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21/02/2017

Réorganisation des soins dans les territoires : l’Ordre des médecins montre l’exemple !

par Emilie Denètre
Conseil national de l'ordre des médecins © Cnom

L'Ordre des médecins (CNOM) a recensé une centaine d’initiatives – nées dans les territoires – permettant d’améliorer l’offre des soins. Une nouvelle occasion, pour ces professionnels, de marteler leur credo décentralisateur, à savoir que la bonne échelle de réflexion n'est pas nationale mais bien locale.

La preuve par l’exemple. Il y a deux semaines, le Conseil national de l’Ordre des Médecins adressait sa feuille de route aux candidats à l’élection présidentielle en insistant sur la nécessité de « déconstruire un système hyper-administré et centralisé ». L’Ordre mettait alors en avant son souhait de voir les élus locaux impliqués davantage dans les politiques de santé aux côtés des professionnels exerçant sur les territoires.

Dans le cadre de son rapport « Améliorer l’offre de soins : initiatives réussies dans les territoires », le CNOM passe de la théorie à la pratique en recensant des initiatives réussies, tout droit venues des territoires, donc.

Des idées d’avenir à Dijon, Niort et Belle-île-enMer

« Partout où des solutions ont été trouvées, on retrouve systématiquement la participation de tous les acteurs : Etat, préfet, conseils départementaux, communautés de communes, communes et conseils départementaux de l’Ordre » souligne en préambule le Dr Arnault, auteur du rapport. Comprendre que, sans coordination ou entente au niveau local, il y a peu de chances que de bonnes idées émergent.

Ainsi, parmi la centaine d’expériences présentées dans son rapport, le médecin a tenu à mettre en lumière trois d’entre elles :

  1. La première se situe dans la banlieue de Dijon, « au cœur d’un désert médical urbain » où une maison universitaire de santé et de soins primaires a vu le jour. « Notre organisation pluridisciplinaire est enrichissante pour les médecins – qui sont vraiment contents d’être ici – mais aussi efficace, puisque ces derniers sont libérés des tâches administratives, témoigne l’un des médecins à l’initiative de cette maison de santé. Nous formons aussi les médecins de demain en lien avec l’université, et cela marche puisqu’au départ nous avions 20 médecins généralistes par promo, aujourd’hui, ils sont 100 chaque année à choisir cette spécialité ! » 
  2. dans les Deux-Sèvres ensuite, on découvre une expérience menée par le Conseil départemental de l’Ordre autorisant la contractualisation de médecins qui n’ont pas encore validé leur thèse. Une idée qui a permis de soulager des cabinets ruraux et qui a mis le pied à l’étrier à ces futurs professionnels Sur les 14 « médecins-adjoint » recrutés, un tiers d’entre eux ont finalement décidé de s’installer dans le département une fois leur thèse en poche ;
  3. enfin, la dernière initiative remarquable a été lancée à Belle Île en Mer, où une maison de santé a été littéralement adossée à l’hôpital. Ce regroupement public/privé (les médecins évoluent dans un cadre plus structuré et peuvent profiter du matériel de l’hôpital) a permis de rendre l’île plus attractive pour de jeunes médecins, qui sont aujourd’hui 9 à exercer sur ce territoire jadis classé en zone blanche !

Intercommunalité, décentraliser la compétence santé ?

« On se rend compte, avec ces exemples, que lorsque l’on améliore la qualité de l’exercice pour les médecins et que l’on propose des organisations attractives, cela marche, martèle le Dr Arnault, mais attention les solutions qui fonctionnent pour un territoire ne seront pas forcément efficaces ailleurs ». « Il n’y a pas de réponse unique, pas de réponse qui soit reproductible en l’état » abonde Cécile Courrèges, directrice générale de l’Agence régionale de Santé des Pays de Loire avant de poursuivre : « Tout doit partir du terrain ».

Au niveau du terrain justement, qu’en pensent les acteurs ? Si tous s’accordent à dire que la bonne échelle de réflexion est bien celle de l’intercommunalité et que des projets pertinents voient le jour, certains élus ne cachent pas les limites rencontrées dans cette mission.

Les ARS, simple outil d’équité territoriale ?

« La vraie difficulté des élus locaux et des communautés de communes est de s’investir sur ces sujets avec des financements, et ce alors que nous n’avons aucune compétence en la matière… car la loi ne nous le permet pas » explique Céline Faurie-Gauthier, conseillère municipale à Lyon, déléguée aux hôpitaux, à la prévention et à la santé, avant de poursuivre : « et ce d’autant que nous avons aujourd’hui des moyens limités et que nous dévons déjà gérer les compétences qui nous incombent en propre».

Si généralement, les intercommunalités investissent dans le champs de la Santé au titre de l’aménagement et de l’attractivité de leur territoire, Céline Faurie-Gauthier veut, elle, aller encore plus loin. « Au final, ne faudrait-il pas décentraliser la compétence santé et imaginer l’ARS comme un outil permettant d’assurer une équité territoriale ? » interroge l’élue locale.

Une question de fond qui a trouvé beaucoup d’écho au Conseil de l’Ordre, lui-aussi impatient d’en finir avec une organisation de la santé bien trop « administrée et centralisée » à son goût. Peut-être bien qu’élus locaux et professionnels obtiendront une réponse à ce lobbying au cours de la campagne présidentielle.

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