui a permis au service de démarrer. Chaque commune contribue au système à hauteur de 15 centimes par habitant et par an, pour payer les différents frais, notamment le kit fourni aux adhérents.

Quel bilan ?

Seize communes adhèrent à l’association, et 300 personnes à titre particulier. « Pouces d’Yvelines » rayonne sur toute la CC Cœur d’Yvelines. « Pour l’heure, le système en est à ses balbutiements. Il arrive qu’un passager doive attendre un certain temps à un arrêt, admet Michel Recoussines, maire de Méré, qui est aussi secrétaire de l’association Pouces d’Yvelines. Notre objectif était d’atteindre 500 adhérents chez les particuliers fin 2016. Nous n’y sommes pas encore, mais nous comptons bien, d’ici fin 2017, conquérir des intercos : la CC du Mantois, la CA de Saint-Quentin-en-Yvelines, la CC de Gally-Mauldre… Et là, nous gagnerons des dizaines de milliers d’habitants potentiellement intéressés.

Pour Quel avenir ?

Le manque de communication freine l’expansion du système. Le bouche-à-oreille a toutefois permis de faire un grand bond en avant depuis que « Pouces d’Yvelines » a reçu le trophée de la mobilité du syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif), en novembre 2016.
La prochaine grande étape est l’arrivée, en mars, d’une application pour smartphone développée par Transdev pour « Rezo Pouce », qui va bénéficier à toutes les associations qui s’en sont inspirées. De quoi conquérir un public plus nombreux, notamment chez les jeunes.

Et ailleurs
« Pouces d’Yvelines » s’est inspiré de « Rezo Pouce », système imaginé par des élus de Moissac (Tarn-et-Garonne) en 2012. Le concept fait tache d’huile dans les territoires ruraux de l’Hexagone : aujourd’hui, 1 200 communes ont développé un dispositif du type « Rezo Pouce ».

« La communication, pivot du dispositif »

Michel Recoussines, maire de Méré

Notre commune rurale s’étale sur 1 000 hectares. La gare SNCF est située à 2 km du centre-ville. Son parking de 340 places est toujours saturé, et, chaque jour, près de 150 voitures se trouvent en stationnement sauvage à proximité. Les lignes de bus existantes ne suffisent pas à répondre aux besoins. L’auto-stop est un bon moyen pour se rendre à la gare ou rentrer du lycée à midi par exemple. Il facilite aussi les déplacements des personnes âgées qui ne conduisent plus. A Méré, nous comptons 25 adhérents. Nous avons trois arrêts – mairie, gare, route principale -, et nous allons en implanter deux autres à la demande de riverains. Pour développer la communication, pivot du dispositif, la ville va embaucher deux jeunes en service civique. »

Chiffres Clés

La communauté de communes Cœur d'Yvelines compte :
50 200 habitants
31 communes

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