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Transports publics 13/01/2017

Les régions prennent sous leurs ailes 18 lignes Intercités

par Nathalie Da Cruz
Train express régional © Flickr/yisris

Présentée le 12 janvier, la feuille de route du gouvernement pour la « renaissance des trains d'équilibre du territoire » (TET, plus connus sous la marque « Intercités ») a globalement atteint ses objectifs. Sur 24 lignes, 18 sont reprises par six régions, et l'Etat garde la tutelle sur six lignes spécifiques.

Les « TET » accusaient un déficit croissant et souffraient d’un matériel vieillissant, presque en fin de vie, âgé de 35 ans en moyenne. L’Etat souhaitait se désengager de la plupart des lignes. En 2016, le préfet François Philizot et le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, ont rencontré les élus de toutes les régions pour leur proposer de reprendre des lignes et de les convertir en TER. Car les régions ne pouvaient se résigner à la disparition de ces lignes.

Reprises de lignes et contreparties financières

Dès avril 2016, la région Normandie acceptait de prendre en charge cinq lignes de TET : Paris-Caen-Cherbourg, Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Granville, Caen-le Mans, Paris-Serquigny (à partir de 2020).

En contrepartie, la région va recevoir 720 millions d’euros de l’Etat pour renouveler le matériel roulant.

A l’automne, la région Grand Est a signé un accord bilatéral pour reprendre d’ici début 2018 les lignes Paris-Troyes-Belfort, Hirson-Metz et Reims-Dijon. L’Etat apporte 275 millions d’euros pour le matériel et 13 millions d’euros par an pour financer le déficit d’exploitation. 

Quelques jours plus tard, c’est la Nouvelle-Aquitaine qui a accepté de récupérer trois lignes de TET en 2018 : Bordeaux-La Rochelle, Bordeaux-Limoges et Bordeaux-Ussel. L’Etat donne 75 millions d’euros pour le matériel et 6,7 millions d’euros par an pour le fonctionnement pendant deux ans, puis 5 millions d’euros de 2020 à 2022. Et ensuite ? Il faut espérer que la fréquentation sera au rendez-vous pour que l’exploitation ne soit plus en déficit…

En décembre, les Hauts-de-France ont signé pour prendre la compétence des lignes Paris-Amiens-Boulogne et Paris-Saint-Quentin-Maubeuge/Cambrai à partir de 2019. Il obtiennent de l’Etat 400 millions d’euros pour le matériel et 15 millions d’euros par an pour le fonctionnement.

L’Occitanie va récupérer la ligne « Cévenol », qui rallie Clermont-Ferrand à Nîmes, à partir de 2018. Une expérimentation de co-gestion par l’Etat et la région va être menée pendant deux ans sur l’axe Clermont-Ferrand-Béziers. La région obtient 30 millions d’euros pour renouveler les rames et 4,5 millions d’euros par an pour le fonctionnement, mais aussi, cas unique, 43 millions du CPER pour l’infrastructure.

Enfin, Centre-Val-de-Loire prend sous son aile les lignes Paris-Nevers, Paris-Orléans-Tours et Paris-Bourges-Montluçon. 480 millions d’euros sont donnés pour renouveler les rames et 24,5 millions d’euros par an pour le fonctionnement.

Une gestion de proximité pour une performance améliorée

Les régions s’engagent à financer le déficit d’exploitation de ces lignes à hauteur de 115 millions d’euros annuels. De son côté, l’Etat consent tout de même à donner 2,3 milliards d’euros pour le matériel, et finance le plus souvent une partie du déficit d’exploitation, sauf en Normandie.

Pour les régions qui ont vu la fréquentation des TER baisser ces dernières années, c’est là un nouveau défi. Mais il est accueilli avec enthousiasme. « En recentrant la gouvernance de ces lignes auprès des autorités organisatrices régionales, l’Etat et les régions font le pari d’une amélioration durable de la performance des trains grâce à un pilotage de proximité », ajoute Régions de France. « Avec un matériel roulant neuf et fiable, nous réaliserons des économies, c’est certain », commente Philippe Richert, président de Grand Est et également de Régions de France.

 

Les 6 lignes qui restent de la responsabilité de l’Etat

L’Etat reste autorité organisatrice sur trois lignes structurantes : Paris-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille. Compte tenu de leurs spécificités dans l’aménagement du territoire, les lignes Nantes-Bordeaux, Toulouse-Hendaye et Nantes-Lyon restent aussi dans le giron étatique. Toutes bénéficieront d’un renouvellement de matériel.

 

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  1. On ne peut que se poser la seule question qui entraîne cet article de presse, en somme le principe est de transvaser le déficit colossal de la SNCF vers le contribuable régional sans être pour autant sur que ces trains seront plus fréquentes que auparavant.

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